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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 04:14

La suite tant attendue...c'est juste là !

 

Mercredi 15 juillet 2010

 

J’ai peu dormi mais je m’en fiche. Ca fait plus de 20 ans que je rêve d’aller à Pamukkale alors c’est pas une mauvaise nuit, même dans une chaleur étouffante avec un taux d’humidité proche des 100%, qui va me plomber ma journée.

Tout le monde semble aller mieux, c’est décidé, on y va !

Youpiii ! J’ai envie de sauter dans tous les sens comme un cabri tant ma joie est grande…sauf que mon dos n’y survivrait pas, alors j’évite.

Petit déj, douche, tenue décontractée (pas trop sexy pour ne pas affoler les autochtones…lol !), casquette, lunettes noires, ravitaillement en eau et en cochonneries à grignoter…tout est prêt ! Paré au décollage mon capitaine !

Selda, Gülin et Hayrullah (son futur mari) se joignent à nous.

2 voitures : une petite Fiat toute neuve et toute propre, celle d’Hayrrullah et celle de DayI, la fameuse Tofaş qui nous a conduit d’Izmir jusqu’à Bozdoğan (un miracle toujours inexpliqué à ce jour…Quand je pense qu’il y en a qui doutent de l’existence de Dieu ! Le Vatican devrait fournir une Tofaş à tous les incroyants du monde…ça remplirait leurs églises…mdr !).

Ah Pamukkale : splendeur nacrée d’un blanc immaculé…perdu au bout d’environ 150 kms de routes cabossées à avaler sous une canicule typiquement turque…Que du bonheur !

Il faut recharger la Tofaş et donner à boire à la Fiat. On s’arrête à une station essence et tout le monde passe aux toilettes, histoire de ne pas à avoir à s’arrêter toutes les demi-heures. Ca fait 5 bonnes minutes que Selda, les filles et moi attendons devant la porte « Bayan » (bayane c'est-à-dire « madame ») quand elle s’ouvre enfin. 1, 2, 3,4 et 5 personnes s’y trouvent. Genre la maman, la sœur, les filles et la cousine. Une personne de plus et on pouvait jouer aux 7 familles…mdr ! La plus âgée et les 2 plus jeunes sortent et avant qu’on puisse dire ou faire quoique ce soit, la porte se referme sur les 2 dernières. Ok ! On va attendre…Pas glop parce que la mini crotte a une envie pressante et que la vue du WC semble l’avoir boostée… Une petite prière pour qu’elle puisse se retenir encore un peu car je n’ai pas prévu de rechange pour fuites.

5 mn passent encore et enfin la porte s’ouvre à nouveau. Heureusement pour Chouchou qui croise les jambes et sautille sur place, elles sortent toutes les 2. Ouf ! Ni une, ni 2, on se jette toutes les 4 dans les WC. Ben quoi, « En Turquie, on fait comme les Turcs » c’est bien connu. Nous, on s’adapte, c’est notre plus grande force ici…lol !

Alex est prioritaire car elle ne tiendra certainement pas une minute de plus, puis vient le tour d’Océ, pendant que Selda regarde ailleurs et que je ramasse du bout des doigts les papiers qui traînent un peu partout. Beurk ! C’est dégueu !

A croire que les nanas avant nous ont fait une bataille de pq ou ont voulu refaire la pub lotus ! Les filles ont lavé leurs mains, elles peuvent sortir car ni Selda, ni moi n’avons envie de partager le moment pipi avec qui que ce soit. C’est quand même super perso. Il y a une limite à l’adaptation, non ?

On y passe, chacune notre tour et on retourne aux voitures.

Assez lambiné, on fait le plein et avanti !

 

L’Homme roule vite et bien. Les filles dévorent des yeux tout ce qu’elles voient et moi je profite du paysage sans être malade. Car depuis que je suis en Turquie, je ne souffre plus du mal des transports aussi violemment qu’avant.

Ouvrez la parenthèse scientifique :

Savez-vous pourquoi certaines personnes, comme moi par exemple, sont malades en voiture ? Je l’ai appris en regardant « C’est pas sorcier » sur France 3. C’est du au conflit entre ce que l’œil voit et ce que l’oreille ressent.

En voiture, le petit escargot (appelé « cochlée ») qui est situé derrière le tympan est plein d’un liquide qui permet de percevoir les vibrations et les mouvements de la voiture. Du coup, il envoie au cerveau le message suivant : « Eh mec, ça bouge. On se déplace. ».

L’œil, qui est souvent rivé sur une carte ou sur l’intérieur de la voiture, envoie le message inverse : « N’importe quoi ! On ne bouge pas, je le vois bien ! ».

Face à 2 messages aussi contradictoires, le cerveau s’énerve et envoie des nausées pour calmer tout le monde et indiquer que c’est le bordel.

Or, en Turquie, j’ai le regard rivé sur le magnifique paysage que je traverse et du coup mes yeux et mes oreilles sont du même avis…donc pas de nausées et ça fait un bien fou !!

Fermez la parenthèse.

Donc, je profite du panorama sans me soucier de rien.

C’est un moment de détente, malgré les « glang », les « clac » et les « bip » bizarres que fait la « kartal » (modèle « aigle »).

Je me détends si bien que je finis par m’endormir.

D’une caresse sur le bras, l’Homme me réveille pour pointer son doigt vers la gauche en disant : « Regarde ! ».

Que je regarde quoi ? Ce truc blanc là de la taille d’une petite patate ? D’ailleurs c’est quoi cette masse blanche au beau milieu des collines ?

- Pamukkale ! »

Waouh ! Incroyable ! Ca fait comme une tâche dans le paysage, comme une motte de neige à flanc de colline. C’est drôlement bizarre parce que ça a l’air assez peu étendu…Normal, on est à une vingtaine de bornes, voir plus.

Je pousse le zoom à fond et j’essaye de faire une photo potable de cette étrange petite marque blanche.

La route est pourrie, la voiture aussi mais malgré les secousses j’arrive à cliquer juste au bon moment. C’est impressionnant !

On prend une route à gauche qui se transforme très vite en chemin de gravier…Oulala ! On va où là ?

Apparemment la route est encore en construction. La Fiat passe assez facilement mais la Tofaş râle et tousse. Oups ! Une panne ici et c’est la galère totale. Non, la voiture est robuste et travailleuse, elle continue sans flancher.

Au bout de quelques centaines de mètres, on se trouve à une intersection avec…avec ? Une autoroute ! Vrai, je vous jure. Au bout du chemin de gravier, il y a une autoroute. Elle a l’air aussi peu finie que le chemin que nous venons de quitter et il n’y a qu’une seule voiture qui nous passe sous le nez. L’Homme est hilare. Il est déjà venu ici, il a l’habitude, lui. Moi, je suis muette de surprise.

On prend à gauche et au bout de 10mn, nous dépassons le site de Pamukkale. Au moment où je le fais remarquer à l’Homme, la Fiat devant nous freine et met le clignotant à gauche. Hayrullah a du se faire la même réflexion que nous : on s’est trompé de route, il faut faire demi-tour.

Chez nous, en France, il faudrait attendre la prochaine sortie, revenir sur ses pas et reprendre l’autoroute. Ici, no problemo !

Hayrullah déboîte vers la gauche, profite d’un trou dans le terre-plein central encore en construction et rejoint l’autre sens de circulation de l’autoroute.

L’Homme, lui, arrêté la Tofaş sur le bord de l’autoroute, la bande d’arrêts d’urgence chez nous et écarquille les yeux de stupeur. Le silence est total dans la voiture puis l’Homme sourit et s’engage sur l’autoroute pour faire pareil.

Moi j’ai remarqué des ruines sur la droite, alors je les photographie, pas plus traumatisée que ça. Ca ne se fait pas en France, mais là on est en Turquie, alors…on fait pareil ! Ils sont quand même spéciaux les Turcs…Adorables mais spéciaux…

On reprend la route, la bonne cette fois-ci, et la tâche blanche s’élargit de plus en plus jusqu’à devenir immense, juste en face de nous. De loin, on dirait que la route fonce droit dessus. En fait, elle tourne et se poursuit vers la droite mais de loin l’effet d’optique est saisissant.

Pamukkale ! Ce que j’en vois me ravit. C’est superbement beau ! C’est magnifique ! C’est blanc comme neige ! C’est éclatant de blancheur et presque rafraîchissant dans la chaleur étouffante.

2h de route, sous un soleil de plomb, avec un air brûlant qui nous assèche la gorge, ce n’est pas trop payé pour voir ça !

En arrière-plan, les roches calcaires ressemblent à un glacier. Au 1er plan, il y a des arbres, de la pelouse, des escaliers en terrasses où une eau limpide et transparente d’un vert nacré coule doucement. Sur la droite, il y a un petit lac, genre gravière de Reichstett, avec une fontaine en son centre. Des oies et autres volatiles bruyants s’y ébattent en criant.

C’est beau et apaisant. La fontaine donne une impression (mais alors juste une impression !) de fraîcheur.

Quand j’arrive à m’extraire de la voiture de la mort qui tue, le soleil me frappe de toute sa force. Purée qu’il fait chaud ! Un vrai four. On est en plein cagnard et je crève de chaud. J’en ai même la tête qui tourne tellement c’st intense.

Le soleil tape dur, très dur sur ma peau crémée et ma visière profondément vissée sur mon front. Il n’y a pas un souffle de vent…Pas glop !

Je redoute la longue montée pour enfin découvrir le site de mes rêves. Ca va pas être coton ! Je pense à mes filles, surtout à Alex qui est aussi fragile et chochotte que moi et je soupire d’avance.

J’admire ce paysage magnifique et c’est comme un avant-goût de la superbe excursion que nous allons faire.

Je chope l’appareil photo et telle la Sandyrazzi de base que je suis, je mitraille tout ce que l’objectif aperçoit.

Il est 11h du mat, le soleil est presque à son zénith et bon sang que ça tape !

La montée va être rude, mon corps proteste déjà. D’instinct, je profite de la moindre tâche d’ombre pour me protéger.

Des litres d’eau salée s’écroulent de mes pores dilatés et font « pschitt » en touchant terre. Je suis peut-être une fausse blonde mais je suis une « peau claire » tout ce qu’il y a de naturel…lol ! J’ai la très désagréable impression que ma peau sèche à vu d’œil et se craquelle comme la terre aride d’un désert. C’est une expérience incroyable et passablement déplaisante.

Malgré la beauté du site fabuleux que j’ai sous les yeux et l’envie que j’ai de le visiter, mon corps se rebelle en m’envoyant une bordée de vives palpitations.

Mon cœur bat encore plus fort que lors du 1er baiser de l’Homme (c’est pas peu dire !) et j’ai les jambes en coton.

Un pas, 2, 5, 10 et…je m’arrête à mi-chemin de la guérite où l’on vend les billets pour l’ascension, autant dire que je n’ai même pas fait un 10èime  du chemin prévu. Purée je me décompose sur pied. Mon cœur n’en finit plus de s’affoler et commence à me faire mal.

Je lève les yeux vers le sommet de Pamukkale et malgré mes lunettes de soleil, indice au moins cinquante douze, tout ce blanc m’éblouit.

L’eau de mon corps se précipite vers ma peau et je sue tant que j’ai peur de voir une flaque de ma précieuse eau à mes pieds. Pas moyen, elle s’évapore en un rien de temps !

Ah, si seulement on pouvait suer du gras ! Une demi-heure dans cette fournaise et je pourrais à nouveau mettre mon plantureux fessier dans un petit 38… Ben quoi, c’est pas interdit de rêver, non ?

Toujours est-il que mon rêve de patauger dans ces sublimes piscines naturelles vole en éclats. Je renonce au projet de grimper tout là-haut avec beaucoup de peine mais sans aucune larme…C’est normal, je n’ai plus assez de liquide pour ça !

Merde, mon corps, cette fantastique machine bien huilée me lâche !

Je ne peux pas monter ces misérables 2 bornes qui me tiennent éloignée du sommet tant convoité de Pamukkale. Fait chier !

Je tente un nouvel essai sur quelques pas mais mon cœur s’emballe de plus belle pendant que mon pauvre cerveau déshydraté m’ordonne de me mettre à l’ombre au plus vite. Et il insiste lourdement le bougre !

Bon ça va ! Ok j’y vais ! Je vais aller me coller le luc sur une chaise, à l’abri de la terrasse d’en face, laissant les « jeunes » profiter de la vue que je rêve de savourer depuis si longtemps.

Je pousse l’Homme et Océ à continuer. Ils me raconteront.

Alexane, tel le bébé koala que tous connaissent, se scotche à moi et nous rebroussons chemin vers la sécurité de l’ombre d’une terrasse de café pour touristes.

Je commande un coca, un fanta citron et une bouteille d’eau glacée pour nous réhydrater et après quelques gorgées, mon cœur se calme enfin.

Commence alors une longue et ennuyeuse attente.

La chaleur est asphyxiante et il n’y a rien d’autre à faire que mater les passants. Je n’ai pas jugé utile de ramener un bouquin pour moi, ni un jeu pour Alexouille, alors on regarde autour de nous et on se moque gentiment pour passer le temps.

Mais l’hilarité déclenchée par la façon étrange et comique dont les touristes, principalement des Anglais, passe vite, trop vite. Au bout d’une demi-heure, ce n’est même plus marrant de critiquer la rougeur de leur peau.

Alors dépitée, je jette mon dévolu sur une boutique de souvenirs accolée au restaurant où nous sommes. On y vend de tout pour rien. Enfin tout est relatif…Pour moi, c’est rien mais je sais que pour l’Homme c’est toujours trop.

 

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