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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 03:59

Dimanche 11 juillet 2010-08-05

 

2ème nuit de « glaglagla », 2ème réveil frissonnant et douloureux.

A vrai dire, ça va un peu mieux mais si c’est loin d’être la grande forme.

Mes nouvelles amies, les courbatures-girls, m’empêchent vicieusement de remuer trop vite et mon mini matelas de torture m’a réduit le dos en compote fine.

Je ressemble à une vieille chose toute crispée et toute tordue.

J’ai beau avoir l’air plus jeune (il paraît…certains vont même jusqu’à me donner 10 ans de moins mais je les soupçonne de me flatter pour obtenir quelque chose…), mon corps approche de ses 41 ans, à n’en pas douter.

Mon dos, lui, me semble avoir 100 ans.

On pourrait croire que la couche de gras dont je suis généreusement et uniformément pourvue amortirait tout et fournirait comme un second matelas bien moelleux…Que nenni !!

C’est une légende aussi fausse que celle qui affirme que « pincer le gras ne fait pas mal ». Ceux et celles qui en ont le savent…Hein que ça fait super mal ?

Passons.

Pourquoi je vous parle tout à coup de mes rondeurs ? Parce que j’ai mal au dos.

Vous ne voyez pas le rapport ? C’est normal, j’écris à voix haute et comme j’ai le cerveau qui travaille à plein régime c’est parfois dur de me suivre. Je développe.

Les amas graisseux (ça ressemble à un gros mot non ?) qui s’agglutinent un peu partout sur mon corps n’ont absolument pas formé la couche protectrice et moelleuse qu’on pourrait penser. J’ai très clairement senti chaque plaque de carrelage, chaque joint et chaque grain de sable présent sur le sol. La princesse au petit pois peut aller se rhabiller !

Habituée à un lit composé d’un sommier à lattes et d’un matelas de 30 cm de ressorts souples, j’ai passé une très mauvaise nuit, encore pire que la précédente.

La fièvre est un peu tombée et j’ai eu moins froid. C’est déjà ça !

Par contre l’inconfort de ma literie m’a obligée à me tourner, me retourner sans jamais trouver LA bonne position, celle qui m’aurait permis de dormir. Dormir à même le sol ce n’est vraiment plus de mon âge ! Mes lombaires sont en bouillie.

C’est bien simple, depuis mon réveil, je suis bloquée et souffre le martyre à chaque pas.

Allez, soyez sympa, plaignez moi un peu…

Du coup, fracassée et fatiguée, je suis d’assez méchante humeur avec un humour proche du zéro absolu.

Un vrai régal pour l’Homme qui comprend bien vite d’où vient le vent et préfère me laisser grogner dans mon coin. Grande preuve d’intelligence de sa part.

Après 2h pleines de « ronronron » dans ma barbe, je me fustige mentalement : « Allez Sandaï, arrête de pleurnicher, avale 2 médocs et souffre en silence ! »

Quand je me parle comme ça, en général, je m’écoute…

 

2 gélules, un grand verre d’eau (elle est vraiment délicieuse cette eau !) et une demi-heure plus tard, le soulagement est enfin au rendez-vous.

Aaaaaah ça fait du bien !

Vive les Di-Antalvic !

Que le grand Dieu « Pharmaceutic » en soit mille fois remercié !

 

« Oh il fait mal aux oreilles ! Mamon pourquoi le monsieur y crie tout le temps ? »

Alexane parle du crieur, celui qui appelle à la prière…5 fois par jour. A chaque fois, elle se bouche les oreilles en râlant. Je tente vainement de lui expliquer le concept mais rien n’y fait. Elle trouve ça « nul » et me dit d’un ton sans appel : « En plus, on comprend même pas ce qu’il dit ! »

Ca c’est bien vrai ! Même les Turcs ne comprennent pas car il parle en arabe.

Et de conclure avec les yeux au ciel  « C’est n’importe quoi ! » avant d’aller jouer avec sa cousine Ilayda.

Avec sa frimousse toute plissée de mécontentement et ses airs de grande, elle est tordante.

 

A moitié dans le coltard et gisant comme une larve sur mon canapé en bois (sisi en bois…lol !), j’en profite pour observer tout ce qui m’entoure et analyser ce que j’ai appris de la Turquie.

Ok, ça ne représente pas encore grand-chose puisque je viens d’arriver mais comme je ne peux pas faire grand-chose d’autre, alors autant vous faire profiter de mes observations.

 

1er constat : il y a des tapis partout ! Mes chattes se régaleraient à se faire les griffes sur ces beaux tapis chatoyants et Ambre (la plus vieille) ne saurait plus où pisser de joie car elle a la fâcheuse habitude de marquer son territoire à tout va, d’où l’absence de tapis dans notre appart.

 

2ème constat : ils partagent tout. Pendant le repas, personne n’a d’assiette personnelle, tout le monde pioche partout. Généralement, il n’y a qu’un seul verre qui passe de main en lèvre. Ca peut choquer certains mais moi ça ne me dérange pas. La notion de propriété est assez vague, sauf pour les enfants qui défendent leur bien à force cris et pleurs… Ca c’est super lourd !

 

3ème constat : le mobilier n’a pas tout à fait les fonctions que chez nous. Il n’y a, par exemple, qu’une seule table dans tout l’appart et elle sert uniquement à poser des trucs dessus. Je comprends mieux à présent pourquoi l’Homme a la si mauvaise habitude de poser ses clés, son mobil et tout ce qui traîne dans ses poches sur la table du salon… Habitude qui m’horripile même si j’en connais maintenant la signification.

On ne mange à table que lorsqu’il n’y a plus de place parterre ou qu’on a mal quelque part. Les chaises, quant à elles, servent à se reposer en-dehors des repas quand il n’y a plus de place sur les canapés. Même les anciens s’assoient à terre pour manger. Pauvre Nene (néné) qui à 80 ans passés met un bon quart d’heure à se relever en poussant des gémissements à fendre l’âme. Pourtant, pour rien au monde, elle ne voudrait prendre ses repas assise à table, sur une chaise. Bizarre !

 

4ème constat : ici les enfants sont rois.

Tous les parents de la terre aiment leurs enfants mais dans cette famille et apparemment dans cette culture, les enfants ont le droit de tout faire, ou presque. Quand ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent, ils hurlent, se roulent par terre, tapent leurs aînés et j’ai bien du mal à rester stoïque devant ce déchaînement de décibels.

Pour eux, c’est le paradis !

Ils peuvent courir, jouer, manger, faire tout ce qui leur passe par la tête sans jamais se faire enguirlander.

Leur activité favorite semble être les cris. A chaque fois que l’envie ou le besoin s‘en fait sentir, ils hurlent, crient, braillent, aboient sans jamais déclencher la colère des adultes qui les entourent.

Anne, Baba, Teyse et Nene se laissent taper, tirer les cheveux et martyriser avec une patience, un calme et parfois même une fierté que je ne comprends pas.

Pendant les 20 jours que j’ai passé avec eux, je ne les ai jamais entendu crier avec les enfants. La folie !

Ma propre éducation ne m’a pas préparée à ça et c’est d’une main douce mais ferme que je tiens mes filles.

Ok, c’est les vacances, on lâche du mou mais pas au point d’oublier les règles élémentaires de politesse et de respect. Faut pas déconner !

L’Homme est totalement du même avis et nous ne nous gênons pour remettre nos filles à leur place quand elles exagèrent et ce malgré les regards douloureux d’Anne et de Teyse. C’est fou de voir le changement entre la maman qui claquait à tour de bras ses enfants et la grand-mère qui ne supporte pas qu’on élève la voix avec ses petits-enfants.

Au début, pour ne pas trop chagriner les grands-mères, on leur disait : « Tu es punie car tu t’es mal comportée. Va dans ta chambre et reste y jusqu’à ce que tu sois calmée » mais très vite nous avons décidé de ne plus gaspiller notre précieuse et trop rare salive et c’est l’Homme qui a trouvé la formule raccourcie : « Dégage ! ».

Comment tout exprimer en 6 lettres ? « Dégage ! » appuyé d’un doigt furieux au bout d’un bras tendu. C’est court et ça fonctionne super bien. Une trouvaille ce mot.

C’est un mot que nous avons si souvent utilisé que Yenge, Gülin et Melike l’ont retenu. En tout et pour tout, elles connaissent 3 mots : « Salut » « Ca va ? » et… « Dégage ». Elles ont même cru qu’il s’agissait d’une formule de politesse…

Oups ! La boulette ! Je les imagine bien aller en France et dire à la 1ère personne qu’elles rencontrent : « Salut. Ca va ? Dégage ! » Qu’est ce qu’on a pu en rire…

 

Donc les gamines qui nous entourent (même les nôtres) se transforment en pestes, en mini tyrans et nous brisent les oreilles pour ne pas dire autre chose.

C’est super chiant et stressant.

Du coup, nous fumons beaucoup plus pour nous calmer et pour éviter d’en arriver aux mains. Autant vous dire que les jours de grands vents, l’énervement des crevettes est si grand, qu’un paquet de clopes n’y suffit pas !

 

J’observe les gamines se comporter comme des chieuses en puissance et je me demande vraiment comment ces mioches hurlantes et tyranniques peuvent se transformer en jeunes femmes serviables et obéissantes, du genre que je vois autour de moi.

Une transformation aussi radicale est presque impossible et pourtant toutes les jeunes filles de plus de 10 ans que j’ai croisées sont délicieusement adorables, alors que leurs petites sœurs se roulent parterre dans la rue et hurlent de toutes la force de leurs poumons.

A quel moment ça change ? Comment font les mamans turques ? Ont-elles un truc, les Turques ? Si oui, pitié, qu’on me mette dans la confidence !!! Un tel secret vaut une petite fortune…

Bref, ici tout tourne autour de la famille avec les enfants au centre de tout.

C’est parfois déstabilisant mais j’apprends beaucoup, sur eux, sur les filles et sur moi. Immobilité forcée = introspection obligée. Et j’en passe des heures à cogiter…je n’ai que ça à faire…

 

5ème constat : malgré les 2-3 litres d’eau que j’ingurgite par jour, je ne vais presque jamais au WC, pas plus de 2 fois par jour.

A Strasbourg, quand je bois un verre d’eau, j’urine environ 2L à peine une demi-heure plus tard. 2 verres d’eau et je suis presque obligée de faire un sitting dans les waters.

« Mais pourquoi ? » me direz-vous

Parce que je sue ! Pas juste un peu, de temps en temps. Non, je sue sans arrêt par tous les pores de ma peau. Les 3 L d’eau que je bois me coulent le long du dos, entre les cuisses et sous les bras sans discontinuer. J’ai l’impression d’être une éponge et je m’étonne de ne pas faire « ploutch ploutch » à chaque pas.

C’est un peu comme quand j’allais au hammam, je dégouline. Sauf que là, ça ne s’arrête jamais.

Comme j’ai pour habitude de voir le verre à moitié plein (plutôt qu’à moitié vide), je me réjouis en pensant à la merveilleuse peau douce que j’aurai à la fin des vacances… Faut se consoler comme on peut.

Donc je ne fais que boire et suer.

Enfin non, j’exagère, je fais autre chose…j’agonise dans la chaleur et la douleur et ça me prend un temps fou…lol !

 

Pendant que je gis comme une vieille chaussette humide sur mon canapé trop dur, l’Homme décide d’emmener Alexane chez le docteur gratuit du village.

Ben oui, elle a ramené de France des boutons qui éclosent comme des bourgeons au printemps. Elle en a sur l’intérieur des cuisses et tout autour de la bouche. J’avoue que c’est super moche ! La pauvre puce, elle en est presque défigurée !

3h plus tard (ben oui c’est gratuit alors il y a un monde fou), il revient avec des anti-bio et une crème anti-bio car la chouchou à sa maman a une infection. Pourquoi ? Comment ? Aucune idée, le médecin n’a pas vraiment eu le temps de s’expliquer…

Je sais, les anti-biotiques, c’est pas automatique, moi aussi j’ai une télé, sauf que là c’est d’origine bactérienne alors on peut. On verra bien si le traitement fonctionne…

Heureusement, Océane et l’Homme se portent bien. Ouf ! 2 malades sur 4 c’est largement suffisant.

Ma grande Louloute s’ennuie un peu mais comme elle géniale, elle ne se plaint pas trop et participe aux activités de la maisonnée.

Elle joue aussi les gardes malades et je la soupçonne de prendre son pied à m’obliger de boire les éféralgan que je déteste. Beurk ! Quel goût infâme ! Je vois bien dans ses beaux yeux malicieux qu’elle se réjouit de pouvoir se venger de tous les médocs que je l’ai déjà obligée à prendre par le passé. « Fais pas l’innocente ma fille. J’ai eu ton âge et pour ton malheur…je me souviens… » Mdr !!

 

La journée s’étire lentement mais chaudement.

Quand la nuit tombe enfin, ma fièvre aussi.

Tout le monde est aux petits soins pour moi et toute cette attention me fait du bien… Je la savoure sans scrupule et sans aucune modération ! Hum c’est bon !

Il ne me reste plus qu’à dormir…en espérant que ce soit possible cette nuit car je suis sur les rotules.

A demain pour la suite…

 

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