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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 05:52

Ca y est ! C'est fini...enfin pour la 7ème journée...parce qu'on reste en Turquie jusqu'au 29 juillet et là on est seulement le 16...

Faites le compte...lol !

 

 

Chargés de paquets, on refait le chemin en sens inverse.

Anne et Baba nous proposent d’aller manger dans un restaurant qui fait du poulet en grillade…apparemment c’est une tuerie… Ok !

Océ a déchiré la lanière de sa tong gauche. No problemo ! un peu plus loin, il y a une échoppe qui vend de tout…elle s’y rend accompagnée de son beau-père, pendant que nous autres allons nous affaler sur des chaises, à l’abri du soleil qui cogne encore en fin d’après-midi.

- Mamon, j’ai envie de faire pipi…viiite ! »

- La porte à droite, en face des escaliers ! » Me lance Selda.

C’était moins une mais le ciel est avec nous car c’est un WC européen ! Quel panard !

J’ai beau avoir une adaptabilité assez extraordinaire mais le WC turc…y’a rien à faire, je ne m’habitue pas à uriner debout et à m’en mettre plein les godasses…surtout que je vous rappelle qu’on est en été, en Turquie, et que la température rend insupportable toute chaussure fermée…donc… Beurk !!

La vessie vide, les mains propres, on s’installe à table et on attend les retardataires.

Dès qu’ils sont arrivés, on commande et Louloute va visiter les WC avec délectation…elle se retient depuis si longtemps !

Comme on a le temps avant l’arrivée des plats commandés, Océ et moi allons faire un petit tour dans la rue pour acheter des casquettes pour ses potes de l’école. Que voulez-vous, elle est comme moi cette petite : toujours à penser aux autres, alors que bien peu de gens ne pensent à elle. C’est certainement génétique…lol !

 

Ca y est ! Les plats arrivent et…je confirme que c’est délicieux. Le poulet est cuit à point, les sauces sont exquises et les assiettes très bien garnies de plusieurs salades parfaitement assaisonnées.

Le tout arrosé d’une eau fraîche et délicieuse et de glaces à la cerise comme dessert. Bref, un super repas après une journée où nous avons brûlé un max de calories. On se régale !

 

L’addition payée, une misère genre 30€ pour 9 personnes tout compris, on repart vers le centre de Nazilli pour prendre le dolmuş du retour.

Mis à part le fait qu’on est à peu près cinquante douze dans un véhicule à 15 places assises et que les enfants nous dorment dessus par 42°C, le trajet se passe bien et j’aime toujours autant ce moyen de locomotion.

Même s’il ne fait pas encore nuit, les enfants filent au lit dès la douche prise. Une longue journée nous attend demain…car nous partons en voyage…

Pour nous aussi la journée a été longue et épuisante alors on se couche tôt.

Bonne nuit…ahhhhhh ! A demain !!

 

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 05:50

Et on continue ! Ce serait dommage de s'arrêter en chemin, non ?

 

 

A propos d’affaire, on m’a dit que le coiffeur était super moins cher qu’en France…entre nous, ce n’est pas super difficile quand on voit les prix pratiqués dans l’Hexagone.

Et moi, je rêve d’avoir une chevelure plus longue et plus épaisse…bref, je voudrais des rajouts.

Chez nous, il faut bien compter entre 600 et 1200€ (si si, vous avez bien lu !) alors j’espère m’en sortir avec nettement moins.

Comme nous ne connaissons personne qui puisse le faire ici, l’Homme demande au marchand d’or s’il peut nous aider.

Le type sort une liasse de cartes de visite aussi épaisse que mon poignet (et je n’ai pas le poignet fin !), tripatouille dedans et exhibe le numéro d’un salon de coiffure, « pas très loin d’ici » précise t’il.

Il chope son téléphone et au bout d’à peine 2mn, nous annonce que quelqu’un va venir nous rejoindre pour nous guider jusqu’au salon de coiffure où une équipe m’attend pour me poser des rajouts.

Rapide ! Efficace ! La grande classe.

20 bonnes minutes plus tard, une jeune femme et un jeune garçon sont sur le pas de la porte du vendeur d’or. L’Homme et Selda expliquent mon désir à la jeune fille et elle nous répond de la suivre.

Pas moyen de savoir combien cela va nous coûter mais la jeune coiffeuse semble persuadée que je peux payer sans peine…Bon, de toutes façons, ce n’est « pas loin » alors ça nous fera une petite balade.

 

Petite balade ? Purée, on marche 20 bonnes minutes sous un soleil de plomb et une chaleur si intense qu’elle fait trembler l’air comme dans le désert qu’on voit à la télé. Les gamines sont crevées, les adultes tout autant. Y’a intérêt qu’ils aient des mèches blondes dans leur salon de coiffure. ! Sinon, je leur fais une tête au carré…avec une coupe du même nom, ça ne pourra faire que super classe, non ?

 

Le salon est propre, l’air y est respirable mais par contre il n’y a pas un chat. Enfin, pas un chat côté client, parce qu’environ 6 personnes se pressent autour de nous.

L’Homme explique la raison de notre présence, pendant que j’enlève mon postiche et que je défais mon mini chignon. Tout en écoutant, le coiffeur en chef regarde mes cheveux et fronce les sourcils. Et oui mon gars, je n’ai jamais précisé que ça allait être facile pour toi !!!

Oui c’est possible, il a la bonne teinte de cheveux, d’ailleurs une des ses assistantes a déjà au moins 200 mèches blondes en main. Bon, elles sont un peu plus foncées que ma couleur hyper pas naturelle mais ça va aller.

Et le prix ? L’Homme écoute la réponse du patron et fronce les sourcils en se tournant vers moi…900TL ! soit 450€. Ouf ! Ca fait mal aux dents.

Sans perdre une seconde, je refais mon chignon, clipse ma pince-postiche blond platine et me lève pour partir. Ok, c’est toujours 150€ de moins que le prix minimum en France mais il est hors de question que je dépense 450€ pour des mèches que je vais garder 6 mois maximum !!

Psychologiquement, une telle dépense pour un truc aussi futile, me paraît impossible et me tord les boyaux. Apparemment, l’Homme est soulagé si j’en crois à la soudaine décontraction des ses épaules. La pauvre, il a cru que j’allais dire oui !

Coiffe-man voit sa cliente blonde, française et riche (ben oui, dans l’esprit de la plupart des Turcs, nous Européens sommes toujours riches. S’ils savaient…) lui échapper, alors il propose 800 TL et affirme qu’il ne peut pas descendre plus son prix. No problemo garçon ! Tu gardes tes mèches et je garde mon fric. C’est un bon deal ! L’Homme traduit avec une vraie joie, celle de ne pas dépenser un quart de notre budget vacances…lol !

Ses aides-apprentis m’entourent en souriant, me touchent les cheveux et parlent à toute vitesse. Les pauvres, s’ils croient que je vais craquer parce qu’ils disent que je vais être superbe avec des cheveux longs et fournis (comme me le traduit Selda) ils se mettent le doigt dans l’œil jusqu’à la moelle des fesses. Quand mon portefeuille est demandé à contribution, je suis absolument imperméable à toute forme de flatterie. Dommage !

Malgré les sourires, les courbettes et l’envie de rester encore un peu au frais, nous sortons du salon de coiffure. Merde, va falloir refaire tout le chemin, 20 mn de plus à marcher sous une chaleur écrasante ! Mais quelle idée débile d’aller aussi loin ! Je me demande bien qui l’a eue ?? Bon ok, c’est moi ! Je suis désolée.

L’Homme me demande à quoi je m’attendais. A vrai dire, je n’en sais trop rien. Je me suis dit qu’ici, en Turquie, je pourrais enfin me permettre une folie capillaire, genre des rajouts blonds et soyeux pour donner un peu de vigueur, de force et d’épaisseur à mes pauvres cheveux filasses. Et j’avais raison, c’est faisable et c’est moins cher qu’en France mais c’est encore trop cher.

- Mais tu comptais mettre combien ? Me demande t-il

- Ch’sais pas, 100 ou 150€. Une folie quoi !

- Ca ne fait vraiment pas cher, même pour ici.

- Ouais, je m’en rends bien compte maintenant. Mais bon, les mèches ne coûtent vraiment pas cher sur internet et tu m’as dit que la main d’œuvre était super bon marché alors je me suis fait des idées. Désolée pour la marche forcée en plein cagnard !

- Oh, c’est pas trop grave mais je suis déçu pour toi. Tu avais l’air d’en avoir tellement envie.

- T’inquiète pas mon chéri…j’ai vu un magasin de fringues sympas juste en face…je vais pouvoir me remonter le moral en achetant des fringues…Hahaha. »

Il ne répond rien mais lève les yeux au ciel en fronçant les sourcils. Les filles et moi usons de tout notre charme, et il est conséquent, et l’Homme déclare forfait en nous suivant avec l’argent. Pas moyen de nous résister…lol !

2 robes pour moi, 2 slims et un tee-shirt pour Océ plus tard, nous ressortons du magasin, le cœur heureux et le portefeuille plus léger. C’est trop cool la Turquie !

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 05:48

Et la suite...mais c'est pas fini !

 

 

Aujourd’hui, nous sommes dans la rue de l’or pour Alexane.

Anne, Teyze et Nene lui ont offert 2 bracelets à la naissance : une gourmette et un bracelet anneau.

Elle les porte depuis les tous premiers temps mais là ils commencent à être trop petits alors l’idée de l’Homme c’est de les échanger contre des plus grands.

Les échanger ??? Oui. Je vous explique.

L’Homme choisit une boutique d’or dont il connaît le propriétaire, entre, présente les bracelets au vendeur qui les estime et nous propose tel ou tel bracelet à la place.

Moi j’observe l’endroit où nous entrons, histoire de pouvoir vous le décrire précisément…lol

La boutique est minuscule. La façade se compose d’une porte et d’une vitrine qui doit faire environ 2m de large. L’échoppe doit faire 3m de large sur 5-6 de long…Si j’avais un fessier un poil plus large, il aurait fallu que je rentre de biais…lol ! La poussette d’Ela passe tout juste…ouf !

Juste après avoir passé la porte, un courant d’air glacé tombe du plafond, accueille le client en soufflant et le met dans un sentiment propice aux négociations : la reconnaissance ! Il fait si chaud dehors ! Par comparaison, il fait si bon dedans !

Un petit couloir de la longueur du comptoir et de la largeur de la porte aboutit dans un mini salon muni de 2 mini canapés, d’une table basse et (oh miracle !) d’une bonbonne eau presque pleine.

Accrochés aux murs, de chaque côté des miroirs essayent d’agrandir un peu la pièce. Ouais, ça fonctionne pas des masses ! Je me sens quand même vachement à l’étroit…

Les filles se sont installées en face de moi et Ela trône au milieu de nous dans sa poussette princière (comprendre super grande et large).

Le vendeur est tout racho derrière son comptoir de maison de poupée. Normal sinon il ne pourrait pas passer par sa mini porte, se glisser derrière son mini comptoir et s’assoir sur l’un de ses minis canapés.

Probablement pour compenser sa petite carrure, il porte sur lui assez d’or pour acheter une petite maison, voir un immeuble entier.

Avec ses gourmettes, baguouzes, colliers en or, il brille de mille feux et exhibe ses possessions avec fierté. En fait, il se fait de la pub. Je me demande s’il a un garde du corps pour le protéger du vol quand il rentre chez lui le soir…

Pendant que Selda et l’Homme négocient avec lui, accoudés au comptoir, les enfants chahutent dans le mini salon. D’un seul coup, cette boutique semble pleine à craquer et surtout, pleine de bruit !

Bataille rangée entre les cousines pour savoir qui va boire en premier, Océane et moi levons les yeux au ciel. Quelles chieuses ces gamines ! Heureusement que le vendeur est trop occupé avec l’Homme pour remarquer la honte qui colore mes joues !

Alexane est en colère et grogne « mais euh ». Ses yeux lancent des éclairs et elle tient son gobelet dans ses mains comme si sa vie en dépendait. Ilayda proteste en pleurnichant et Ela…hurle.

L’avantage est que la boutique est si étroite qu’il me suffit d’étendre le bras pour claquer la main sur les fesses rebondies de ma mini crotte. Pratique !

Un froncement de sourcils suffit à calmer ma nièce…Ah le miracle de l’exemple ! La tape sur la fesse d’Alex a permis à sa cousine de comprendre que je ne rigole pas.

Quant à Ela, je laisse à sa maman le soin de la gronder.

Pendant que je gère les merdeuses tant bien que mal en les menaçant à voix basse de fessées « main nue-cul nu » et de punitions éternelles, l’Homme me demande de le rejoindre pour donner mon avis sur les bijoux exposés en vitrine.

J’apprécie d’être consultée mais rejoindre le comptoir est assez ardu car 2 femmes et un jeune homme entrent à ce moment-là.

Ils réussissent à passer la porte, se cognent contre Selda et l’Homme, et on se télescope dans le minuscule couloir. Ils veulent s’asseoir sur le canapé que je viens de quitter. Sans être énormes, nous sommes tous les 4 bien en chair...on va bien rigoler je crois…

La plus jeune des femmes et moi sommes face à face, coincées entre le mur et le comptoir. Je me penche à gauche, la jeune femme à droite.

Bang ! Télescopage !

Bon, pas grave, je me penche à droite, elle se penche à gauche…Bang ! Retélescopage !

Là, coincées comme nous le sommes, nous éclatons de rire, bientôt rejointes par tous les occupants de la boutique.

Le 3ème essai est le bon. Je m’écrase contre le comptoir pour qu’elle puisse passer dans mon dos. L’autre femme et le jeune homme la suivent de près. Je vous laisse imaginer à quel point je me suis tassée pour éviter au max le grand corps du jeune homme dans mon dos…Situation assez gênante !

Ils libèrent le couloir et se tassent en riant sur le canapé de Barbie.

Je me retourne vers l’Homme tout sourire et pleine d’attention.

Le vendeur d’or (je ne sais pas comment l’appeler autrement) a pesé les bracelets et la somme qu’il nous annonce est plutôt conséquente.

Généralement, il faut rajouter de l’argent puisqu’il y faut des bijoux plus grands, donc avec plus d’or mais nos femmes ont si bien acheté que la somme totale nous permet de trouver notre bonheur sans débourser un centime et même avec un petit surplus. Trop cool !

Nous jetons notre dévolu sur un bracelet-anneau d’un bel or foncé et une gourmette «œil du mal ». Le montant des 2 précédents bracelets n’est même pas encore atteint ! Une médaille en or vient compléter nos achats gratuits.

Purée ! Quelle bonne affaire !

Quand je vous dis que la Turquie c’est LE pays pour faire des affaires !!!

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 05:44

 

Ca y est...ça continue ! Quelques pages de plus pour vous faire patienter. L§e reste suivra...à mon rythme bien sûr !

Petit mot pour toi Yasmi : c'est en pensant à toi que j'ai tapé ces "quelques" lignes. Bonne lecture...

 

 

Jeudi 16 juillet 2010

 

Comme annoncé, aujourd’hui c’est jour de marché et les bonnes affaires nous attendent.

Selda a très mal dormi et décide d’aller en ville avec nous pour faire des radios de son poignet douloureux et gonflé.

Anne, Baba, Ilayda, Ela, Selda et nous 4 partons donc en dolmuş à Nazilli.

Le trajet est toujours le même mais cette façon de voyager nous plaît, à nous les 3 petites françaises. On pourrait croire que je suis blasée et pourtant c’est avec le même plaisir enfantin que je grimpe dans ce mini van, cet improbable moyen de transport et que je me colle contre la fenêtre ouverte, le vent me cinglant le visage.

Arrivés à destination, l’Homme et sa sœur nous quittent pour aller à l’hôpital. Nous autres décidons d’aller les attendre dans un grand parc où on peut manger. On commande des pide (pidé sandwichs chauds) au poulet, de l’eau glacée, des sodas et on profite d’un peu de calme en attendant des nouvelles de Selda.

Les 3 petites merdeuses sont un peu difficiles à gérer mais Océane assure et trouve des activités pour les faire patienter, comme marcher sur une espèce de trottoir ou courir autour de notre table.

Anne et Baba gardent toute la smala à l’œil pendant que je végète avec délice.

Eh, je suis en vacances ! J’ai bien le droit de profiter d’un peu de tranquillité !

Je savoure donc la brise légère qui souffle sur la ville.

La température est presque supportable et j’ai l’impression de moins suer. L’habitude peut-être…

Le parc où nous sommes est en pleine ville.

De grands arbres dispensent la fraîcheur de leurs ombres avec générosité.

Cà et là, des tables, des chaises, des gens qui discutent et mangent. L’ambiance est familiale et joyeuse.

Je me sens bien.

 

L’Homme et Selda sont de retour.

Les radios sont faites mais il faut attendre une demi-heure pour connaître les résultats, demi-heure qu’ils utilisent pour aller manger un morceau, parce qu’entre nous, le parc est sublime mais la nourriture très commune, voir carrément dégueu…

No problemo ! Il y a, en face de la place où nous sommes, une multitude de petites boutiques qui offrent à mon regard acéré toutes sortes de « denrées » intéressantes et pas chères…

La bonne affaire est à portée de main mais j’ai à peine le temps de choisir par où commencer mon excursion « fringues » que l’Homme et sa sœur sont déjà de retour. Et ils ont les résultats des radios…verdict du docteur : rien de cassé. Ouf ! Nous voilà rassurés !

A moi fringues et bijoux !! A moi cochonneries sucrées et autres pidé ! A moi marché de Nazilli ! J’arrive…

Laissant Anne et Baba à l’abri ombragé du grand parc, nous allons d’un bon pas dans la « rue de l’or ».

Et ce n’est pas un doux euphémisme ! Il y a dans cette rue des boutiques d’or tous les pas.

Peut-être, êtes-vous comme moi et ne savez pas ce qu’est une boutique d’or ?

No problemo, je vous explique.

Avec une monnaie comme la Turkish Lira (TL), les Turcs ont bien compris que convertir ses économies en or est bien plus logique, car plus sûr.

Alors, un peu partout, des boutiques d’or fleurissent dans les rues. On y convertit son argent en bracelet, en collier ou en bague d’or. Un mariage ? De l’or plutôt que de l’argent. Une naissance ? De l’or à offrir comme cadeau de bienvenue. Un anniversaire ? Quelques grammes d’or à ajouter aux économies…

C’est une habitude que nous, Européens, avons perdue mais beaucoup d’autres peuples l’ont gardée.

Moi je ne possède que très peu d’or.

C’est une couleur qui ne me va pas bien. Sur moi, le plus bel or a toujours l’air d’être de la camelote, genre les babioles qu’on trouve dans les distributeurs à 2 sous des foires et autres mesti.

Et puis, je suis si maladroite, si tête en l’air que je préfère casser ou perdre une bague, un collier ou un bracelet en argent à 3 sous 6 francs !

En fait, le seul bijou en or que je porte chaque jour, sans jamais l’enlever, c’est le bracelet qu’Anne m’a offert il y a quelques années. J’y tiens beaucoup.

Avec ce geste, elle m’a prise pour fille, comme si j’avais épousé son fils. Elle m’a donné l’un de ses bracelets de mariage pour me signifier que je faisais désormais partie de sa famille.

C’est un cadeau très cher et précieux à mes yeux et aux siens.

A la naissance d’Alexane, elle m’a offert un autre bracelet, encore plus beau et plus cher pour me remercier du cadeau que je lui ai fait.

Ce dernier est finement ouvragé et j’y tiens tant que je ne le mets qu’aux grandes occasions…Pas question de tenter le diable en le mettant quotidiennement !

Tout ça pour vous expliquer la valeur de l’or chez les Turcs.

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 04:17

La journée n'est pas finie...Lisez la suite

 

 

Ah les hommes ! Toujours à serrer les cordons de leurs petites bourses (pas ces bourses-là, je parle de celles qui contiennent de l’argent, liquide ou non…) !

Un ravissant petit sac en bandoulière adorablement tissé à la main (tu parles, ce doit être du « made in china ») rouge et beige me fait de l’œil…je l’achète…10TL c’est une bonne affaire.

Puis un stylo délicieusement kitsch avec des perles et des petits miroirs à 5TL va rejoindre le sac. Je craque aussi pour 2 très belles bagues pour 30TL.

Je suis fière de moi car j’ai été plutôt sage côté dépenses…

Pas de quoi frimer…Car c’est l’Homme qui a « oublié » de me donner plus d’argent. Le gros du budget pour la journée c’est lui qui l’a dans sa poche.

Mais non, il ne l’a pas fait exprès ! Ca c’est trouvé comme ça, c’est tout !

Il est généreux l’Homme, il a simplement oublié de m’en donner plus.

Enfin, je crois…et surtout, j’espère pour lui car je ne suis pas vraiment de bonne humeur à force de poireauter dans un four.

Je sais bien que j’ai parfois des airs de tarte mais de là aller jusqu’au four…Faut pas déconner !

Alexane et moi passons encore un temps à regarder les passants et à nous moquer d’eux. Ben y’a vraiment rien d’autre à faire !

Il y a l’Anglais qui est aussi rouge que son tee-shirt, la blonde à forte poitrine (et oui, je ne suis pas la seule) qui a un chapeau mou qui ressemble à…à rien en fait il est ridicule son chapeau, et puis ce groupe d’asiatiques qui mitraillent tout ce que leur objectif voit.

C’est marrant un temps, juste un temps et très vite la mini crotte et moi on s’ennuie à mourir, ce qui ne va pas tarder à arriver à cause de la déshydratation…

J’utilise la méthode des cils qui papillonnent pour obtenir des feuilles de papier et voilà la puce occupée à dessiner…un petit quart d’heure parce que les feuilles font 15 cm sur 10, radin le serveur ! Quelle galère !!

 

1h30, 1 coca, 1 fanta citron et 2 bouteilles d’eau plus tard, je n’ai plus d’idée pour faire patienter Alex.

- Mamon, mais il est où papa ?

- Tout là-haut.

- Pfff ! Lui il s’amuse là-haut et nous on est là comme 2 pauvres ! »

Ouais ! Je ne sais pas s’il s’amuse mais nous on s’ennuie avec un grand « E », de l’ennui de compet !

Allez hauts les cœurs, en attendant leur retour, on va se manger un morceau.

Je commande des lahmacun (lamadgoune) et au moment où le serveur nous les apporte, voilà nos aventuriers qui redescendent. Ce doit être l’odeur alléchante de nourriture. Si j’avais su, j’aurais commandé plus tôt !

Dans le soleil qui fait onduler l’horizon, on les regarde descendre.

Selda n’a pas l’air d’aller très bien, elle se tient le poignet. Océane marche lentement comme si elle était très fatiguée, ce qui est probablement le cas et l’Homme a sa tête des mauvais jours, celle qui fait 6 pieds de long. Je flaire un problème…

En effet, Selda a fait une bonne chute sur son poignet droit (déjà maltraité la veille) et elle a chopé un bon coup de soleil sur les épaules.

Cela me conforte dans ma décision de rester sagement à l’ombre…Si elle, turque de naissance, arbore de telles preuves de la férocité du soleil, alors j’imagine assez bien ce que ma peau de blondasse sevrée d’UV depuis plus de 10 ans aurait morflé…Des cloques minimum !

Parfois ça a du bon d’écouter la petite voix de la raison qui murmure dans le creux de mon oreille.

 

Le temps que les baroudeurs avalent une bouteille d’eau galée pour refaire leur réserve d’eau (ah si nous avions une bosse comme les dromadaires…), les amoureux nous rejoignent. On commande à manger et ils nous racontent leur expédition.

Tout le monde a l’air emballé même l’Homme.

Océane a des étoiles dans les yeux quand elle m’explique qu’ils avaient les pieds dans l’eau tout le long de la montée. Elle me décrit les bassins et son enthousiasme fait plaisir à voir. Elle me parle de la blancheur des « piscines », de la transparence de l’eau et de la vue magnifique qu’on a de tout là-haut.

L’Homme m’explique qu’avant on avait le droit de se baigner dans les bassins naturels mais les gens ont si peu fait attention au site qu’il est devenu urgent de trouver une solution pour éviter qu’il ne se dénature.

C’est pourquoi, ils ont rajouté des bassins artificiels pour que les touristes puissent se baigner sans que cela ne pose problème.

Les Tucs ont enfin compris l’avantage qu’ils avaient là à posséder un tel site, unique au monde. Maintenant, ils en prennent soin. Ils sont même en train de construire une piscine imitant les bassins originaux pour permettre aux gens de se baigner tout en se faisant des l’argent…bien sûr !

Je regarde les photos et j’ai un gros pincement de regret juste là, au niveau du cœur. Ca a l’air magnifique !

Dès le repas terminé (pas génial en fait, ça sentait meilleur que ça n’était), j’achète des cartes postales et on reprend les voitures direction Denizli, la capitale turque du textile.

Je n’aurais peut-être pas vu Pamukkale mais je me console en pensant à tout ce que je vais acheter là-bas. Ben il faut bien que je me fasse plaisir non ?

 

La route que nous prenons est typiquement turque : très large et pleines de trous. La Tofaş proteste mais tient le coup, un miracle qui ne cesse de m’étonner…

Des 2 côtés de la route se trouvent des magasins, genre hangar reconverti en boutiques surchauffées.

Gülin et son futur mari en choisissent un à l’écart de toute habitation : un immense magasin planté sur une route au milieu de nulle part.

Ici nous trouvons de tout : literie, linge de maison, habillement, maroquinerie.

C’est beau, très beau mais cher, trop cher pour notre modeste bourse. J’achète un petit sac pour le portable de ma maman et un porte monnaie brodé. Coût : 5 TL. C’est ce qu’il y a de moins cher.

Les amoureux eux se lâchent ! Ils dévalisent le magasin et ressortent chargés comme des mulets.

Même si ce magasin est perdu dans la cambrousse, il y a pas mal de monde, que des touristes et pour cause, des cars entiers viennent décharger leur cargaison d’Anglais, de Hollandais et même 3 français.

Que ça fait du bien d’entendre ma langue natale à nouveau. On taille la bavette quelques instants et comme le chauffeur de leur car klaxonne comme un fou, ils repartent continuer leur excursion dans l’arrière pays turc et ses délices.

Nous aussi nous repartons, direction Denizli.

La ville est plus grande que Nazilli, plus sale, plus bruyante, plus animée en cette fin d’après-midi.

Le but de notre expédition étant d’acheter des fringues et de faire des affaires, les hommes cherchent un endroit où se garer.

Mamamia ! Quelle circulation !

Ca freine et ça klaxonne de partout. Les gens se jettent presque sous les roues des voitures pour traverser la route. Je suis bien contente que ce soit l’Homme qui conduit, perso j’aurais déjà écrasé 2 petites vieilles et 3 bambins.

On trouve un parking souterrain, mais alors vraiment souterrain : sombre, étouffant et angoissant avec une pente si forte que je me demande si la Tofaş va pouvoir le remonter. Je n’ai qu’une seule envie c’est d’en sortir au plus vite.

Et cela ne s’arrange pas quand je vois 3 mecs nous bloquer le passage. L’Homme s’est subitement raidi et je sens comme une tension dans son attitude.

Chez nous, on prend un ticket, on trouve une place, on s’y gare et basta.

Ici, on donne sa bagnole et ses clés à un mec surgi de nulle part, il vous gare la voiture, vous pique votre carte d’identité et vous promet que la voiture attendra sagement votre retour, moyennant une participation financière, bien entendu. Combien ? Aucune idée ! C’est la surprise du chef. C’est super pas rassurant quand on sait qu’ils détiennent les papiers de nos chauffeurs…. Allez avec un peu de chance ce ne sera pas trop cher…j’espère.

Les 3 préposés du parking sont plutôt crasseux, avec un air louche et une mine patibulaire. Brrr c’est pas moi qui irais me garer ici toute seule, même en plein jour ! Je serre les mains de mes filles dans les miennes et on part à la découverte de la ville.

Le 1er truc que je vois en sortant à l’air libre, c’est un panneau de circulation étrange qui me fait bien marrer : un panneau rond, cerclé de rouge (une interdiction donc) avec un clairon barré, oui oui j’ai bien dit un clairon, dessiné dessus. Logique ! Ca veut probablement dire : « Interdit de jouer du clairon dans cette rue »…Mort de rire !

Les rues de la ville sont une succession de boutiques : fringues, literie, linge de maison. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses.

Dans les vitrines, de grands lits avec les plus beaux et les plus affreux jetés de lit que je n’ai jamais vu. Et partout des serviettes de toilettes, des draps, des nappes, des habits. C’est super coloré et très beau. Il y a tant de choses à voir, de boutiques à visiter que j’en suis déjà crevée à l’avance.

Je trouve 2 robes longues pour 30 TL, des bijoux pour la famille et les amies, des chemises pour Océane, des tee-shirts pour Alexane.

Je claque notre argent avec un plaisir énorme mais sans exagération. L’Homme me tend les billets sans rien dire et je dépense tout mon saoul, en faisant des affaires de dingue. Les filles, la Turquie question fringues pas chères, c’est génial !

Pour info, je n’ai pas acheté de fringues de marque. Je sais, c’est inadmissible mais franchement moi les marques je m’en tape. Ce que je veux c’est acheter un max de truc pour un minimum d’argent.

Je me fais du bien donc et au bout de 2h et le budget du jour englouti, on retourne vers nos voitures. Les hommes vont retrouver les bizarres du parking, les payent et récupèrent les voitures. Nous les filles préférons les attendre dehors. Il y fait toujours moins chaud que là en-bas.

Miracle ! La Tofaş réussit à monter la pente !

On reprend la route et très vite les filles s’endorment, heureuse de leur longue et belle journée.

Moi je lutte pour garder les yeux ouverts. Ce qui m’entoure est trop beau pour que je dorme. Je ne veux rien louper !

Je m’en mets plein les mirettes !

Ce paysage d’oliviers et de champs cultivés a quelque chose de sauvage qui me touche et d’ordonné qui me rassure.

J’aime vraiment beaucoup cette région.

Pour celles qui ne voit pas où elle se situe, c’est entre Izmir et Bodrum, à l’ouest de la Turquie, en face de la Grèce. Faites comme moi avant de partir, allez sur le net et chopez une carte du pays.

A la 1ère station d’essence, on fait le plein d’eau, de chocolat et de sucreries pour recharger nos batteries en même temps que les voitures. La Tofaş avait bien besoin de cette pause parce qu’elle chauffe comme un démon en enfer ! Mes pieds ont doublé de volume à cause de la chaleur qui remonte du moteur.

 

Moins de 2h après notre départ de Denizli, on est enfin de retour à la maison.

On mange, on prend une bonne douche fraiche, on raconte notre belle journée et tout le monde est assez crevé pour aller directement au lit sans passer par la case Uno.

Le lit trop dur, le matelas trop fin, la chaleur trop forte, tout s’évanouit quand le sommeil, un sommeil heureux du à une bonne fatigue, nous emporte au pays des songes.

Demain c’est jour de marché à Nazilli…il faut se reposer pour être en forme.

 

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 04:14

La suite tant attendue...c'est juste là !

 

Mercredi 15 juillet 2010

 

J’ai peu dormi mais je m’en fiche. Ca fait plus de 20 ans que je rêve d’aller à Pamukkale alors c’est pas une mauvaise nuit, même dans une chaleur étouffante avec un taux d’humidité proche des 100%, qui va me plomber ma journée.

Tout le monde semble aller mieux, c’est décidé, on y va !

Youpiii ! J’ai envie de sauter dans tous les sens comme un cabri tant ma joie est grande…sauf que mon dos n’y survivrait pas, alors j’évite.

Petit déj, douche, tenue décontractée (pas trop sexy pour ne pas affoler les autochtones…lol !), casquette, lunettes noires, ravitaillement en eau et en cochonneries à grignoter…tout est prêt ! Paré au décollage mon capitaine !

Selda, Gülin et Hayrullah (son futur mari) se joignent à nous.

2 voitures : une petite Fiat toute neuve et toute propre, celle d’Hayrrullah et celle de DayI, la fameuse Tofaş qui nous a conduit d’Izmir jusqu’à Bozdoğan (un miracle toujours inexpliqué à ce jour…Quand je pense qu’il y en a qui doutent de l’existence de Dieu ! Le Vatican devrait fournir une Tofaş à tous les incroyants du monde…ça remplirait leurs églises…mdr !).

Ah Pamukkale : splendeur nacrée d’un blanc immaculé…perdu au bout d’environ 150 kms de routes cabossées à avaler sous une canicule typiquement turque…Que du bonheur !

Il faut recharger la Tofaş et donner à boire à la Fiat. On s’arrête à une station essence et tout le monde passe aux toilettes, histoire de ne pas à avoir à s’arrêter toutes les demi-heures. Ca fait 5 bonnes minutes que Selda, les filles et moi attendons devant la porte « Bayan » (bayane c'est-à-dire « madame ») quand elle s’ouvre enfin. 1, 2, 3,4 et 5 personnes s’y trouvent. Genre la maman, la sœur, les filles et la cousine. Une personne de plus et on pouvait jouer aux 7 familles…mdr ! La plus âgée et les 2 plus jeunes sortent et avant qu’on puisse dire ou faire quoique ce soit, la porte se referme sur les 2 dernières. Ok ! On va attendre…Pas glop parce que la mini crotte a une envie pressante et que la vue du WC semble l’avoir boostée… Une petite prière pour qu’elle puisse se retenir encore un peu car je n’ai pas prévu de rechange pour fuites.

5 mn passent encore et enfin la porte s’ouvre à nouveau. Heureusement pour Chouchou qui croise les jambes et sautille sur place, elles sortent toutes les 2. Ouf ! Ni une, ni 2, on se jette toutes les 4 dans les WC. Ben quoi, « En Turquie, on fait comme les Turcs » c’est bien connu. Nous, on s’adapte, c’est notre plus grande force ici…lol !

Alex est prioritaire car elle ne tiendra certainement pas une minute de plus, puis vient le tour d’Océ, pendant que Selda regarde ailleurs et que je ramasse du bout des doigts les papiers qui traînent un peu partout. Beurk ! C’est dégueu !

A croire que les nanas avant nous ont fait une bataille de pq ou ont voulu refaire la pub lotus ! Les filles ont lavé leurs mains, elles peuvent sortir car ni Selda, ni moi n’avons envie de partager le moment pipi avec qui que ce soit. C’est quand même super perso. Il y a une limite à l’adaptation, non ?

On y passe, chacune notre tour et on retourne aux voitures.

Assez lambiné, on fait le plein et avanti !

 

L’Homme roule vite et bien. Les filles dévorent des yeux tout ce qu’elles voient et moi je profite du paysage sans être malade. Car depuis que je suis en Turquie, je ne souffre plus du mal des transports aussi violemment qu’avant.

Ouvrez la parenthèse scientifique :

Savez-vous pourquoi certaines personnes, comme moi par exemple, sont malades en voiture ? Je l’ai appris en regardant « C’est pas sorcier » sur France 3. C’est du au conflit entre ce que l’œil voit et ce que l’oreille ressent.

En voiture, le petit escargot (appelé « cochlée ») qui est situé derrière le tympan est plein d’un liquide qui permet de percevoir les vibrations et les mouvements de la voiture. Du coup, il envoie au cerveau le message suivant : « Eh mec, ça bouge. On se déplace. ».

L’œil, qui est souvent rivé sur une carte ou sur l’intérieur de la voiture, envoie le message inverse : « N’importe quoi ! On ne bouge pas, je le vois bien ! ».

Face à 2 messages aussi contradictoires, le cerveau s’énerve et envoie des nausées pour calmer tout le monde et indiquer que c’est le bordel.

Or, en Turquie, j’ai le regard rivé sur le magnifique paysage que je traverse et du coup mes yeux et mes oreilles sont du même avis…donc pas de nausées et ça fait un bien fou !!

Fermez la parenthèse.

Donc, je profite du panorama sans me soucier de rien.

C’est un moment de détente, malgré les « glang », les « clac » et les « bip » bizarres que fait la « kartal » (modèle « aigle »).

Je me détends si bien que je finis par m’endormir.

D’une caresse sur le bras, l’Homme me réveille pour pointer son doigt vers la gauche en disant : « Regarde ! ».

Que je regarde quoi ? Ce truc blanc là de la taille d’une petite patate ? D’ailleurs c’est quoi cette masse blanche au beau milieu des collines ?

- Pamukkale ! »

Waouh ! Incroyable ! Ca fait comme une tâche dans le paysage, comme une motte de neige à flanc de colline. C’est drôlement bizarre parce que ça a l’air assez peu étendu…Normal, on est à une vingtaine de bornes, voir plus.

Je pousse le zoom à fond et j’essaye de faire une photo potable de cette étrange petite marque blanche.

La route est pourrie, la voiture aussi mais malgré les secousses j’arrive à cliquer juste au bon moment. C’est impressionnant !

On prend une route à gauche qui se transforme très vite en chemin de gravier…Oulala ! On va où là ?

Apparemment la route est encore en construction. La Fiat passe assez facilement mais la Tofaş râle et tousse. Oups ! Une panne ici et c’est la galère totale. Non, la voiture est robuste et travailleuse, elle continue sans flancher.

Au bout de quelques centaines de mètres, on se trouve à une intersection avec…avec ? Une autoroute ! Vrai, je vous jure. Au bout du chemin de gravier, il y a une autoroute. Elle a l’air aussi peu finie que le chemin que nous venons de quitter et il n’y a qu’une seule voiture qui nous passe sous le nez. L’Homme est hilare. Il est déjà venu ici, il a l’habitude, lui. Moi, je suis muette de surprise.

On prend à gauche et au bout de 10mn, nous dépassons le site de Pamukkale. Au moment où je le fais remarquer à l’Homme, la Fiat devant nous freine et met le clignotant à gauche. Hayrullah a du se faire la même réflexion que nous : on s’est trompé de route, il faut faire demi-tour.

Chez nous, en France, il faudrait attendre la prochaine sortie, revenir sur ses pas et reprendre l’autoroute. Ici, no problemo !

Hayrullah déboîte vers la gauche, profite d’un trou dans le terre-plein central encore en construction et rejoint l’autre sens de circulation de l’autoroute.

L’Homme, lui, arrêté la Tofaş sur le bord de l’autoroute, la bande d’arrêts d’urgence chez nous et écarquille les yeux de stupeur. Le silence est total dans la voiture puis l’Homme sourit et s’engage sur l’autoroute pour faire pareil.

Moi j’ai remarqué des ruines sur la droite, alors je les photographie, pas plus traumatisée que ça. Ca ne se fait pas en France, mais là on est en Turquie, alors…on fait pareil ! Ils sont quand même spéciaux les Turcs…Adorables mais spéciaux…

On reprend la route, la bonne cette fois-ci, et la tâche blanche s’élargit de plus en plus jusqu’à devenir immense, juste en face de nous. De loin, on dirait que la route fonce droit dessus. En fait, elle tourne et se poursuit vers la droite mais de loin l’effet d’optique est saisissant.

Pamukkale ! Ce que j’en vois me ravit. C’est superbement beau ! C’est magnifique ! C’est blanc comme neige ! C’est éclatant de blancheur et presque rafraîchissant dans la chaleur étouffante.

2h de route, sous un soleil de plomb, avec un air brûlant qui nous assèche la gorge, ce n’est pas trop payé pour voir ça !

En arrière-plan, les roches calcaires ressemblent à un glacier. Au 1er plan, il y a des arbres, de la pelouse, des escaliers en terrasses où une eau limpide et transparente d’un vert nacré coule doucement. Sur la droite, il y a un petit lac, genre gravière de Reichstett, avec une fontaine en son centre. Des oies et autres volatiles bruyants s’y ébattent en criant.

C’est beau et apaisant. La fontaine donne une impression (mais alors juste une impression !) de fraîcheur.

Quand j’arrive à m’extraire de la voiture de la mort qui tue, le soleil me frappe de toute sa force. Purée qu’il fait chaud ! Un vrai four. On est en plein cagnard et je crève de chaud. J’en ai même la tête qui tourne tellement c’st intense.

Le soleil tape dur, très dur sur ma peau crémée et ma visière profondément vissée sur mon front. Il n’y a pas un souffle de vent…Pas glop !

Je redoute la longue montée pour enfin découvrir le site de mes rêves. Ca va pas être coton ! Je pense à mes filles, surtout à Alex qui est aussi fragile et chochotte que moi et je soupire d’avance.

J’admire ce paysage magnifique et c’est comme un avant-goût de la superbe excursion que nous allons faire.

Je chope l’appareil photo et telle la Sandyrazzi de base que je suis, je mitraille tout ce que l’objectif aperçoit.

Il est 11h du mat, le soleil est presque à son zénith et bon sang que ça tape !

La montée va être rude, mon corps proteste déjà. D’instinct, je profite de la moindre tâche d’ombre pour me protéger.

Des litres d’eau salée s’écroulent de mes pores dilatés et font « pschitt » en touchant terre. Je suis peut-être une fausse blonde mais je suis une « peau claire » tout ce qu’il y a de naturel…lol ! J’ai la très désagréable impression que ma peau sèche à vu d’œil et se craquelle comme la terre aride d’un désert. C’est une expérience incroyable et passablement déplaisante.

Malgré la beauté du site fabuleux que j’ai sous les yeux et l’envie que j’ai de le visiter, mon corps se rebelle en m’envoyant une bordée de vives palpitations.

Mon cœur bat encore plus fort que lors du 1er baiser de l’Homme (c’est pas peu dire !) et j’ai les jambes en coton.

Un pas, 2, 5, 10 et…je m’arrête à mi-chemin de la guérite où l’on vend les billets pour l’ascension, autant dire que je n’ai même pas fait un 10èime  du chemin prévu. Purée je me décompose sur pied. Mon cœur n’en finit plus de s’affoler et commence à me faire mal.

Je lève les yeux vers le sommet de Pamukkale et malgré mes lunettes de soleil, indice au moins cinquante douze, tout ce blanc m’éblouit.

L’eau de mon corps se précipite vers ma peau et je sue tant que j’ai peur de voir une flaque de ma précieuse eau à mes pieds. Pas moyen, elle s’évapore en un rien de temps !

Ah, si seulement on pouvait suer du gras ! Une demi-heure dans cette fournaise et je pourrais à nouveau mettre mon plantureux fessier dans un petit 38… Ben quoi, c’est pas interdit de rêver, non ?

Toujours est-il que mon rêve de patauger dans ces sublimes piscines naturelles vole en éclats. Je renonce au projet de grimper tout là-haut avec beaucoup de peine mais sans aucune larme…C’est normal, je n’ai plus assez de liquide pour ça !

Merde, mon corps, cette fantastique machine bien huilée me lâche !

Je ne peux pas monter ces misérables 2 bornes qui me tiennent éloignée du sommet tant convoité de Pamukkale. Fait chier !

Je tente un nouvel essai sur quelques pas mais mon cœur s’emballe de plus belle pendant que mon pauvre cerveau déshydraté m’ordonne de me mettre à l’ombre au plus vite. Et il insiste lourdement le bougre !

Bon ça va ! Ok j’y vais ! Je vais aller me coller le luc sur une chaise, à l’abri de la terrasse d’en face, laissant les « jeunes » profiter de la vue que je rêve de savourer depuis si longtemps.

Je pousse l’Homme et Océ à continuer. Ils me raconteront.

Alexane, tel le bébé koala que tous connaissent, se scotche à moi et nous rebroussons chemin vers la sécurité de l’ombre d’une terrasse de café pour touristes.

Je commande un coca, un fanta citron et une bouteille d’eau glacée pour nous réhydrater et après quelques gorgées, mon cœur se calme enfin.

Commence alors une longue et ennuyeuse attente.

La chaleur est asphyxiante et il n’y a rien d’autre à faire que mater les passants. Je n’ai pas jugé utile de ramener un bouquin pour moi, ni un jeu pour Alexouille, alors on regarde autour de nous et on se moque gentiment pour passer le temps.

Mais l’hilarité déclenchée par la façon étrange et comique dont les touristes, principalement des Anglais, passe vite, trop vite. Au bout d’une demi-heure, ce n’est même plus marrant de critiquer la rougeur de leur peau.

Alors dépitée, je jette mon dévolu sur une boutique de souvenirs accolée au restaurant où nous sommes. On y vend de tout pour rien. Enfin tout est relatif…Pour moi, c’est rien mais je sais que pour l’Homme c’est toujours trop.

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 16:56

Mardi 14 juillet 2010-08-11

 

Une fois de plus (c’est comme ça chaque matin depuis notre arrivée), Alex m’a réveillée à 6 h du mat en disant, à l’agonie : « Mamon, j’ai soif. Je crois je vais mourir ! »

Elle a bu son verre, puis est allée se recoucher, l’air de rien. Espèce d’adorable chieuse ! Heureusement pour moi, je suis trop fatiguée pour ne pas me rendormir. 4 H de sommeil, c’est vraiment trop peu, même pour moi.

Je me retourne sur mon matelas de fortune, je ferme les yeux et en avant pour le reste de ma nuit !

Quand je me réveille, vers 10 H, il fait chaud, déjà trop chaud, bien trop chaud pour une petite balade au marché hebdomadaire du village.

On tente tout de même une sortie du côté du marché maraicher pour faire le plein de fruits et de légumes.

On y retrouve Yenge qui vend des tous petits piments boule vert clair qui n’ont l’air de rien mais qui arrachent la gueule en 2 temps 3 mouvements.

C’est bien simple, il me suffit de les regarder pour que mes yeux se mettent à pleurer…lol ! Alors les goûter ? C’est hors de question ! Pas folle la guêpe !

 

Yenge est là, assise sur un mini tabouret (en réalité il s’agit d’un simple morceau de bois), attifée de vieilles fringues taillées dans un tissus aux motifs improbable et immettable, genre rideau psychédélique des années 70 mais en plus moche. Pourtant sur elle, ce n’est plus aussi moche, c’est…pittoresque.

Elle est le portrait vivant de la paysanne turque dans toute sa splendeur et je suis super fière qu’elle me serre dans ses bras et m’embrasse devant tout le monde.

Surtout que pour arriver jusqu’à elle, j’ai du affronter un nombre incroyable de regards hostiles et vicieux. Ben ouais, on est dans un patelin, au cœur d’une région paysanne. Autant dire que des blondes avec autant de classe, ça ne leur arrive pas souvent d’en voir…

Dans cette ambiance de merde, son sourire lumineux m’accueille avec simplicité et fait remonter mon moral en flèche. Bien mieux que les gros mots que je grogne depuis qu’on a quitté la maison familiale.

A ce propos, Océane est littéralement choquée de m’entendre dire autant de gros mots…Ben oui, c’est les vacances alors je me lâche ! Ca n’arrive qu’une fois par an, au mieux, alors autant en profiter, non ? On reprendra les bonnes habitudes de retour à Strasbourg. Alexane, elle, n’en perd pas une miette…au cas où…Lol ! Elle a à peine 4 ans et se révèle déjà rusée comme sa mère. On est pas sortis de l’auberge !!

 

Dans les bras de Yenge, entourée d’Anne, de Baba et de l’Homme, je jette des coups d’œil fiers autour de moi.

Je veux que tout le monde sache que la blondasse n’est pas qu’une simple touriste mais surtout un membre de cette merveilleuse famille. Ouais, je frime et alors ? J’en ai le droit !

Anne a mis ses lunettes noires de star et les petits diamants brillent de mille feux. Je suis très fière d’elle. L’Homme marche avec le torse bombé et toise tout le monde, écrasant les nuisibles de sa fabuleuse présence. Nos filles sont superbes et attirent tous les regards. Pauvre Chouchou, elle se fait pincer les joues toutes les 2 mn par des inconnus et elle déteste ça !

Que voulez-vous, les Turcs adorent les enfants et cette petite fille à la peau blanche et aux cheveux clairs, à demi turque, les attire et les charme.

Une notoriété qu’Alexane supporte assez mal.

 

Le marché aux fruits et légumes est recouvert d’une bâche en tissus sur toute sa surface. Du coup, il y règne une chaleur d’enfer. C’est étouffant et oppressant.

Nous préférons laisser les parents finir leurs emplettes et nous rentrons à la maison.

 

Bien sûr, Teyze est en train de ranger !

Elle est marrante ! Contrairement à Anne qui est douce et tranquille, sa sœur aînée est une pile électrique, toujours vive et active. Elle doit souffrir d’une « bouge tout le temps » aigue.

Elle cuisine, range, fait le ménage pratiquement en permanence.

Elle parle fort, fume comme un pompier, rit fort et travaille sans arrêt. Rien qu’à la regarder, je suis fatiguée rien qu’à l’idée de toute l’énergie qu’elle dépense. Je transpire même à sa place, c’est dire…lol !

Elle me fait étrangement penser à ma Tata Line, malheureusement disparue. Elle a la même énergie, la même générosité débordante, la même tendresse bourrue et le même plaisir à nous voir manger les bons petits plats qu’elle nous prépare avec amour.

Son trait de caractère le plus marrant c’est sa jalousie…

Quand j’embrasse Anne (avec à chaque fois un petit pincement au cœur en pensant à ma maman qui adore mes bisous), Teyze râle si j’oublie de l’embrasser aussi.

Malheur à moi si j’embrasse l’une et oublie l’autre !! Lol !

 

Dans le sillage de Teyze, sa belle-fille Selda (la sœur de l’Homme qui est tout naturellement devenue la mienne) essaye de la suivre.

Je l’adore ! J’aime tout en elle : sa gentillesse, sa manie de me pincer à tout va, de me taquiner et par-dessus tout, j’adore son humour ironique et caustique. On papote, on rit, on se chamaille et grâce à elle, je découvre chaque jour le plaisir d’avoir une petite sœur à qui je peux me confier et qui m’aime comme je suis.

Les moments que je passe avec elle sont précieux et si chers à mon cœur.

En ce moment, elle n’en mène pas large car elle ne se sent pas en super forme. J’ai peur de lui avoir refilé mes microbes à elle aussi. La pauvre puce ! Si c’est le cas, elle va en baver… Partager mes microbes n’est pourtant pas mon activité favorite.

La faim grogne dans tous les estomacs et comme tout le monde est rentré, on passe à table.

Océane ne se sent pas très bien. Elle est très fatiguée et je la trouve blanche comme un linge. D’une main sur son front, je vérifie qu’elle n’a pas de fièvre, tout va bien de ce côté-là. C’est peut-être un simple coup de fatigue.

Il faut dire que nous bougeons pas mal la journée et elle se couche super tard le soir. Son rythme habituel de sommeil en est complètement chamboulé.

Quand Yenge, Gülin, Melike (qui va un peu mieux), Selda et moi décidons d’aller au marché pour acheter des fringues et des conneries (bref pour aller claquer du fric) ma Louloute me dit qu’elle est crevée et qu’elle préfère rester à la maison.

Alors ça c’est bizarre ! Si ma fille refuse d’aller acheter des trucs avec notre argent (elle n’apprécie pas des masses de dépenser SON argent…lol !), c’est qu’elle ne va pas bien.

Je lui propose de rester avec elle mais elle me répond que ce n’est pas nécessaire. Elle voudrait bouquiner tranquillement dans un coin. Quand j’insiste, elle secoue vigoureusement la tête et me pousse vers la porte.

Perso, je ne suis pas en meilleur état mais le shopping est mon activité préférée. Pas question de louper les bonnes occas du marché ! Bon je culpabilise quand même de la laisser seule.

L’homme en profite pour m’annoncer qu’il reste avec la puce (en réalité je sais qu’il déteste le shopping) et ça m’arrange. Sans lui, ce sera forcément plus détendu.

Je me sens plus libre de « jeter par les fenêtres » l’argent si durement économisé. Ras le bol de la culpabilité du « purée j’ai à nouveau trop claqué » !

 

Les filles dans mon sillage, Alexouille scotchée à ma main, nous déambulons entre les étals.

Nous avons attendu qu’il fasse moins chaud, enfin, moins chaud, tout est relatif. Il ne fait pas plus de 5°C de moins que ce matin. La différence n’est pas énorme mais on la sent dans l’air, enfin j’essaye de m’en convaincre…

 

J’achète une paire de tongs roses avec des petits miroirs collés dessus pour la mini crotte (3 TL soit 150) qui lui font briller les yeux.

Elle les aime tant qu’elle refuse d’essayer quoique se soit d’autre. Il a fallu que je lui promette de ne pas les rendre au « monsieur » pour qu’elle accepte d’essayer une paire de sandalettes.

Pour ma grande fille, je trouve une paire de baskets d’enfer : des jaguars.

Je ne suis pas pour les marques et encore moins les contrefaçons (avec ma chance, je risque de me faire toper à la douane…). Alors là, c’est une sacrée aubaine !

Elles sont blanches, noires et dorées avec une semelle Adiddas, une virgule Nike sur le dessus et un dessin qui ressemble à s’y méprendre à un puma. Le mélange est bizarre mais marrant. 3 marques connues au lieu d’une pour 30 TL (15€), ça vaut le coup et surtout ça me fait marrer car c’est tellement turc comme attitude. J’adore ce pays et j’adore ces gens !

 

Je me balade, je dépense de l’argent et ça me fait du bien.

Pour moi, je ne trouve rien alors je pense aux autres : des beaux verres pour Anne, des grattoirs à poêle pour Teyze, des tasses pour Gülin, des jeux pour les pitchounes, des barrettes, des chouchous, des tee-shirts à volants pour Selda. J’aime faire des cadeaux et vu les prix qu’ils pratiquent ici, j’ai vraiment l’impression de faire des affaires.

Et j’ai acheté des claquettes blanches pour Yenge.

Elle a passé bien 10 mn à les scruter, les essayer, les retourner dans ses mains pour finalement les reposer sur l’étal. Ni une, ni 2, je fonce chez le marchand et lui explique discrètement qu’il doit les mettre de côté car je les veux.

Apparemment je ne suis pas assez discrète car je me fais capter par Yenge qui me dit qu’elles sont blanches et que ce n’est pas pratique.

- Pratique ? Mais on s’en fout. Elles sont belles et elles te vont bien. Le reste importe peu. » Elle résiste.

- Yenge, le blanc, ça fait « chic ». Prends-les. Tu as le droit de t’acheter des claquettes juste pour le plaisir (surtout qu’elles sont à 5TL soit 2E50). »

Le plaisir ? C’est un concept abstrait qui ne semble pas appartenir à son vocabulaire. Je vois bien qu’elle va les prendre pour ME faire plaisir. C’est débile ! C’est à elle que je veux faire plaisir, pas le contraire. Alors je ruse et lui dis :

- Yenge, prends-les et comme ça tu penseras à moi à chaque fois que tu les mettras. »

Sa réponse fuse et je la comprends avant même que Selda ne me la traduise :

- Je n’ai pas besoin d’une paire de claquettes pour penser à toi ! »

Je le savais déjà mais ça fait du bien de se l’entendre dire.

Allez, trêve de négociations stériles. Je vais chez le mec, je paye, j’embarque l’objet du conflit amical et lui offre sans autre forme de procès. On va pas y passer la journée !

 

Comme d’habitude, il fait chaud. En plus ça fait 2 H que nous marchons dans les rues en pente raide de Bozdoğan. J’ai soif !

On s’achète une énième bouteille d’eau fraîche (c’est fou le fric qu’on peu dépenser en bouteilles d’eau ici. Un vrai budjet !) et on s’offre une glace, la glace de la région : kar helvasI (neige + jus de griottes). C’est froid et c’est bon.

Les jeunes hommes du stand (3 mecs tous assez jeunes pour avoir du lait qui leur sort du nez si on appuie dessus), n’ont probablement jamais vu de femme si on s’en réfère aux regards ébahis qu’ils me lancent sans arrêt.

L’un d’eux est littéralement bloqué sur moi, la bouche entrouverte. Pour un peu, il se mettrait à baver.

Bien sûr, je fais tout comme l’Homme m’a dit, je baisse les yeux, je ne souris pas pour ne surtout pas lui donner des idées. Ca me gonfle et je me dépêche de manger ma glace pour qu’on puisse filer d’ici au plus vite.

Au bout de 10 bonnes minutes de matage sans aucune discrétion, Monsieur « je vois une blonde pour la 1ère fois » ose enfin demander à Selda d’où je viens.

- De Mars, connard ! » est la réponse que je rêve de lui donner mais je suis dans le village de ma famille turque. Pas question d’attirer l’attention et la honte sur moi !

- De France. » C’est plus gentil mais moins marrant. Et là, leurs visages s’éclairent. Waouh de France ! Ouais, la patrie de la liberté, la fraternité et l’égalité.

Hé, faudrait pas oublier que c’est surtout la patrie qui a Sarko comme président. Plutôt rédhibitoire comme info, non ? Apparemment la seule chose dont il a entendu parler ce sont « les p’tites femmes de Paris » et ça le fait rêver…

« Hé Selda, j’ai fini ma glace, on peut se casser. On y va ? »

Je ne la laisse même pas répondre. On se lève et on disparaît aussi vite qu’un mec après le 1er rapport sexuel…à grande vitesse !

Je trouve encore de jolis foulards à offrir à toutes les femmes géniales qui m’entourent, sans oublier de choisir le plus beau pour la meilleure de toutes : ma maman !

Côté fringue pour moi, rien ne me tente vraiment et quand je trouve enfin une robe qui ferait mon bonheur, elle est taillée pour une femme qui fait la moitié de moi et est aussi transparente qu’une nuisette sexy.

Côté sandalettes, c’est pas mieux. La plupart des Turques que j’ai croisé ont des pieds au moins aussi larges que moi, si ce n’est plus. Pourtant, les étals sont plein de tongs pour racho des pieds. Je suis sûre que même Océane, qui pourtant les pieds très fins, aurait du mal à rentrer plus de 3 orteils.

Bien entendu quand je trouve babouche à mon pied, elles sont horribles, du genre que les mémères de 80 ans trouvent à leur goût… Trop moches !

Tout semble être fait pour des minettes pré-pubères et rien pour les femmes, les vraies qui ont du ventre, des seins et des fesses. Des femmes comme moi quoi ! Ca me fout les boules et je décide de rentrer. Fait chier quoi !

 

L’Homme n’est pas là. Il est parti avec Océane chez le docteur gratuit du village. Elle ne se sentait pas bien et comme elle n’a pas encore ce qu’il faut pour résister à son beau-papa chéri, elle n’a pas pu y échapper.

Du coup, tout le plaisir des emplettes s’envole. Ma pauvre puce est malade et je n’étais pas à ses côtés ! Je culpabilise à mort.

Maintenant qu’Alex va mieux, c’est Océ qui s’y colle.

J’attends le retour de mon grand bébé avec impatience.

 

Quand elle arrive, elle m’apprend qu’elle a chopé… ? Une angine bien sûr ! Antidouleurs, antibio, pastilles pour la gorge, elle prend tous ses médicaments avec sérieux car nous avons prévu de visiter Pamukkale demain et elle veut être de la partie. C’est fou comme ça fonctionne mieux quand la motivation est là…

Elle mange bien et se porte un peu mieux après. Du coup, elle décide de nous accompagner au parc pour « prendre l’air » comme elle dit.

« Prendre l’air », ça sous-entend une certaine fraîcheur et c’est une denrée rare depuis que nous sommes arrivés ici. Il faudrait plutôt dire « je vais prendre le chaud dehors », c’est plus explicite.

Anne, Baba, les filles, L’Homme et moi allons donc au parc à une centaine de mètres de la maison.

C’est un très joli parc vert et aéré. Il y a des chaises, des tables et une télé grand écran qui diffuse un match de foot. Super du foot ! Ca faisait longtemps…

Tout au bout, il y a une chouette aire de jeux avec des balançoires, un toboggan et des instruments de torture, genre salle de muscu. C’est bizarre. J’ai testé une sorte de steppeur super coloré et je ne me suis pas éclatée des masses.

Océane est avec sa sœur et elles attendent patiemment leur tour aux balançoires. C’est une attitude européenne que j’approuve fièrement. Sauf qu’ici, on n’est pas en Europe. Les habitudes et la culture sont totalement différentes.

No problemo !

Mon ado de chic et de choc comprend bien vite la façon de faire et saute sur une balançoire qui vient de se libérer avant quiconque.

Elle a décidé que sa petite sœur ferait de la balançoire et qui, ni personne ne la fera changer d’avis. Tel un bodygard, elle se tient raide derrière Alex et la pousse. Son visage exprime bien ce qu’elle fera à, quiconque s’approchera de trop près de sa frangine…

 

Je la rejoins dans l’intention de lui faire remarquer que d’autres enfants attendent leur tour mais elle ne me laisse même pas ouvrir la bouche, se dresse face à moi et me dit avec un air de défi :

- Maman, on a attendu notre tour presque 20 mn. Alex veut faire de la balançoire et elle va en faire. Et si quelqu’un essaye de lui piquer sa place, je lui casse la tête ! »

Je n’aime pas la violence mais force m’est de constater qu’elle a raison. Je le lui dis et je vois bien que ma remarque la touche. Elle a bien pris 10 cm de plus et ses pieds ne touchent presque plus terre.

Je la félicite et l’embrasse. Je suis fière de ma grande fille ! Elle assure à mort ! C’est ma fiiille !!

Comme elles se débrouillent très bien sans moi, je retourne à table.

 

Là, je découvre la glace vanille façon turque : super bonne ! Un vrai délice !

C’est tellement bon que je le dis en turc au jeune serveur : « Hum ! Cok güzel !  (très bon !)»

Malheur ! Le gamin me regarde et bugge (lire beugue) !

Il reste plusieurs secondes à me mater en souriant bêtement. Enfin, il retrouve l’usage de ses membres et retourne à son travail.

L’Homme m’explique qu’il ne faut jamais, au grand jamais que je regarde un homme dans les yeux et pire que je le félicite.

Je suis une femme voyons ! Ben ouais et alors ? Apparemment ça déclencherait une réaction chimique de durcissement du manche.

Holala que c’est compliqué tout ça !

Je promets de rester sagement assise avec les yeux baissés.

Ils commencent à me gonfler grave les Turcs avec leurs idées mal placées !

Alex et Océ arrivent et la petite me pique ma glace. M’en fous, j’ai plus envie.

 

Teyze nous a rejoint avec Ilayda et Ela, sa petite sœur. Tournée de glace pour tout le monde.

Ilayda est un amour de nénette et je m’entends super bien avec elle. Il faut dire qu’elle m’écoute et m’obéit sans aucune difficulté, même mieux que mes filles.

Un seul froncement de sourcil suffit à lui rappeler qui je suis et comment on s’adresse aux adultes, avec respect.

Sa petite sœur de presque 2 ans par contre, c’est une autre paire de manches.

J’adore cette gamine mais elle un problème : elle a un caractère de cochon et hurle bien trop souvent pour la santé de mes oreilles.

Dès qu’on lui dit « non », elle se met à pousser des cris qui me vrillent le crâne.

Je l’aime beaucoup cette petite, vraiment, mais cette attitude a le don de me mettre hors de moi. Je ne suis clairement pas, la gentille tata gâteau qui accepte tout de sa nièce. Loin de là ! Moi quand elle me gonfle, je fais pareil qu’avec mes filles : je tends le bras droit, index rigide, fronce les sourcils, fais les gros yeux et dis sur un ton qui n’admet aucune réplique :« Dégage ! ».

 

Ce n’est pas le grand amour entre nous car je suis celle qui lui résiste le plus.

La 1ère fois (et la dernière c’est sûr !) qu’elle a levé la main sur moi, la mienne a fait un arc de cercle pour venir claquer sur sa couche. Depuis, je ne suis plus vraiment en odeur de sainteté.

Je n’ai jamais accepté ces manières de mes filles chéries, je ne l’accepterai par plus d’une nièce, aussi mimi soit-elle.

Faut pas pousser mémé dans les orties !

Pile au moment où j’ai cette pensée (parce qu’Ela vient de pousser un hurlement de rage particulièrement strident), Alexane décide de tester mes limites en se mettant à hurler elle aussi parce qu’elle veut retourner sur sa foutue balançoire en plastoc qui pue.

La réponse est immédiate et sans équivoque : une tape sur les fesses accompagnée d’un « Tu arrêtes ça tout de suite ! ». Pour plus de sécurité, je répète mon ordre en LSF. L’Homme me soutient à 100% et lui en colle une 2ème pour appuyer mes dires.

Pauvre puce ! Le test n’est vraiment pas concluant. Et non, nous ne nous laissons pas faire ma fille ! Bien essayé mais totalement inutile.

 

Teyse par contre se laisse faire avec une patience infinie.

Ela voit un chaton errant plein de puces et tout racho. Comme il me fait pitié, je lui donne un peu de glace et bien sûr il vient me coller en miaulant à fendre l’âme.

Oups ! Je ne le pensais pas aussi affamé…

Bien sûr, la petite veut le caresser et comme sa grand-mère lui refuse ce plaisir (franchement je la comprends, il est vraiment crasseux. Beurk !), elle lui chope les cheveux et tire jusqu’à en avoir une touffe dans la main.

J’hallucine !

Je suis assise à moins d’un mètre et je n’ai qu’une envie, attraper cette gamine, la coller sur mes genoux et lui mettre 2-3 claques sur la couche, histoire de lui apprendre la vie.

Le pire c’est la réaction de Teyse : elle ne crie pas, ne fronce les sourcils et semble même fière que sa petite fille ait autant de caractère.

Anne et Baba se bidonnent. Ils trouvent ça marrant.

J’ai l’impression d’être dans la 4ème dimension.

L’Homme est aussi choqué que moi et je sens clairement son énervement monter. Il est tout crispé.

Je crois que c’est l’heure de rentrer, il est tard.

L’Homme doit penser la même chose car il donne très vite le signal de départ et nous rentrons bien énervés.

 

Nous les jeunes, on se retire dans notre QG (le balcon de la cuisine) dès les gamines couchées.

Je raconte l’histoire du chaton à Selda et elle a la même réaction que nous.

Sauf qu’elle ne peut rien faire sans que sa mère et sa belle-mère se liguent contre elle, interviennent et sapent totalement son autorité.

A sa place, j’aurais déjà mis les choses au clair, les points sur les « i » ou les pendules à l’heure, c’est comme vous voulez…Je vous laisse rayer la mention inutile.

Mais Selda est plus douce, plus calme que moi et elle est turque. Elle a été élevée dans l’idée que les enfants sont à tout le monde et qu’il faut obéir à ses parents, toujours ! Alors se rebeller n’est pas facile.

L’homme et moi, prenons toujours sa défense mais nous ne sommes pas toujours là. Avec une sorte de rage au cœur, l’’Homme et Selda me racontent leur enfance et les baffes qu’ils prenaient au moindre mot de travers et je vois bien qu’ils ne comprennent pas plus que moi pourquoi des parents si sévères sont devenus des grands-parents si laxistes.

No coment !

 

Pour détendre l’atmosphère et penser à autre chose, l’Homme et sa sœur commencent à se chamailler, à se chercher pour finir par se battre gentiment.

Moi, je suis comme la Suisse : neutre.

Tout se passe bien et nous rigolons jusqu’au moment où Selda se tord le pouce droit. Jeux de main, jeux de vilain ! C’est bien connu.

L’Homme est gentil mais un peu bourrin sur les bords quand il « joue ». Moi je sais alors j’évite de jouer « à la bagarre » avec lui mais sa sœur semble avoir oublié ce détail…Pas glop ! Elle a « mâchement » mal (comme dit Alex). Pamukkale semble s’éloigner mais c’est Selda qui compte.

Comme l’eau froide, ni chaude d’ailleurs, ne lui fait pas de bien, elle décide de tester la recette de grand-mère de Teyse : un cataplasme d’oignons.

Je ne sais pas si ça fonctionne pour les foulures mais pour déboucher les sinus et les canaux lacrymaux c’est d’enfer ! Bon sang que ça pue ! Une infection !

Comme l’ambiance est plombée par la souffrance de la poulette, on se sépare rapidement et au lit !

 

Enfin, les autres vont se coucher, moi j’ai de la lecture en retard à rattraper.

Je bouquine dans le calme de la nuit, à peine troublé par les bruits des rongeurs qui cherchent à manger et du coq qui vit dans la cour.

 

A ce propos, ce coq est un crétin fini. C’est un coq de combat et à mon avis les coups qu’il a pris ont du lui endommager le peu de cervelle qu’il avait. Au lieu de chanter à 5 H du mat, au lever du soleil, il braille à 17 H. Sa poulette et ses petits sont tout aussi crétins. Ca doit être de famille.

Ils vivent tous les 6 dans la cour en béton, juste sous les balcons, qui est entourée d’un mur haut d’au moins 1m50. Je parie qu’ils n’ont jamais vu le moindre brin d’herbe et ne savent pas ce qu’est un ver de terre. A la fin des repas, ils reçoivent les restes que Teyse leur balance dans un grand « splatch ».

En plus, ils sont vicieux et cruels car ils passent le plus clair de leur temps à martyriser le plus jeune. Pauvre bête, elle hurle à longueur de journée !

Mehmet, leur propriétaire refuse d’intervenir, arguant que c’est la loi de la nature et du plus fort qui prime.

Moi, j’aide régulièrement la nature en balançant des trucs à la tête hideuse du mâle dominant. Un jour, je l’aurais cette affreuse bestiole. Si seulement je savais viser !

 

Bon, il est vraiment tard et une longue journée nous attend demain. Je prends une bonne douche froide et je rejoins les filles dans la pièce surchauffée du fond.

Purée !! Dans cette chambre, l’air de la nuit qui entre par la fenêtre est aussi chaud que celui qui sort d’un four allumé.

En 30 secondes, je suis en nage. Le réconfort de la douche aura été bien court.

Je dormirais bien sur le balcon mais l’homme m’a dit qu’il n’y a plus de matelas.

Je le soupçonne de me dire ça parce qu’il ne veut pas que les voisins puissent me reluquer dans mon sommeil… Bon c’est vrai que mon tee-shirt a tendance à glisser et laisser mes seins prendre l’air…mais bon, la chaleur est telle que je suis prête à les laisser en exposition si ça peut me permettre de dormir « au frais ».

Mon royaume pour de l’air frais, un climatiseur ou une petite place dans un congelo !

Bon sang, c’est infernal comme il fait chaud !

Je ne sais même pas si je vais réussir à dormir dans cette moiteur tropicale…

Je vais essayer. A demain !

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 16:13

Ah, ça fait du bien de dormir un peu (3h ! C’est pas vraiment suffisant mais j’ai l’habitude). Je reprends mon récit.

Nous sommes donc le lundi 12 juillet, il est 22h30 passés, heure turque et nous arrivons chez DaI et Yenge (yèngué), les oncle et tante de l’Homme.

DaI est le jeune frère d’Anne et Teyse. Je l’ai entre aperçu à l’aéroport mais je ne sais rien de lui ou presque. Sa femme ne m’a jamais vue et malgré la gentillesse que je devine dans son sourire incroyable, j’ai un peu les pétoches, je l’avoue.

Avant notre venue ici, j’avais remarqué qu’elle souriait tout le temps sur les photos. L’Homme m’a confirmé qu’elle était géniale. Et puis il n’y a pas de raison qu’une femme qui passe son temps à montrer si joliment ses dents ait l’intention de me mordre, non ?

Allez, je prends mon courage à 2 mains et me jette dans l’arène.

A peine le pied posé dans la cour, Yenge me prend dans ses bras et me claque 2 gros bisous sur les joues en souriant.

Me voilà rassurée, elle m’accepte dans sa famille, sans condition. A la façon qu’elle a de me regarder, de s’adresser à moi et de me toucher à tout bout de champ, je crois qu’elle m’aime bien. Tournée de bisous avec Gülin (22 ans) et Melike (17 ans) que je retrouve avec joie.

Melike est allongée sur un matelas sur la terrasse.

Devinez ? Elle a de la fièvre et la gorge en feu…Merde, je lui ai refilé mes microbes quand je l’ai vue en coup de vent le jour de notre arrivée ! Pauvre puce ! Je sais par quoi elle va passer et je compatis de tout cœur. Je m’excuse auprès d’elle du cadeau empoisonné que je lui ai fait malgré moi mais elle ne m’en veut pas, Yenge non plus. Tant mieux !

J’ai droit à nouveau à son sourire lumineux. Quel délice ! C’est chaleureux, si bon, si sincère que j’ai du mal à retenir mes larmes.

Je ne sais pas c’est l’âge qui veut ça mais un rien me transforme en fontaine les derniers temps, surtout les marques d’affection. Plus je vieillis et plus je fais preuve de sensiblerie…le début de la sénilité peut-être…lol !

Anne, Teyse, Yenge et même Nene (que je ne connais pas encore très bien) sont des puits d’amour, des femmes extra ordinaires et je sais de quoi je parle puisque je fréquente la meilleure d’entre elles chaque jour : ma maman chérie.

Assise parmi elles, je me sens très fière d’avoir été acceptée dans cette famille.

Souvent l’émotion qu’elles font naître avec leur gentillesse et leur générosité a du mal à ne pas se déverser en grosses larmes salées.

Souvent aussi, mon cœur manque un battement et j’ai envie de les serrer fort dans mes bras. Leur gentillesse me rappelle celle de ma maman et dans ces moments-là je donnerais mon royaume pour un bisou-câlin maternel tant elle me manque.

Elles sont là à papoter en turc et tout à coup, je me dis qu’il faut que j’apprenne cette langue pour pouvoir communiquer avec elles et exprimer ce que j’éprouve.

De plus, l’Homme aime de moins en moins jouer le rôle de traducteur…je le vois bien…lol ! Même Selda commence à saturer, c’est dire…

Jusqu’à présent, j’ai résisté, prétextant que j’apprendrais le turc quand Anne saurait parler correctement français mais je vois bien que ce jour n’arrivera jamais. Même si ça paraît aberrant, je la comprends. Elle n’a pas travaillé pour élever ses enfants et n’avait donc pas besoin du français dans sa vie professionnelle. De plus, dans son village en Alsace, ce n’est pas primordial de savoir parler le français puisque tout ce dont elle a besoin elle peut l’obtenir auprès de ces compatriotes turcs. De plus, ses enfants savent parler notre langue sans problème, elle peut se reposer sur eux.

Elle a passé la majeure partie de sa vie à l’intérieur de son appart ou avec les autres femmes turques du quartier. Question intégration, on repassera !

On comprend mieux pourquoi elle maîtrise si peu la langue française après plus de 30 ans de vie en Alsace.

Comme c’est moi la plus jeune, c’est à moi de faire cet effort et puis j’avoue que le Turc est une très belle langue qui m’attire.

Depuis toujours, j’ai ce besoin irrépressible de m’exprimer, de mettre des mots sur mes sentiments, mes envies, mes idées. C’est pas pour rien que je suis si bavarde, à l’oral comme à l’écrit…

Ici, nous ne nous comprenons pas avec les mots mais avec les actes. A leur façon un peu rude et franche typique des campagnes, elles me montrent à quel point elles tiennent à moi et j’adore ça !

Yenge m’a donc tapé dans l’œil et le bon !

Ses filles sont tout aussi charmantes et souriantes qu’elle. Nous essayons très sommairement de communiquer en anglais mais elles ne se sentent pas très sûres d’elles et on abandonne bien vite, trop vite.

 

On boit de l’eau (véritable trésor national avec cette chaleur torride et omniprésente), du thé bouillant (enfin pas moi, ce truc ne passe vraiment pas !), ils papotent et rient et je me réjouis de leur joie.

Je rejoins les enfants qui jouent au foot dans la cour avec Gülin et on goûte quelques grains de raisin qui pendent au-dessus de nos têtes.

DaI est dans un coin de la terrasse et il observe nos 4 filles avec une évidente admiration. Il doit se souvenir de ses propres filles, petites…

 

Délaissant les enfants qui s’éclatent très bien sans moi, je profite du pc de Gülin et Melike pour voir mes mails et tailler le bout de gras avec Jams sur msn. Ca me fait du bien d’utiliser à nouveau ma langue maternelle !

Même si je n’en montre rien, ma maman me manque beaucoup car j’aimerais qu’elle puisse voir et ressentir le bonheur qui est le mien en ce moment. Elle a tellement voulu que nous ayons de bonnes vacances !

Dans les faits, elle ne pourrait pas supporter la chaleur d’ici, ni certaines coutumes, comme manger parterre mais j’aimerais qu’elle ressente et qu’elle se ressource à la formidable ambiance détendue et chaleureuse qui règne ici.

Partager ce moment d’exception avec elle me manque.

 

La soirée se déroule bien et c’est déjà l’heure de repartir. Il fait nuit noire, les filles sont crevées et Océ n’a pas l’air d’aller très bien. Elle est toute silencieuse dans son coin. J’espère qu’elle n’est pas tombée malade à son tour !

On promet de se revoir bien vite, on s’embrasse bruyamment et on embraque dans le dolmuş familial, conduit de main de maître par l’Homme.

Les petites vont rapidement au lit, Océane traîne un peu avec nous mais se déclare trop fatiguée et préfère se coucher. J’ai touché son front, point de fièvre…Ouf ! Ma grande fille n’est pas très souvent malade mais en général quand c’est le cas, ça vaut le coup. Espérons qu’elle a pu échapper aux microbes de Melike…

Anne, Teyse, Selda et l’homme papotent encore un peu pendant que je bouquine.

J’en ai un peu marre de ne pas comprendre ce qui se raconte et puis malgré toute l’affection que je porte à ma famille turque, j’ai besoin de m’isoler un peu. Je n’ai pas l’habitude d’avoir autant de gens autour de moi 24 H sur 24.

J’ai besoin d’un peu d’intimité, d’être seule avec moi-même et de faire ce que je préfère après les bisous : lire.

L’Homme me connaît bien et me laisse tout le temps dont j’ai besoin. Un amour ce mec !

D’habitude, tout le monde chez nous, va se coucher avant moi, ce qui me laisse du temps pour savourer ma solitude. Ici, je ne suis jamais vraiment seule…

Avec la fièvre et les douleurs, je n’ai pas vraiment pu bouquiner, aussi je me rattrape en me jetant sur mon livre comme un assoiffé sur un verre d’eau. Ca fait du bien !

Dès que je le peux, je passe mon temps sur le balcon du 2ème étage. Il y a de l’ombre, un petit vent, la possibilité de cloper sans risque, à boire et à manger à proximité (dans la cuisine attenante) et une relative tranquillité.

Océane joue sur sa DS ou s’occupe de son côté (non sans venir assez souvent me dérober un bisou. Elle est comme moi, elle se nourrit de bisous et elle est gourmande…lol !), pendant qu’Alex découvre doucement les joies de la liberté.

Comme tout le monde ici adore les enfants, il y a toujours quelqu’un pour s’en occuper. Tant mieux car ma mini crotte me lâche tout doucement, un peu plus chaque jour pour jouer avec sa cousine.

Je savoure cette liberté avec délice.

Bien entendu mon bébé koala préféré ne m’oublie pas ! Mais elle me colle moins et c’est un progrès dont je la félicite fièrement. Elle assure ma grande petite fille !

Le 1er soir, elle s’est mise à pleurer à grosses larmes parce qu’elle ne voulait pas dormir « ici ! Je veux dormir à notre maison ! ».

Il m’en a fallu du temps et de la patience pour lui expliquer le concept de « vacances » et réussir à l’endormir…Mais SuperMaman est dans la plaaace !

Ces vacances vont lui permettre de couper un peu le cordon  et c’est très bien.

 

Vers 2 H du mat, je me rends compte que je ne comprends pas un traître mot de ce que je suis en train de lire. Et pour cause, mes yeux se ferment d’eux-mêmes. Il est temps d’aller rejoindre les bras de Morphée, même si ce sont ceux de l’homme que je rêve d’avoir autour de moi…Pour ça, la Turquie c’est pas le pied !

J’espère pouvoir dormir plus de 3 H…

 

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 14:37

Lundi 12 juillet 2010

 

Ouf ! Ca va mieux ! J’ai encore le corps moulu et douloureux mais ma gorge est passée de la taille du ballon de foot à la balle de tennis. C’est mieux. C’est supportable.

Ma petite nièce, Ilayda, s’est couverte de boutons dans la nuit. Ce n’est pas un cadeau d’Alexane, ça ressemble plus à la « ravicelle » comme dirait ma mini crotte.

Teyse et l’Homme décident d’aller à Nazilli pour consulter un pédiatre avec les 2 cousines boutonneuses. Autant en profiter pour embarquer Chouchou qui a toujours autant de bourgeons dans le visage.

Comme je vais mieux, même si je tiens mal sur mes guibolles, je décide de me joindre à l’expédition médicale d’urgence.

Grand bien m’en fasse car ça me permet de découvrir une curiosité typiquement turque : le bus !

« Ben quoi ? Nous aussi on a « le bus ». Pas de quoi en faire un fromage ! » s’insurgent les lectrices de mon cœur. « cette Sandaï, elle en fait des tonnes pour tout ! »

Attendez les filles, le bus en Turquie ne ressemble à rien de ce que nous connaissons. C’est beaucoup plus floklorique, plus marrant.

Les Turcs appellent ça le « dolmuş » (dolmouche) et c’est une sorte de mini-van transformé pour le transport en commun…Selon les normes turques, pas européennes parce que les normes de sécurité sont drôlement sommaires…

Donc le dolmuş est une camionnette dans laquelle on a installé 14 fauteuils, genre fauteuil de car, et 2 banquettes. 15 personnes peuvent y tenir assises et autant d’enfants sur les genoux. Il y a 8 fenêtres de chaque côté qu’on ouvre largement pour faire des courants d’air et tenter de supporter l’effroyable chaleur…et les odeurs non moins effroyables…

Au max (j’ai testé pour vous) on peut entasser 30 personnes en plus du chauffeur et encore, je suis sûre qu’on peut faire mieux. A l’impossible, nul n’est tenu !

C’est d’ailleurs le but du chauffeur car plus il y a de monde dans son véhicule, plus il gagne de l’argent alors il se débrouille pour entasser un max de gens.

Celui que nous prenons est assez vieux et fait la navette de Bozdogan-Nazilli pour seulement 4 TL par adulte, 3 TL pour les écoliers et gratuit pour les enfants en bas-âge. Au prix dérisoire de la course, on comprend mieux pourquoi il bourre son dolmuş à en faire péter les essieux.

Quand on croit qu’il n’y a plus de place, que même une poule ne pourrait plus rentrer (car il y a parfois des poules…lol !), les Turcs nous prouvent notre erreur en se poussant encore un peu et vous savez quoi ? Purée ça rentre !

C’est folklo. Perso, j’adore !

 

Même si la distance est toujours la même (entre 30 et 40 km), la durée du trajet n’est jamais la même. Ca dépend entièrement du chauffeur et du dolmuş utilisé…Une fois, ça prend une demi-heure, la fois d’après, 1 heure…ça dépend de l’âge du véhicule. Certains sont assez vieux pour avoir connu la guerre…Celle de 14-18… Mdr !!

 

Il n’y a que 2 ou 3 arrêts de bus comme nous les connaissons.

Ici, quand on veut prendre un dolmuş, on lève bien haut le bras et on y grimpe quand il s’arrête. Car il s’arrête. Il a besoin des clients et donc s’immobilise au 1er signe de main levée.

Mais attention, pas question de prendre son temps pour y monter. Dès que la porte est ouverte, il faut se lancer et s’installer avant qu’il ne démarre…

Car il démarre comme une merde, à pleine vitesse, sans égard pour les pauvres clients que nous sommes.

 

En ville, le chauffeur s’arrête à toutes les intersections et klaxonne en braillant. Histoire de rameuter ceux qui traînent. Et ça fonctionne !

De gauche, de droite, de derrière, des gens accourent et montent presque en marche.

 

Une fois lancée sur la route défoncée, le but est de ne ralentir sous aucun prétexte…Et croyez moi ça fout les boules.

A chaque bosse, on s’envole. A chaque ornière, on atterrit violement. A chaque virage on s’écrase contre la vitre ou contre son voisin.

Pour la gamine que je suis au fond de moi, c’est super marrant. J’aime ces trajets pittoresques.

Avec toutes les fenêtres ouvertes, je profite de la relative fraîcheur tout en photographiant le paysage que je trouve superbe.

Nous nous cognons aux parois, au plafond une bonne paire de fois chacun et 45mn plus tard, nous arrivons à Nazilli.

Dans la ville même, nous prenons un autre dolmuş qui nous rapproche de notre destination. Nous venons de sortir du bus, il est déjà en train de repartir quand Alex se met à hurler en panique totale : « Mes lunettes !!! ».

Misère, elle a oublié ses lunettes de soleil sur la banquette.

Ni une, ni 2 Superpapa s’élance, arrête le dolmuş et récupère les lunettes fugueuses. Quel héros ce papa ! La classe !

Le regard admiratif de la puce est adorable. Son papa a sauvé ses lunettes. « Waouh ! T’es trop fort papa ! » Elle est fière de lui et moi aussi. C’est qu’il assure mon homme !

 

Il fait chaud, si chaud qu’on décide d’aller boire un coup en terrasse.

Des chaises en plastique, une aire de jeu brûlante et colorée, une table pour 5 et une superbe vue sur une non moins superbe fontaine : idéal !

Les filles se crament les fesses sur le toboggan pendant que nous papotons en sirotant une boisson bien fraîche.

C’est ça les vacances : savourer un moment de pur bonheur, sans contrainte, ni devoir. Je prends des photos et on repart.

 

Un peu de marche à pied et nous voilà arrivé à l’hôpital où se trouve le pédiatre.

A près avoir enregistré la raison de notre venue et les noms et prénoms des filles, nous traversons l’immense accueil et tournons à gauche.

Mon dieu le monde qu’il y a ! Tous ces gens sont malades ? Arghhh ! Au secours ! Fout le camp les microbes !

Les couloirs sont plein de gens qui éternuent, qui exposent leurs plaies et qui attendent dans un calme tout relatif. Car le Turc parle fort…fort et beaucoup !

 

On se faufile habilement en retenant notre respiration et nous voilà arrivés à destination.

Au-dessus de la porte du cabinet de pédiatrie, un écran plat affiche les noms des gamins enregistrés dans leur ordre d’arrivée. Normal !

Je suis émue (de façon complètement crétine) de voir les nom et prénom de notre fille s’afficher en rose.

Quand c’est au tour d’Ilayda, nous entrons tous. Le pédiatre n’a pas l’air étonné de nous voir entrer à 6 dans son minuscule cabinet.

L’auscultation ne prend que 10mn par gamine, le diagnostique guère plus et le pédiatre nous annonce calmement que :

1)     Ilayda a bien la « ravicelle ». Anti-staminique contre les démangeaisons, anti-fièvre et l’interdiction d’aller en plein soleil.

2)    Alexane a bien une infection qui semble venir de sa « ravicelle ». Apparemment, elle se serait grattée et aurait chopé une infection sur ses cuisses jolies. Comme elle n’écoute pas sa maman et rechigne à se laver les mains…c’est en se frottant le visage qu’elle a chopé l’infection autour de la bouche. Elémentaire mon cher Watson ! Ce n’est pas sans raison que nous répétons toujours les mêmes choses…et notre raison 1ère n’est certainement pas de pourrir la vie de nos chères têtes blondes (il semblerait que ce soit plutôt le contraire, non ?).

Si nos petits monstres écoutaient nos conseils dès la 2ème ou 3ème fois, bon nombre d’entre nous, pour ne pas dire toutes, serait enchantées, n’est-ce-pas les filles ? On s’est comprises…

 

L’Homme paye, attrape l’ordonnance et en moins de 2, nous sommes dehors.

Nous décidons d’aller faire un tour dans la ville.

Le problème est que le soleil tape avec une force incroyable et nos filles n’ont que de fines bretelles pour protéger leurs épaules des UV. Les miennes crâment déjà.

Si on ne veut pas être obligé de revenir à l’hosto pour soigner des cloques, il va falloir trouver des tee-shirts à manches courtes.

No problemo, ici les shop (boutiques) fleurissent dans toutes les rues et vont même jusqu’à investir les trottoirs.

Le shopping commence et 2 boutiques plus tard, nos filles portent fièrement de très jolis tee-shirts à manches courtes. Elles sont protégées et moi rassurée.

Des cloques sur les douces épaules de nos puces est une vision d’horreur que je refuse d’affronter.

Comme il est l’heure de déjeuner, nous allons sur une petite terrasse pour manger un bout. Sandwichs au poulet avec salade, oignons et tomates pour tout le monde, arrosé d’eau et d’ayran. C’est super bon !

En plus le service est impeccable. 4 mecs nous tournent autour et exaucent nos moindres vœux, souvent avant même qu’on ait pu les exprimer. C’est super agréable.

Pour finir ce bon repas, nous découvrons une spécialité culinaire typique de la région : le ker helevasI (ker élévaseuh ).

C’est un dessert à base de neige ou de glace et de jus très sucré de cerises griottes, appelé « vişne » (vichné).

L’Homme nous en avait déjà parlé et Teyse nous confirme qu’il s’agit d’eau qu’on fait couler dans un grand trou, dans les montagnes, que les Turcs récupèrent sous forme de neige gelée. Ensuite, ils la pillent et la mettent dans un verre. Par-dessus, ils font couler une bonne dose de ce « vişne » dont les filles raffolent. C’est super frais et « machement » bon, comme dirait Alex.

Il faut croquer les petites billes de glace et ça amuse beaucoup les filles. Moi par contre, je déguste…c’est super froid. Ben oui, crâne de piaf, c’est de la glace !!

Le ventre bien plein, nous repartons en ballade.

Comme Ilayda est fatiguée et qu’elle doit éviter le soleil (je me demande comment réussir un truc pareil ici…), Teyse décide de rentrer et part de son côté avec la gamine.

Il y a de très jolis parcs à visiter, sans oublier les magnifiques fontaines qui j’espère vont un peu nous rafraichir. Nous flânons un peu. 20 photos plus tard, nous sommes tous fatigués par cette écrasante chaleur.

Comme Alexouille veut faire « caca », nous entrons dans le 1er restau que nous voyons.

Après 5 bonnes minutes d’attente, c’est notre tour. Alexane est folle de joie à l’idée de se libérer…jusqu’à ce qu’elle voit les WC…Arghh ! Des WC turcs !

Outre le fait qu’il faudrait qu’elle fasse le grand écart pour viser le centre, ce trou dans le sol lui enlève tous ses moyens et je vois presque la crotte remonter le long de son intestin grêle.

« Je peux pas ! » Tu m’étonnes !

Il faut savoir que notre mini crotte est absolument incapable de faire ses besoins ailleurs que dans un WC européen. Accroupie, elle fait au mieux sur mes godasses, au pire dans sa culotte. Je le sais parce qu’on a déjà testé…Pas glop !

« Bon Chouchou, ou tu fais là ou tu attends qu’on soit à la maison.

- A la maison ! » C’est presque un cri.

- Ok mais on ne sera pas à Bozdogan avant 1 heure, voir 2

- C’est pas grave. Je retiens le caca. »

Ok. Je suis un peu fumante mais bon, que voulez-vous que je fasse ?

On repart direction le quai d’embarquement des dolmuş.

C’est loin, super loin et il faut marcher longtemps sous un soleil de plomb. Personne ne parle, tout le monde est perdu dans ses pensées.

Je dois me retenir de questionner l’Homme « C’est encore loin ? » comme le font les filles. Je sens bien que la moutarde lui monte au nez. On arrive enfin. Teyse et Ilayda sont là.

Sur les indications de sa tante, l’Homme chope sa fille et va au WC.

Nous autres montons dans le bus pour les attendre…sauf qu’à peine installées, le chauffeur ordonne la fermeture de la porte et démarre.

Malheur ! J’imagine déjà les cris de ma crevette.

Elle était déjà terrifiée pour une paire de lunettes, alors pour une maman et une grande sœur…qu’est ce que ça va faire ???

Cette gamine a une peur viscérale d’être abandonnée et panique dès que l’un de nous 3 s’éloigne d’elle. Quand elle va sortir des WC et voir qu’Océ et moi ne sommes plus là, son papa chéri va avoir bien du mal à la calmer…

Le chauffeur roule doucement, s’arrête à la sortie du parking pour enregistrer sa course et file dans le trafic dense de Nazilli.

Il s’arrête quelques centaines de mètres plus loin, au feu rouge.

Un coup d’œil en arrière, au cas où ?

Mais qui voilà ? L’Homme et la mini crotte !

Devant la panique de sa fille chérie, Superpapa a couru comme un fou et a réussi à nous rattraper. La classe Superpapa, t’assure comme un Dieu.

Il est dégoulinant de sueur, presque déshydraté mais heureux de la joie de son bébé. Ah c’est beau l’amour !

 

Et c’est parti pour une heure de route (le dolmuş est vieux à faire peur) pendant laquelle je repense à ma journée. Il y a une chose que je n’ai pas encore racontée, ce sont les regards que j’ai bouffé toute l’après-midi.

Je ne sais pas si c’était parce que je suis européenne ou blonde mais qu’est ce qu’on m’a regardée ! J’aimerais penser que c’est parce que je suis belle mais ce serait me mentir. Je me suis sentie comme un morceau de bidoche. Les hommes que j’ai croisés ne m’ont pas regardée, ils m’ont reluquée sous toutes les coutures. Je pouvais presque voir ce qu’ils avaient envie de me faire. Beurk !

Ces hommes sont des obsédés comme j’en ai rarement vu. Je me sens salie et je vous jure que je n’exagère pas.

Pourtant, avant le départ de France, j’avais pris soin de « turquiser » mes fringues, cousant des décolletés trop profonds, rajoutant des pièces de tissus aux endroits stratégiques à ne pas exposer…Tout ça histoire de rendre mes frusques moins sexy. Apparemment, mes séances « atelier couture » n’ont pas tenu leurs promesses…

Quant aux femmes que j’ai eu le malheur de croiser, 9 sur 10 m’ont balancé des regards à glacer le désert. Grandes, petites, belles, moches, jeunes, vieilles, la plupart m’ont toisée avec une arrogance incroyable. J’avais l’impression d’être une crotte séchée sur le bas-côté. Je suis plutôt cool et sympathoche mais au bout d’un moment ces regards insultants ont fini par me gonfler un chouïa.

Mal à l’aise par rapport aux hommes, énervée à cause des femmes, je commençais à voir rouge. De plus, le visage de l’Homme s’allongeait considérablement de minute en minute et je voyais le moment où il allait perdre son calme légendaire pour aller claquer quelques baffes aux mecs qui me bavaient dessus.

Certains regards étaient si clairement méchants que j’en ai eu le moral qui dégringolait dans mes baskets, oups, pardon, dans mes babouches…Turquie oblige !

Pour calmer l’Homme une seule solution, me calmer moi-même.

No problemo ! J’étais en vacances avec les êtres que j’aime le plus au monde, ce n’est ni une bande de branleurs, ni une meute de pétasses qui allaient me flinguer ma joie. Alors j’ai trouvé le truc infaillible : la vulgarité !

A chaque fois qu’un mec me reluquait, je bougonnais un « tronche de cake », « sac à merde », « face de vomi » ou mon préféré « pine d’huître », tout en gardant les yeux baissés pour ne pas l’allumer et les lèvres serrées pour qu’il ne se sente pas insulté.

Quelle plaisir de pouvoir insulter tous ces cons !

Les nanas avaient droit à « grosse poufiasse », « pétasse de mes 2 », « grognasse décérébrée » ou bien sûr « connasse de 1ère », insultes que je disais avec un sourire éclatant.

L’Homme m’a fait remarquer que certains Turcs, comme lui, comprennent et parlent le français…Et alors, si ça arrive, j’assumerai comme toujours !

Ce petit jeu m’a considérablement détendue et l’ambiance ne s’en est trouvée que meilleure. Insulter et rire sont les meilleurs remèdes au monde, après le sexe bien sûr…

Le paysage défile sous mes yeux fatigués et il a toujours le même impact sur moi. Ok, je me répète mais j’adore cette région. Je me sens bien ici, mises à part les réactions des autochtones bien sûr.

Je me dis que je pourrais vivre ici, si je n’avais plus d’attaches en Alsace bien sûr et vous savez quoi, ça fait super longtemps que je n’ai plus pensé une chose pareille. A vrai dire, plus depuis l’époque de mon adolescence rebelle où je rêvais de partir loin, très loin et pour toujours.

Ce vert pays me parle. Mes racines paysannes s’enchantent à la vue de ces champs à perte de vue. Tout me plaît, même les tracteurs surboostés qui filent largement à plus de 60 km à l’heure.

Le retour est agréable, je le savoure sans modération.

 

Après un bon repas que j’ai pour la 1ère fois honoré, et une bonne douche, Selda, Océ Ela et moi filons au cybercafé du coin.

En fait, il y en a 2. Dingue non ? 2 cybercafé dans un patelin perdu dans les collines. Moi ça m’épate !

Je m’installe, je clique et je clac comme une folle pour prendre connaissance de mes mails. Ensuite, je vous écris une petite bafouille sur mon blog.

On m’offre à boire et même une assiette de morceaux de pastèque bien juteuse.

Au bout de 2 H, je ferme tout et suis l’Homme qui va payer. 2 TL. Quoi ???

2 TL ? Mais ça fait 1 € ! Et oui, c’est le tarif ici.

Je me demande comment ils arrivent à gagner leur vie avec des prix pareils.

50 cts d’euro pour 1 H d’internet ! Incroyable mais vrai !

Surtout qu’ils sont 3 à bosser là-dedans !

 

Autre truc turc incroyablement pas cher (essayez voir de répéter « truc turc » 10 fois d’affilé, très vite…on dirait le bruit d’un train…lol !) : les cartes téléphoniques. Elles sont de 50 crédits pour…3 TL 50, soit 1 € 75…Ca fait plus d’une demi-heure de communication sur un téléphone fixe !

Un truc turc de malade ! Encore cette même question : comment font-ils pour vivre avec un business pareil ??

C’est une différence de culture qui m’interpelle et m(intrigue. De quoi combler mes insomnies !

Mes 2 H d’internet éclusées, l’Homme et moi rentrons à la maison familiale et passons une bien agréable soirée.

 

Vers 22 H 30, heure locale soit 21 H 30 en France), nous avons tous embarqué dans le dolmuş familial qui appartient au cousin Mehmet et destination le village d’Emir où habitent DaI et sa famille.

Je vais enfin pourvoir faire la connaissance de Yenge que je n’ai fait qu’entre apercevoir le jour de mon arrivée.

Sur les photos, elle sourit tout le temps et j’ai de hâte de voir elle sourit aussi facilement dans la vie qu’à l’écran ou sur papier glacé.

 

Waouh ! Je n'ai pas vu le temps passer...

Il est 7 H du mat et j’ai transcrit mon récit sur le pc toute la nuit.

Je suis sur les rotules !

Promis, je m’y remets bien vite…Bonne nuit !

 

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 03:59

Dimanche 11 juillet 2010-08-05

 

2ème nuit de « glaglagla », 2ème réveil frissonnant et douloureux.

A vrai dire, ça va un peu mieux mais si c’est loin d’être la grande forme.

Mes nouvelles amies, les courbatures-girls, m’empêchent vicieusement de remuer trop vite et mon mini matelas de torture m’a réduit le dos en compote fine.

Je ressemble à une vieille chose toute crispée et toute tordue.

J’ai beau avoir l’air plus jeune (il paraît…certains vont même jusqu’à me donner 10 ans de moins mais je les soupçonne de me flatter pour obtenir quelque chose…), mon corps approche de ses 41 ans, à n’en pas douter.

Mon dos, lui, me semble avoir 100 ans.

On pourrait croire que la couche de gras dont je suis généreusement et uniformément pourvue amortirait tout et fournirait comme un second matelas bien moelleux…Que nenni !!

C’est une légende aussi fausse que celle qui affirme que « pincer le gras ne fait pas mal ». Ceux et celles qui en ont le savent…Hein que ça fait super mal ?

Passons.

Pourquoi je vous parle tout à coup de mes rondeurs ? Parce que j’ai mal au dos.

Vous ne voyez pas le rapport ? C’est normal, j’écris à voix haute et comme j’ai le cerveau qui travaille à plein régime c’est parfois dur de me suivre. Je développe.

Les amas graisseux (ça ressemble à un gros mot non ?) qui s’agglutinent un peu partout sur mon corps n’ont absolument pas formé la couche protectrice et moelleuse qu’on pourrait penser. J’ai très clairement senti chaque plaque de carrelage, chaque joint et chaque grain de sable présent sur le sol. La princesse au petit pois peut aller se rhabiller !

Habituée à un lit composé d’un sommier à lattes et d’un matelas de 30 cm de ressorts souples, j’ai passé une très mauvaise nuit, encore pire que la précédente.

La fièvre est un peu tombée et j’ai eu moins froid. C’est déjà ça !

Par contre l’inconfort de ma literie m’a obligée à me tourner, me retourner sans jamais trouver LA bonne position, celle qui m’aurait permis de dormir. Dormir à même le sol ce n’est vraiment plus de mon âge ! Mes lombaires sont en bouillie.

C’est bien simple, depuis mon réveil, je suis bloquée et souffre le martyre à chaque pas.

Allez, soyez sympa, plaignez moi un peu…

Du coup, fracassée et fatiguée, je suis d’assez méchante humeur avec un humour proche du zéro absolu.

Un vrai régal pour l’Homme qui comprend bien vite d’où vient le vent et préfère me laisser grogner dans mon coin. Grande preuve d’intelligence de sa part.

Après 2h pleines de « ronronron » dans ma barbe, je me fustige mentalement : « Allez Sandaï, arrête de pleurnicher, avale 2 médocs et souffre en silence ! »

Quand je me parle comme ça, en général, je m’écoute…

 

2 gélules, un grand verre d’eau (elle est vraiment délicieuse cette eau !) et une demi-heure plus tard, le soulagement est enfin au rendez-vous.

Aaaaaah ça fait du bien !

Vive les Di-Antalvic !

Que le grand Dieu « Pharmaceutic » en soit mille fois remercié !

 

« Oh il fait mal aux oreilles ! Mamon pourquoi le monsieur y crie tout le temps ? »

Alexane parle du crieur, celui qui appelle à la prière…5 fois par jour. A chaque fois, elle se bouche les oreilles en râlant. Je tente vainement de lui expliquer le concept mais rien n’y fait. Elle trouve ça « nul » et me dit d’un ton sans appel : « En plus, on comprend même pas ce qu’il dit ! »

Ca c’est bien vrai ! Même les Turcs ne comprennent pas car il parle en arabe.

Et de conclure avec les yeux au ciel  « C’est n’importe quoi ! » avant d’aller jouer avec sa cousine Ilayda.

Avec sa frimousse toute plissée de mécontentement et ses airs de grande, elle est tordante.

 

A moitié dans le coltard et gisant comme une larve sur mon canapé en bois (sisi en bois…lol !), j’en profite pour observer tout ce qui m’entoure et analyser ce que j’ai appris de la Turquie.

Ok, ça ne représente pas encore grand-chose puisque je viens d’arriver mais comme je ne peux pas faire grand-chose d’autre, alors autant vous faire profiter de mes observations.

 

1er constat : il y a des tapis partout ! Mes chattes se régaleraient à se faire les griffes sur ces beaux tapis chatoyants et Ambre (la plus vieille) ne saurait plus où pisser de joie car elle a la fâcheuse habitude de marquer son territoire à tout va, d’où l’absence de tapis dans notre appart.

 

2ème constat : ils partagent tout. Pendant le repas, personne n’a d’assiette personnelle, tout le monde pioche partout. Généralement, il n’y a qu’un seul verre qui passe de main en lèvre. Ca peut choquer certains mais moi ça ne me dérange pas. La notion de propriété est assez vague, sauf pour les enfants qui défendent leur bien à force cris et pleurs… Ca c’est super lourd !

 

3ème constat : le mobilier n’a pas tout à fait les fonctions que chez nous. Il n’y a, par exemple, qu’une seule table dans tout l’appart et elle sert uniquement à poser des trucs dessus. Je comprends mieux à présent pourquoi l’Homme a la si mauvaise habitude de poser ses clés, son mobil et tout ce qui traîne dans ses poches sur la table du salon… Habitude qui m’horripile même si j’en connais maintenant la signification.

On ne mange à table que lorsqu’il n’y a plus de place parterre ou qu’on a mal quelque part. Les chaises, quant à elles, servent à se reposer en-dehors des repas quand il n’y a plus de place sur les canapés. Même les anciens s’assoient à terre pour manger. Pauvre Nene (néné) qui à 80 ans passés met un bon quart d’heure à se relever en poussant des gémissements à fendre l’âme. Pourtant, pour rien au monde, elle ne voudrait prendre ses repas assise à table, sur une chaise. Bizarre !

 

4ème constat : ici les enfants sont rois.

Tous les parents de la terre aiment leurs enfants mais dans cette famille et apparemment dans cette culture, les enfants ont le droit de tout faire, ou presque. Quand ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent, ils hurlent, se roulent par terre, tapent leurs aînés et j’ai bien du mal à rester stoïque devant ce déchaînement de décibels.

Pour eux, c’est le paradis !

Ils peuvent courir, jouer, manger, faire tout ce qui leur passe par la tête sans jamais se faire enguirlander.

Leur activité favorite semble être les cris. A chaque fois que l’envie ou le besoin s‘en fait sentir, ils hurlent, crient, braillent, aboient sans jamais déclencher la colère des adultes qui les entourent.

Anne, Baba, Teyse et Nene se laissent taper, tirer les cheveux et martyriser avec une patience, un calme et parfois même une fierté que je ne comprends pas.

Pendant les 20 jours que j’ai passé avec eux, je ne les ai jamais entendu crier avec les enfants. La folie !

Ma propre éducation ne m’a pas préparée à ça et c’est d’une main douce mais ferme que je tiens mes filles.

Ok, c’est les vacances, on lâche du mou mais pas au point d’oublier les règles élémentaires de politesse et de respect. Faut pas déconner !

L’Homme est totalement du même avis et nous ne nous gênons pour remettre nos filles à leur place quand elles exagèrent et ce malgré les regards douloureux d’Anne et de Teyse. C’est fou de voir le changement entre la maman qui claquait à tour de bras ses enfants et la grand-mère qui ne supporte pas qu’on élève la voix avec ses petits-enfants.

Au début, pour ne pas trop chagriner les grands-mères, on leur disait : « Tu es punie car tu t’es mal comportée. Va dans ta chambre et reste y jusqu’à ce que tu sois calmée » mais très vite nous avons décidé de ne plus gaspiller notre précieuse et trop rare salive et c’est l’Homme qui a trouvé la formule raccourcie : « Dégage ! ».

Comment tout exprimer en 6 lettres ? « Dégage ! » appuyé d’un doigt furieux au bout d’un bras tendu. C’est court et ça fonctionne super bien. Une trouvaille ce mot.

C’est un mot que nous avons si souvent utilisé que Yenge, Gülin et Melike l’ont retenu. En tout et pour tout, elles connaissent 3 mots : « Salut » « Ca va ? » et… « Dégage ». Elles ont même cru qu’il s’agissait d’une formule de politesse…

Oups ! La boulette ! Je les imagine bien aller en France et dire à la 1ère personne qu’elles rencontrent : « Salut. Ca va ? Dégage ! » Qu’est ce qu’on a pu en rire…

 

Donc les gamines qui nous entourent (même les nôtres) se transforment en pestes, en mini tyrans et nous brisent les oreilles pour ne pas dire autre chose.

C’est super chiant et stressant.

Du coup, nous fumons beaucoup plus pour nous calmer et pour éviter d’en arriver aux mains. Autant vous dire que les jours de grands vents, l’énervement des crevettes est si grand, qu’un paquet de clopes n’y suffit pas !

 

J’observe les gamines se comporter comme des chieuses en puissance et je me demande vraiment comment ces mioches hurlantes et tyranniques peuvent se transformer en jeunes femmes serviables et obéissantes, du genre que je vois autour de moi.

Une transformation aussi radicale est presque impossible et pourtant toutes les jeunes filles de plus de 10 ans que j’ai croisées sont délicieusement adorables, alors que leurs petites sœurs se roulent parterre dans la rue et hurlent de toutes la force de leurs poumons.

A quel moment ça change ? Comment font les mamans turques ? Ont-elles un truc, les Turques ? Si oui, pitié, qu’on me mette dans la confidence !!! Un tel secret vaut une petite fortune…

Bref, ici tout tourne autour de la famille avec les enfants au centre de tout.

C’est parfois déstabilisant mais j’apprends beaucoup, sur eux, sur les filles et sur moi. Immobilité forcée = introspection obligée. Et j’en passe des heures à cogiter…je n’ai que ça à faire…

 

5ème constat : malgré les 2-3 litres d’eau que j’ingurgite par jour, je ne vais presque jamais au WC, pas plus de 2 fois par jour.

A Strasbourg, quand je bois un verre d’eau, j’urine environ 2L à peine une demi-heure plus tard. 2 verres d’eau et je suis presque obligée de faire un sitting dans les waters.

« Mais pourquoi ? » me direz-vous

Parce que je sue ! Pas juste un peu, de temps en temps. Non, je sue sans arrêt par tous les pores de ma peau. Les 3 L d’eau que je bois me coulent le long du dos, entre les cuisses et sous les bras sans discontinuer. J’ai l’impression d’être une éponge et je m’étonne de ne pas faire « ploutch ploutch » à chaque pas.

C’est un peu comme quand j’allais au hammam, je dégouline. Sauf que là, ça ne s’arrête jamais.

Comme j’ai pour habitude de voir le verre à moitié plein (plutôt qu’à moitié vide), je me réjouis en pensant à la merveilleuse peau douce que j’aurai à la fin des vacances… Faut se consoler comme on peut.

Donc je ne fais que boire et suer.

Enfin non, j’exagère, je fais autre chose…j’agonise dans la chaleur et la douleur et ça me prend un temps fou…lol !

 

Pendant que je gis comme une vieille chaussette humide sur mon canapé trop dur, l’Homme décide d’emmener Alexane chez le docteur gratuit du village.

Ben oui, elle a ramené de France des boutons qui éclosent comme des bourgeons au printemps. Elle en a sur l’intérieur des cuisses et tout autour de la bouche. J’avoue que c’est super moche ! La pauvre puce, elle en est presque défigurée !

3h plus tard (ben oui c’est gratuit alors il y a un monde fou), il revient avec des anti-bio et une crème anti-bio car la chouchou à sa maman a une infection. Pourquoi ? Comment ? Aucune idée, le médecin n’a pas vraiment eu le temps de s’expliquer…

Je sais, les anti-biotiques, c’est pas automatique, moi aussi j’ai une télé, sauf que là c’est d’origine bactérienne alors on peut. On verra bien si le traitement fonctionne…

Heureusement, Océane et l’Homme se portent bien. Ouf ! 2 malades sur 4 c’est largement suffisant.

Ma grande Louloute s’ennuie un peu mais comme elle géniale, elle ne se plaint pas trop et participe aux activités de la maisonnée.

Elle joue aussi les gardes malades et je la soupçonne de prendre son pied à m’obliger de boire les éféralgan que je déteste. Beurk ! Quel goût infâme ! Je vois bien dans ses beaux yeux malicieux qu’elle se réjouit de pouvoir se venger de tous les médocs que je l’ai déjà obligée à prendre par le passé. « Fais pas l’innocente ma fille. J’ai eu ton âge et pour ton malheur…je me souviens… » Mdr !!

 

La journée s’étire lentement mais chaudement.

Quand la nuit tombe enfin, ma fièvre aussi.

Tout le monde est aux petits soins pour moi et toute cette attention me fait du bien… Je la savoure sans scrupule et sans aucune modération ! Hum c’est bon !

Il ne me reste plus qu’à dormir…en espérant que ce soit possible cette nuit car je suis sur les rotules.

A demain pour la suite…

 

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