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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 17:34

Et ça continue...

 

La traversée se fit dans le plus grand silence et sans encombre. Le garde, dépêché par le roi, accosta, saisit le frêle corps de la jeune femme et la posa délicatement sur la plage.

Alors qu’elle posait le pied sur cette terre qu’elle n’aurait pensé fouler un jour, elle frissonna d’appréhension. Le garde lui proposa de l’accompagner mais elle refusa. Elle était décidée à rencontrer la sorcière de ses cauchemars et prête à affronter mille dangers et mille horreurs dans le seul but d’avoir un enfant à elle. Tremblante et courageuse, elle se dirigea vers une espèce de grand ponton en bois où  se pressaient des gens, prête à devoir batailler pour obtenir audience auprès de la sorcière Dèf.

 

Quelle ne fut pas sa surprise quand un petit groupe de Nohirs souriants  s’approcha d’elle et l’accueillit avec gentillesse !

L’un deux, un grand jeune homme charmant et très avenant s’approcha d’elle, lui sourit et lui dit :

- Bonjour, je m’appelle Signe et je vous souhaite la bienvenue sur notre belle île. »

Oui, il s’agissait bien du prince Signe, fils aimé de l’ancienne reine de Bigirs.

La vie simple et tranquille des Nohirs sur leur île ne s’embarrassait pas de protocole, de ronds de jambe et de courbettes généralement réservés à la famille royale.

Car avant d’être prince, Signe était un jeune homme que tous aimaient et respectaient pour son engagement au sein de la communauté et pour sa légendaire gentillesse qui lui venait de sa mère.

 

De leur propre volonté, les yeux de la reine Eustacha s’étaient rivés sur les mains du jeune homme. En même temps que les mots coulaient de sa bouche, ses mains s’agitaient, volaient en tous sens et dansaient en rythme. Ses yeux, ses sourcils, sa bouche, son visage tout entier bougeait de concert et exprimait une joie sincère.

C’était la 1ère fois que la jeune femme comprenait aussi bien les émotions de quelqu’un. Le visage si expressif de Signe était comme un livre ouvert et ses mains accompagnaient ses paroles de charmante façon.

Abasourdie par un accueil d’une telle simplicité et d’une telle chaleur, elle ne posa aucune question et le suivit pour la « visite de notre belle île » qu’il lui proposait de faire.

Ils marchèrent sur une plage de sable presque blanc, aussi fin de la farine et aussi doux. Ils traversèrent un charmant petit bois frais, plein de petites clairières ensoleillées. Ils foulèrent l’herbe haute et grasse d’une immense prairie verdoyante où paissaient des vaches, des moutons et même ça et là quelques chevaux. Après avoir longé un ruisseau glacé et des champs admirables de symétrie, ils s’arrêtèrent dans une charmante petite auberge et prirent une collation faite de l’eau glacé et pure du torrent, de fromage, de pain frais et de délicieux fruits gorgés de soleil. La reine Eustacha savoura tout jusqu’à la dernière bouchée, remerciant l’aubergiste et Signe avec un timide mais radieux sourire.

Ils reprirent la route et tout en marchant tranquillement, Signe parla de son île chérie, raconta l’histoire de ce petit bout de paradis que les Nohirs avaient investi avec respect.

Tout en parlant, ses mains continuaient à danser et à voltiger en tous sens. Elles volaient, mimaient et exprimaient avec force et beauté ce que les mots ne suffisaient pas à dire.

Enfin, ils arrivèrent devant les portes dorées d’une grande ville.

Au moment de passer le seuil des énormes doubles portes dorées, la reine Eustacha se rappela la raison de sa venue et dit ses tous 1ers mots :

«  - Je souhaite rencontrer la sorcière Dèf, s’il vous plaît Messire Signe. »

Tout ce qu’elle avait vu l’avait enthousiasmée mais elle ne pouvait pas perdre de vue l’objet de sa visite.

Le jeune homme fronça ses sourcils et lui demanda doucement :

- Pourquoi gente Dame ?

- Je…J’aimerais…Il faut que…Oh mille excuses mais je ne peux pas vous en parler. Je dois voir la sorcière Dèf…de toute urgence. Je vous en prie. »

Au ton désespéré de sa voix et à l’expression douloureuse de son visage, le jeune homme comprit qu’elle avait un besoin urgent de voir sa mère.

Il la rassura d’une pression de la main et la conduisit vers la maison royale.

Point de palais majestueux. Juste une maison blanche, comme toutes les autres, avec de joyeux volets parme.

Ils entrèrent dans le vestibule et un valet les annonça puis les fit entrer dans le boudoir préféré de la reine.

La reine Eustacha avait préparé un texte qu’elle avait longuement répété mais lorsqu’elle planta son regard dans les doux yeux bleus de la reine, elle perdit tous ses moyens et oublia tout ce qu’elle voulait dire.

Les années d’attente, les espoirs déçus, l’envie de plus en plus forte d’avoir un enfant et la peur d’en être privée à jamais, tout revint en force et le chagrin et l’angoisse brisèrent le fragile barrage de la jeune femme : elle fondit en larmes.

La reine Dèfe était avant tout une mère et une femme pleine d’amour et de compassion. Aussi, prit-elle la jeune femme dans ses bras pour la consoler.

Une fois les larmes taries, elle parla.

Soutenue et tendrement enlacée, la douce reine Eustacha se livra et raconta sa triste histoire et la raison de sa venue. Elle ne cacha rien, ni d’où elle venait, ni qui elle était et supplia la bonne sorcière de l’aider.

La reine Dèf prit alors une petite fiole violette et lui dit :

 

 

 

 

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