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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 15:09

 

 C'est presque fini...encore 3 pages et vous pourrez lire le mot FIN...

 

 

 

«  Mon mari veut faire exécuter ce jeune homme innocent ? Pourquoi ?

Sa seule faute est d’être tombé amoureux de notre chère Aimée et de vouloir la rendre heureuse. C’est cet affreux Duc qui lui embrouille l’esprit et le pousse à être aussi intransigeant.

Je n’avais jamais vu Aimée si joyeuse, si rayonnante.

Que m’importe qui est ce jeune homme ? Il a le pouvoir de la rendre heureuse et je dois tout faire pour le sauver.

Sans l’intervention magique de sa grand-mère, jamais ma délicieuse fille n’aurait vu le jour. Elle m’a sauvé la vie en m’offrant la possibilité d’être mère, je peux enfin lui rendre la pareille en protégeant son petit fils. »

Comme toute femme de Bigirs ou d’ailleurs, une fois sa décision prise, elle passa aussitôt à l’action. Elle fila rejoindre sa fille dans sa chambre, lui raconta tout et ensemble, elles discutèrent pour échafauder un plan susceptible de sauver le prince Mime.

Malheureusement, le vil Iropèn était revenu de sa visite aux cachots et se livrait à son occupation favorite : l’espionnage.

Caché derrière la porte de la chambre, il entendit tout de la discussion des deux femmes et se fit une joie de déjouer leur plan en annonçant le complot au roi.

Celui-ci, fou de colère d’avoir été trahi, les arrêta avant qu’elles aient pu quitter le château et ordonna que le prisonnier fût amené et exécuté sur le champ.

Sourd aux supplications et aux larmes de son épouse et de sa fille bien aimées, il fit emmener le jeune prince abattu sur la grande place de la ville.

Il fit mander le bourreau, armé de son immense hache, et ordonna aux Héraults royaux de sonner les trompettes pour avertir la population de Bigirs.

Aveuglé par la colère que l’infâme Iropèn avait attisée, le roi ne prêta aucune attention aux pleurs des femmes et à la tristesse du prince Mime.

Par petits groupes, les Bigirssiens affluaient de toutes parts, prêts à la curée.

Comme il d’usage de faire dans tous les royaumes connus, le roi permit au jeune homme d’exposer son dernier souhait.

Le jeune prince regarda sa douce Aimée, la foule rassemblée puis demanda humblement :

- Sire, mon plus cher désir était d’épouser votre chère fille. Comme ce vœu ne se réalisera jamais, je vous supplie de me laisser lui adresser quelques mots. »

Le ton douloureux et la mine franche du jeune prince réussit à toucher le cœur du roi et il lui donna son accord d’un bref hochement de tête.

Mime se tourna vers l’amour de sa vie et déclara dans un souffle :

- Ma douce princesse, ce jour est mon dernier mais je le bénis car il m’a permis de vous connaître et de vous avouer mes tendres sentiments. »

Tout en parlant, ses mains dessinaient de sensuelles arabesques, son visage exprimait les émotions des mots qu’il employait.

Le plus naturellement du monde, sa langue maternelle, l’èlèssèf, rehaussait la beauté des mots bigirssiens qui coulaient de sa bouche.

Il bomba le torse, parcourut la foule de son regard doux mais fier et continua :

- Je suis le Prince Mime, fils du Roi Signe, petit-fils de la Reine Dèf, l’ancienne souveraine de votre beau pays. »

A l’énoncé de ce prénom interdit depuis si longtemps, plusieurs protestations jaillirent de bouches pincées de colère.

«- Depuis trop longtemps, les Bigirssiens et les Nohirssiens sont injustement séparés. Les nôtres sont arrachés à leurs familles : la mère doit quitter son enfant ; le père doit abandonner son fils ; l’épouse est exilée ; les frères sont séparés.

Et pour quelle raison ? Pour une sombre et invraisemblable histoire de malédiction auriculaire ?

Ne sommes-nous pas humains, comme vous ? Ne vivons-nous pas, ne mangeons-nous pas, n’aimons-nous pas, tout comme vous ?

Oui, c’est vrai, beaucoup d’entre nous ont de magnifiques mais inutiles oreilles. Est-ce donc un crime ? L’avons-nous décidé ? Non ! C’est la grande Oreille Cosmique qui a décidé cela pour nous.

Nous, nous avons appris à vivre avec cette particularité que vous nommez « handicap » « tare » ou « infirmité ». Nos autres sens se sont affinés pour pallier à ce manque qui nous vaut votre rejet, pire, votre haine. Nous avons créé notre propre langue, l’èlèssèf, qui nous permet de communiquer comme des humains et non comme des animaux comme vous vous plaisez à le croire.

Nous ne souffrons pas du manque d’audition, nous mourons de votre manque de respect.

Sur notre île, la vie est douce et nous vivons heureux, en harmonie. Notre vie ne tourne pas autour de nos oreilles mais de notre esprit et de notre cœur.

Notre but n’est pas d’avoir les plus belles, les plus parfaites oreilles mais de créer le plus beau, le plus parfait des mondes.

Un monde où chacun peut y vivre en paix. Un monde fait de tolérance, d’égalité, de fraternité, de liberté et de solidarité. Un monde où la différence n’est plus un malheur, une tare mais au contraire une richesse, une chance, un atout. »

Il se tourna vers la princesse et lui dit doucement :

- Chère Aimée, j’aurais tant voulu vous faire visiter mon monde, vous présenter les miens et vous apprendre que l’on peut être sourd ET heureux. »

Il tourna une dernière fois vers la foule maintenant silencieuse et annonça :

- Ce jour est le dernier de ma courte vie et mon seul regret est de n’avoir pas su comment faire pour que nos mondes se rejoignent et s’unissent. »

Sur ce, il s’agenouilla, posa sa tête sur le billot et planta son beau regard doux dans les yeux plein de larmes de son aimée.

 

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commentaires

Kaity vernis-sages 06/07/2010 17:50



Bravo Sandy ; bisous ++++ Cathy/Kaity



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