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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 16:56

Mardi 14 juillet 2010-08-11

 

Une fois de plus (c’est comme ça chaque matin depuis notre arrivée), Alex m’a réveillée à 6 h du mat en disant, à l’agonie : « Mamon, j’ai soif. Je crois je vais mourir ! »

Elle a bu son verre, puis est allée se recoucher, l’air de rien. Espèce d’adorable chieuse ! Heureusement pour moi, je suis trop fatiguée pour ne pas me rendormir. 4 H de sommeil, c’est vraiment trop peu, même pour moi.

Je me retourne sur mon matelas de fortune, je ferme les yeux et en avant pour le reste de ma nuit !

Quand je me réveille, vers 10 H, il fait chaud, déjà trop chaud, bien trop chaud pour une petite balade au marché hebdomadaire du village.

On tente tout de même une sortie du côté du marché maraicher pour faire le plein de fruits et de légumes.

On y retrouve Yenge qui vend des tous petits piments boule vert clair qui n’ont l’air de rien mais qui arrachent la gueule en 2 temps 3 mouvements.

C’est bien simple, il me suffit de les regarder pour que mes yeux se mettent à pleurer…lol ! Alors les goûter ? C’est hors de question ! Pas folle la guêpe !

 

Yenge est là, assise sur un mini tabouret (en réalité il s’agit d’un simple morceau de bois), attifée de vieilles fringues taillées dans un tissus aux motifs improbable et immettable, genre rideau psychédélique des années 70 mais en plus moche. Pourtant sur elle, ce n’est plus aussi moche, c’est…pittoresque.

Elle est le portrait vivant de la paysanne turque dans toute sa splendeur et je suis super fière qu’elle me serre dans ses bras et m’embrasse devant tout le monde.

Surtout que pour arriver jusqu’à elle, j’ai du affronter un nombre incroyable de regards hostiles et vicieux. Ben ouais, on est dans un patelin, au cœur d’une région paysanne. Autant dire que des blondes avec autant de classe, ça ne leur arrive pas souvent d’en voir…

Dans cette ambiance de merde, son sourire lumineux m’accueille avec simplicité et fait remonter mon moral en flèche. Bien mieux que les gros mots que je grogne depuis qu’on a quitté la maison familiale.

A ce propos, Océane est littéralement choquée de m’entendre dire autant de gros mots…Ben oui, c’est les vacances alors je me lâche ! Ca n’arrive qu’une fois par an, au mieux, alors autant en profiter, non ? On reprendra les bonnes habitudes de retour à Strasbourg. Alexane, elle, n’en perd pas une miette…au cas où…Lol ! Elle a à peine 4 ans et se révèle déjà rusée comme sa mère. On est pas sortis de l’auberge !!

 

Dans les bras de Yenge, entourée d’Anne, de Baba et de l’Homme, je jette des coups d’œil fiers autour de moi.

Je veux que tout le monde sache que la blondasse n’est pas qu’une simple touriste mais surtout un membre de cette merveilleuse famille. Ouais, je frime et alors ? J’en ai le droit !

Anne a mis ses lunettes noires de star et les petits diamants brillent de mille feux. Je suis très fière d’elle. L’Homme marche avec le torse bombé et toise tout le monde, écrasant les nuisibles de sa fabuleuse présence. Nos filles sont superbes et attirent tous les regards. Pauvre Chouchou, elle se fait pincer les joues toutes les 2 mn par des inconnus et elle déteste ça !

Que voulez-vous, les Turcs adorent les enfants et cette petite fille à la peau blanche et aux cheveux clairs, à demi turque, les attire et les charme.

Une notoriété qu’Alexane supporte assez mal.

 

Le marché aux fruits et légumes est recouvert d’une bâche en tissus sur toute sa surface. Du coup, il y règne une chaleur d’enfer. C’est étouffant et oppressant.

Nous préférons laisser les parents finir leurs emplettes et nous rentrons à la maison.

 

Bien sûr, Teyze est en train de ranger !

Elle est marrante ! Contrairement à Anne qui est douce et tranquille, sa sœur aînée est une pile électrique, toujours vive et active. Elle doit souffrir d’une « bouge tout le temps » aigue.

Elle cuisine, range, fait le ménage pratiquement en permanence.

Elle parle fort, fume comme un pompier, rit fort et travaille sans arrêt. Rien qu’à la regarder, je suis fatiguée rien qu’à l’idée de toute l’énergie qu’elle dépense. Je transpire même à sa place, c’est dire…lol !

Elle me fait étrangement penser à ma Tata Line, malheureusement disparue. Elle a la même énergie, la même générosité débordante, la même tendresse bourrue et le même plaisir à nous voir manger les bons petits plats qu’elle nous prépare avec amour.

Son trait de caractère le plus marrant c’est sa jalousie…

Quand j’embrasse Anne (avec à chaque fois un petit pincement au cœur en pensant à ma maman qui adore mes bisous), Teyze râle si j’oublie de l’embrasser aussi.

Malheur à moi si j’embrasse l’une et oublie l’autre !! Lol !

 

Dans le sillage de Teyze, sa belle-fille Selda (la sœur de l’Homme qui est tout naturellement devenue la mienne) essaye de la suivre.

Je l’adore ! J’aime tout en elle : sa gentillesse, sa manie de me pincer à tout va, de me taquiner et par-dessus tout, j’adore son humour ironique et caustique. On papote, on rit, on se chamaille et grâce à elle, je découvre chaque jour le plaisir d’avoir une petite sœur à qui je peux me confier et qui m’aime comme je suis.

Les moments que je passe avec elle sont précieux et si chers à mon cœur.

En ce moment, elle n’en mène pas large car elle ne se sent pas en super forme. J’ai peur de lui avoir refilé mes microbes à elle aussi. La pauvre puce ! Si c’est le cas, elle va en baver… Partager mes microbes n’est pourtant pas mon activité favorite.

La faim grogne dans tous les estomacs et comme tout le monde est rentré, on passe à table.

Océane ne se sent pas très bien. Elle est très fatiguée et je la trouve blanche comme un linge. D’une main sur son front, je vérifie qu’elle n’a pas de fièvre, tout va bien de ce côté-là. C’est peut-être un simple coup de fatigue.

Il faut dire que nous bougeons pas mal la journée et elle se couche super tard le soir. Son rythme habituel de sommeil en est complètement chamboulé.

Quand Yenge, Gülin, Melike (qui va un peu mieux), Selda et moi décidons d’aller au marché pour acheter des fringues et des conneries (bref pour aller claquer du fric) ma Louloute me dit qu’elle est crevée et qu’elle préfère rester à la maison.

Alors ça c’est bizarre ! Si ma fille refuse d’aller acheter des trucs avec notre argent (elle n’apprécie pas des masses de dépenser SON argent…lol !), c’est qu’elle ne va pas bien.

Je lui propose de rester avec elle mais elle me répond que ce n’est pas nécessaire. Elle voudrait bouquiner tranquillement dans un coin. Quand j’insiste, elle secoue vigoureusement la tête et me pousse vers la porte.

Perso, je ne suis pas en meilleur état mais le shopping est mon activité préférée. Pas question de louper les bonnes occas du marché ! Bon je culpabilise quand même de la laisser seule.

L’homme en profite pour m’annoncer qu’il reste avec la puce (en réalité je sais qu’il déteste le shopping) et ça m’arrange. Sans lui, ce sera forcément plus détendu.

Je me sens plus libre de « jeter par les fenêtres » l’argent si durement économisé. Ras le bol de la culpabilité du « purée j’ai à nouveau trop claqué » !

 

Les filles dans mon sillage, Alexouille scotchée à ma main, nous déambulons entre les étals.

Nous avons attendu qu’il fasse moins chaud, enfin, moins chaud, tout est relatif. Il ne fait pas plus de 5°C de moins que ce matin. La différence n’est pas énorme mais on la sent dans l’air, enfin j’essaye de m’en convaincre…

 

J’achète une paire de tongs roses avec des petits miroirs collés dessus pour la mini crotte (3 TL soit 150) qui lui font briller les yeux.

Elle les aime tant qu’elle refuse d’essayer quoique se soit d’autre. Il a fallu que je lui promette de ne pas les rendre au « monsieur » pour qu’elle accepte d’essayer une paire de sandalettes.

Pour ma grande fille, je trouve une paire de baskets d’enfer : des jaguars.

Je ne suis pas pour les marques et encore moins les contrefaçons (avec ma chance, je risque de me faire toper à la douane…). Alors là, c’est une sacrée aubaine !

Elles sont blanches, noires et dorées avec une semelle Adiddas, une virgule Nike sur le dessus et un dessin qui ressemble à s’y méprendre à un puma. Le mélange est bizarre mais marrant. 3 marques connues au lieu d’une pour 30 TL (15€), ça vaut le coup et surtout ça me fait marrer car c’est tellement turc comme attitude. J’adore ce pays et j’adore ces gens !

 

Je me balade, je dépense de l’argent et ça me fait du bien.

Pour moi, je ne trouve rien alors je pense aux autres : des beaux verres pour Anne, des grattoirs à poêle pour Teyze, des tasses pour Gülin, des jeux pour les pitchounes, des barrettes, des chouchous, des tee-shirts à volants pour Selda. J’aime faire des cadeaux et vu les prix qu’ils pratiquent ici, j’ai vraiment l’impression de faire des affaires.

Et j’ai acheté des claquettes blanches pour Yenge.

Elle a passé bien 10 mn à les scruter, les essayer, les retourner dans ses mains pour finalement les reposer sur l’étal. Ni une, ni 2, je fonce chez le marchand et lui explique discrètement qu’il doit les mettre de côté car je les veux.

Apparemment je ne suis pas assez discrète car je me fais capter par Yenge qui me dit qu’elles sont blanches et que ce n’est pas pratique.

- Pratique ? Mais on s’en fout. Elles sont belles et elles te vont bien. Le reste importe peu. » Elle résiste.

- Yenge, le blanc, ça fait « chic ». Prends-les. Tu as le droit de t’acheter des claquettes juste pour le plaisir (surtout qu’elles sont à 5TL soit 2E50). »

Le plaisir ? C’est un concept abstrait qui ne semble pas appartenir à son vocabulaire. Je vois bien qu’elle va les prendre pour ME faire plaisir. C’est débile ! C’est à elle que je veux faire plaisir, pas le contraire. Alors je ruse et lui dis :

- Yenge, prends-les et comme ça tu penseras à moi à chaque fois que tu les mettras. »

Sa réponse fuse et je la comprends avant même que Selda ne me la traduise :

- Je n’ai pas besoin d’une paire de claquettes pour penser à toi ! »

Je le savais déjà mais ça fait du bien de se l’entendre dire.

Allez, trêve de négociations stériles. Je vais chez le mec, je paye, j’embarque l’objet du conflit amical et lui offre sans autre forme de procès. On va pas y passer la journée !

 

Comme d’habitude, il fait chaud. En plus ça fait 2 H que nous marchons dans les rues en pente raide de Bozdoğan. J’ai soif !

On s’achète une énième bouteille d’eau fraîche (c’est fou le fric qu’on peu dépenser en bouteilles d’eau ici. Un vrai budjet !) et on s’offre une glace, la glace de la région : kar helvasI (neige + jus de griottes). C’est froid et c’est bon.

Les jeunes hommes du stand (3 mecs tous assez jeunes pour avoir du lait qui leur sort du nez si on appuie dessus), n’ont probablement jamais vu de femme si on s’en réfère aux regards ébahis qu’ils me lancent sans arrêt.

L’un d’eux est littéralement bloqué sur moi, la bouche entrouverte. Pour un peu, il se mettrait à baver.

Bien sûr, je fais tout comme l’Homme m’a dit, je baisse les yeux, je ne souris pas pour ne surtout pas lui donner des idées. Ca me gonfle et je me dépêche de manger ma glace pour qu’on puisse filer d’ici au plus vite.

Au bout de 10 bonnes minutes de matage sans aucune discrétion, Monsieur « je vois une blonde pour la 1ère fois » ose enfin demander à Selda d’où je viens.

- De Mars, connard ! » est la réponse que je rêve de lui donner mais je suis dans le village de ma famille turque. Pas question d’attirer l’attention et la honte sur moi !

- De France. » C’est plus gentil mais moins marrant. Et là, leurs visages s’éclairent. Waouh de France ! Ouais, la patrie de la liberté, la fraternité et l’égalité.

Hé, faudrait pas oublier que c’est surtout la patrie qui a Sarko comme président. Plutôt rédhibitoire comme info, non ? Apparemment la seule chose dont il a entendu parler ce sont « les p’tites femmes de Paris » et ça le fait rêver…

« Hé Selda, j’ai fini ma glace, on peut se casser. On y va ? »

Je ne la laisse même pas répondre. On se lève et on disparaît aussi vite qu’un mec après le 1er rapport sexuel…à grande vitesse !

Je trouve encore de jolis foulards à offrir à toutes les femmes géniales qui m’entourent, sans oublier de choisir le plus beau pour la meilleure de toutes : ma maman !

Côté fringue pour moi, rien ne me tente vraiment et quand je trouve enfin une robe qui ferait mon bonheur, elle est taillée pour une femme qui fait la moitié de moi et est aussi transparente qu’une nuisette sexy.

Côté sandalettes, c’est pas mieux. La plupart des Turques que j’ai croisé ont des pieds au moins aussi larges que moi, si ce n’est plus. Pourtant, les étals sont plein de tongs pour racho des pieds. Je suis sûre que même Océane, qui pourtant les pieds très fins, aurait du mal à rentrer plus de 3 orteils.

Bien entendu quand je trouve babouche à mon pied, elles sont horribles, du genre que les mémères de 80 ans trouvent à leur goût… Trop moches !

Tout semble être fait pour des minettes pré-pubères et rien pour les femmes, les vraies qui ont du ventre, des seins et des fesses. Des femmes comme moi quoi ! Ca me fout les boules et je décide de rentrer. Fait chier quoi !

 

L’Homme n’est pas là. Il est parti avec Océane chez le docteur gratuit du village. Elle ne se sentait pas bien et comme elle n’a pas encore ce qu’il faut pour résister à son beau-papa chéri, elle n’a pas pu y échapper.

Du coup, tout le plaisir des emplettes s’envole. Ma pauvre puce est malade et je n’étais pas à ses côtés ! Je culpabilise à mort.

Maintenant qu’Alex va mieux, c’est Océ qui s’y colle.

J’attends le retour de mon grand bébé avec impatience.

 

Quand elle arrive, elle m’apprend qu’elle a chopé… ? Une angine bien sûr ! Antidouleurs, antibio, pastilles pour la gorge, elle prend tous ses médicaments avec sérieux car nous avons prévu de visiter Pamukkale demain et elle veut être de la partie. C’est fou comme ça fonctionne mieux quand la motivation est là…

Elle mange bien et se porte un peu mieux après. Du coup, elle décide de nous accompagner au parc pour « prendre l’air » comme elle dit.

« Prendre l’air », ça sous-entend une certaine fraîcheur et c’est une denrée rare depuis que nous sommes arrivés ici. Il faudrait plutôt dire « je vais prendre le chaud dehors », c’est plus explicite.

Anne, Baba, les filles, L’Homme et moi allons donc au parc à une centaine de mètres de la maison.

C’est un très joli parc vert et aéré. Il y a des chaises, des tables et une télé grand écran qui diffuse un match de foot. Super du foot ! Ca faisait longtemps…

Tout au bout, il y a une chouette aire de jeux avec des balançoires, un toboggan et des instruments de torture, genre salle de muscu. C’est bizarre. J’ai testé une sorte de steppeur super coloré et je ne me suis pas éclatée des masses.

Océane est avec sa sœur et elles attendent patiemment leur tour aux balançoires. C’est une attitude européenne que j’approuve fièrement. Sauf qu’ici, on n’est pas en Europe. Les habitudes et la culture sont totalement différentes.

No problemo !

Mon ado de chic et de choc comprend bien vite la façon de faire et saute sur une balançoire qui vient de se libérer avant quiconque.

Elle a décidé que sa petite sœur ferait de la balançoire et qui, ni personne ne la fera changer d’avis. Tel un bodygard, elle se tient raide derrière Alex et la pousse. Son visage exprime bien ce qu’elle fera à, quiconque s’approchera de trop près de sa frangine…

 

Je la rejoins dans l’intention de lui faire remarquer que d’autres enfants attendent leur tour mais elle ne me laisse même pas ouvrir la bouche, se dresse face à moi et me dit avec un air de défi :

- Maman, on a attendu notre tour presque 20 mn. Alex veut faire de la balançoire et elle va en faire. Et si quelqu’un essaye de lui piquer sa place, je lui casse la tête ! »

Je n’aime pas la violence mais force m’est de constater qu’elle a raison. Je le lui dis et je vois bien que ma remarque la touche. Elle a bien pris 10 cm de plus et ses pieds ne touchent presque plus terre.

Je la félicite et l’embrasse. Je suis fière de ma grande fille ! Elle assure à mort ! C’est ma fiiille !!

Comme elles se débrouillent très bien sans moi, je retourne à table.

 

Là, je découvre la glace vanille façon turque : super bonne ! Un vrai délice !

C’est tellement bon que je le dis en turc au jeune serveur : « Hum ! Cok güzel !  (très bon !)»

Malheur ! Le gamin me regarde et bugge (lire beugue) !

Il reste plusieurs secondes à me mater en souriant bêtement. Enfin, il retrouve l’usage de ses membres et retourne à son travail.

L’Homme m’explique qu’il ne faut jamais, au grand jamais que je regarde un homme dans les yeux et pire que je le félicite.

Je suis une femme voyons ! Ben ouais et alors ? Apparemment ça déclencherait une réaction chimique de durcissement du manche.

Holala que c’est compliqué tout ça !

Je promets de rester sagement assise avec les yeux baissés.

Ils commencent à me gonfler grave les Turcs avec leurs idées mal placées !

Alex et Océ arrivent et la petite me pique ma glace. M’en fous, j’ai plus envie.

 

Teyze nous a rejoint avec Ilayda et Ela, sa petite sœur. Tournée de glace pour tout le monde.

Ilayda est un amour de nénette et je m’entends super bien avec elle. Il faut dire qu’elle m’écoute et m’obéit sans aucune difficulté, même mieux que mes filles.

Un seul froncement de sourcil suffit à lui rappeler qui je suis et comment on s’adresse aux adultes, avec respect.

Sa petite sœur de presque 2 ans par contre, c’est une autre paire de manches.

J’adore cette gamine mais elle un problème : elle a un caractère de cochon et hurle bien trop souvent pour la santé de mes oreilles.

Dès qu’on lui dit « non », elle se met à pousser des cris qui me vrillent le crâne.

Je l’aime beaucoup cette petite, vraiment, mais cette attitude a le don de me mettre hors de moi. Je ne suis clairement pas, la gentille tata gâteau qui accepte tout de sa nièce. Loin de là ! Moi quand elle me gonfle, je fais pareil qu’avec mes filles : je tends le bras droit, index rigide, fronce les sourcils, fais les gros yeux et dis sur un ton qui n’admet aucune réplique :« Dégage ! ».

 

Ce n’est pas le grand amour entre nous car je suis celle qui lui résiste le plus.

La 1ère fois (et la dernière c’est sûr !) qu’elle a levé la main sur moi, la mienne a fait un arc de cercle pour venir claquer sur sa couche. Depuis, je ne suis plus vraiment en odeur de sainteté.

Je n’ai jamais accepté ces manières de mes filles chéries, je ne l’accepterai par plus d’une nièce, aussi mimi soit-elle.

Faut pas pousser mémé dans les orties !

Pile au moment où j’ai cette pensée (parce qu’Ela vient de pousser un hurlement de rage particulièrement strident), Alexane décide de tester mes limites en se mettant à hurler elle aussi parce qu’elle veut retourner sur sa foutue balançoire en plastoc qui pue.

La réponse est immédiate et sans équivoque : une tape sur les fesses accompagnée d’un « Tu arrêtes ça tout de suite ! ». Pour plus de sécurité, je répète mon ordre en LSF. L’Homme me soutient à 100% et lui en colle une 2ème pour appuyer mes dires.

Pauvre puce ! Le test n’est vraiment pas concluant. Et non, nous ne nous laissons pas faire ma fille ! Bien essayé mais totalement inutile.

 

Teyse par contre se laisse faire avec une patience infinie.

Ela voit un chaton errant plein de puces et tout racho. Comme il me fait pitié, je lui donne un peu de glace et bien sûr il vient me coller en miaulant à fendre l’âme.

Oups ! Je ne le pensais pas aussi affamé…

Bien sûr, la petite veut le caresser et comme sa grand-mère lui refuse ce plaisir (franchement je la comprends, il est vraiment crasseux. Beurk !), elle lui chope les cheveux et tire jusqu’à en avoir une touffe dans la main.

J’hallucine !

Je suis assise à moins d’un mètre et je n’ai qu’une envie, attraper cette gamine, la coller sur mes genoux et lui mettre 2-3 claques sur la couche, histoire de lui apprendre la vie.

Le pire c’est la réaction de Teyse : elle ne crie pas, ne fronce les sourcils et semble même fière que sa petite fille ait autant de caractère.

Anne et Baba se bidonnent. Ils trouvent ça marrant.

J’ai l’impression d’être dans la 4ème dimension.

L’Homme est aussi choqué que moi et je sens clairement son énervement monter. Il est tout crispé.

Je crois que c’est l’heure de rentrer, il est tard.

L’Homme doit penser la même chose car il donne très vite le signal de départ et nous rentrons bien énervés.

 

Nous les jeunes, on se retire dans notre QG (le balcon de la cuisine) dès les gamines couchées.

Je raconte l’histoire du chaton à Selda et elle a la même réaction que nous.

Sauf qu’elle ne peut rien faire sans que sa mère et sa belle-mère se liguent contre elle, interviennent et sapent totalement son autorité.

A sa place, j’aurais déjà mis les choses au clair, les points sur les « i » ou les pendules à l’heure, c’est comme vous voulez…Je vous laisse rayer la mention inutile.

Mais Selda est plus douce, plus calme que moi et elle est turque. Elle a été élevée dans l’idée que les enfants sont à tout le monde et qu’il faut obéir à ses parents, toujours ! Alors se rebeller n’est pas facile.

L’homme et moi, prenons toujours sa défense mais nous ne sommes pas toujours là. Avec une sorte de rage au cœur, l’’Homme et Selda me racontent leur enfance et les baffes qu’ils prenaient au moindre mot de travers et je vois bien qu’ils ne comprennent pas plus que moi pourquoi des parents si sévères sont devenus des grands-parents si laxistes.

No coment !

 

Pour détendre l’atmosphère et penser à autre chose, l’Homme et sa sœur commencent à se chamailler, à se chercher pour finir par se battre gentiment.

Moi, je suis comme la Suisse : neutre.

Tout se passe bien et nous rigolons jusqu’au moment où Selda se tord le pouce droit. Jeux de main, jeux de vilain ! C’est bien connu.

L’Homme est gentil mais un peu bourrin sur les bords quand il « joue ». Moi je sais alors j’évite de jouer « à la bagarre » avec lui mais sa sœur semble avoir oublié ce détail…Pas glop ! Elle a « mâchement » mal (comme dit Alex). Pamukkale semble s’éloigner mais c’est Selda qui compte.

Comme l’eau froide, ni chaude d’ailleurs, ne lui fait pas de bien, elle décide de tester la recette de grand-mère de Teyse : un cataplasme d’oignons.

Je ne sais pas si ça fonctionne pour les foulures mais pour déboucher les sinus et les canaux lacrymaux c’est d’enfer ! Bon sang que ça pue ! Une infection !

Comme l’ambiance est plombée par la souffrance de la poulette, on se sépare rapidement et au lit !

 

Enfin, les autres vont se coucher, moi j’ai de la lecture en retard à rattraper.

Je bouquine dans le calme de la nuit, à peine troublé par les bruits des rongeurs qui cherchent à manger et du coq qui vit dans la cour.

 

A ce propos, ce coq est un crétin fini. C’est un coq de combat et à mon avis les coups qu’il a pris ont du lui endommager le peu de cervelle qu’il avait. Au lieu de chanter à 5 H du mat, au lever du soleil, il braille à 17 H. Sa poulette et ses petits sont tout aussi crétins. Ca doit être de famille.

Ils vivent tous les 6 dans la cour en béton, juste sous les balcons, qui est entourée d’un mur haut d’au moins 1m50. Je parie qu’ils n’ont jamais vu le moindre brin d’herbe et ne savent pas ce qu’est un ver de terre. A la fin des repas, ils reçoivent les restes que Teyse leur balance dans un grand « splatch ».

En plus, ils sont vicieux et cruels car ils passent le plus clair de leur temps à martyriser le plus jeune. Pauvre bête, elle hurle à longueur de journée !

Mehmet, leur propriétaire refuse d’intervenir, arguant que c’est la loi de la nature et du plus fort qui prime.

Moi, j’aide régulièrement la nature en balançant des trucs à la tête hideuse du mâle dominant. Un jour, je l’aurais cette affreuse bestiole. Si seulement je savais viser !

 

Bon, il est vraiment tard et une longue journée nous attend demain. Je prends une bonne douche froide et je rejoins les filles dans la pièce surchauffée du fond.

Purée !! Dans cette chambre, l’air de la nuit qui entre par la fenêtre est aussi chaud que celui qui sort d’un four allumé.

En 30 secondes, je suis en nage. Le réconfort de la douche aura été bien court.

Je dormirais bien sur le balcon mais l’homme m’a dit qu’il n’y a plus de matelas.

Je le soupçonne de me dire ça parce qu’il ne veut pas que les voisins puissent me reluquer dans mon sommeil… Bon c’est vrai que mon tee-shirt a tendance à glisser et laisser mes seins prendre l’air…mais bon, la chaleur est telle que je suis prête à les laisser en exposition si ça peut me permettre de dormir « au frais ».

Mon royaume pour de l’air frais, un climatiseur ou une petite place dans un congelo !

Bon sang, c’est infernal comme il fait chaud !

Je ne sais même pas si je vais réussir à dormir dans cette moiteur tropicale…

Je vais essayer. A demain !

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