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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 00:22

La suite ???? Vous voulez la suite ? Ok !  La voici...

 

Le prince Eustache aimait tant sa princesse qu’il refusa d’accepter son handicap. Il refusait même de le voir. Si bien qu’il l’épousa comme prévu et vécu avec elle comme si rien n’était jamais arrivé.

De son côté, la princesse Dèf, qui était une jeune femme battante et positive, commença à s’habituer à son nouvel état, à sa nouvelle vie. Elle apprit à lire sur les lèvres et à interpréter les expressions faciales de ses interlocuteurs.

Elle était si charmante que certains Nohirs vinrent en cachette lui apprendre leur langue. Comme ils n’entendaient pas et qu’ils avaient comme tout un chacun besoin de communiquer, ils avaient inventé un langage non parlé qu’ils appelèrent la « èlèssèf ». C’était un savant et très beau mélange de mouvements des mains, des doigts, du visage et du corps tout entier. Les Nohirs mimaient ce qu’ils voulaient dire et faisaient moult signes avec leurs mains habiles. Ils nommaient cela : signer. Grâce à cette langue sensuelle et expressive, les Nohirs pouvaient communiquer malgré leur surdité.

Avec l’atout de cette merveilleuse langue, la reine Dèf commença une nouvelle vie.

Le jour, elle était la reine de Bigirs : elle lisait sur les lèvres, déchiffrait les expressions, lisait des contes aux enfants et discutait de tout, avec chacun. Sa charmante voix ravissait la Cour toute entière quand elle chantait. Elle se souvenait des chansons dont elle régalait son cher Eustache et malgré son problème d’audition, chantait toujours comme un rossignol. On aurait dit un ange !

La nuit, elle rejoignait ses amis Nohirs et avait avec ses mains de longues et passionnantes discussions.

Tout aurait pu continuer ainsi pour toujours, si la jeune reine n’avait pas eu un si bon cœur.

Car si, malgré son handicap, elle avait une vie dorée, elle voyait bien que pour ses amis, il en allait autrement. Leurs vies étaient bien difficiles car ils étaient en bute à l’intolérance, l’incompréhension et la cruauté de certains.

Partout, les Nohirs étaient traités, au pire avec une injuste méchanceté, au mieux avec une intolérable pitié.

Lorsqu’un Nohirs naissait dans une famille, c’était un grand malheur car l’enfant était arraché à sa mère dès le handicap découvert et allait vivre au sein d’une famille Nohirs d’adoption. Que cette séparation était donc cruelle !

Il arrivait parfois, trop peu souvent, que la mère ou le père de l’enfant le suive de plein gré dans son exil.

Quand un Bigirssien ou une Bigirssienne perdait l’ouïe dans un accident ou suite à une maladie, il ou elle était immédiatement chassé de son travail, de sa maison, de sa famille et n’avait d’autre choix que de rejoindre les Nohirs qui habitaient en dehors des villes. Quelque soit la position sociale, le métier ou l’âge, toute personne non entendante devait quitter la communauté des Bigirssiens sans délai.

Pour subsister, le comptable devenait palefrenier, le contremaître acceptait un travail de simple ouvrier, la gouvernante était obligée de faire des ménages. Seuls les très riches étaient à l’abri tant que la surdité n’était pas criée sur les toits. Partout et depuis toujours, l’argent octroie des droits et entretient une bien injuste frontière entre les hommes…

 

Cette attitude vous choque certainement autant que moi…mais dans ce merveilleux pays de Bigirs cela était on ne peut plus normal. Avoir de grandes oreilles inutiles, aussi magnifiques soient-elles, était une impossible imperfection, pire, une véritable malédiction.

Dans ce royaume, comme dans beaucoup d’autres de part le vaste monde, la perfection, la pureté de la race était une fin en soi et tout ce qui ne répondait pas aux normes en vigueur devait être fermement écarté.

La reine Dèfe était consciente de tout cela car elle était bonne et intelligente.

Sa surdité lui avait permis de mieux comprendre les Nohirs et de la rendre plus attentive à leurs malheurs et à leurs souffrances. Elle comprit ce qu’ »avoir un handicap » signifiait réellement.

Comme tous les cœurs purs et les esprits ouverts, elle ne comprenait pas cette injuste discrimination et rêvait d’un monde meilleur où chacun pourrait vivre en paix.

Elle décida que la différence était une force et comptait bien profiter de son statut royal pour faire changer les choses.

Hélas ! 3 fois Hélas !

Le roi, lui, ne voyait absolument pas les choses de cette façon !

Son amour pour sa jeune reine était certes grand mais pas sa compassion et encore moins son envie de chambouler sa vie et la vie de ses sujets.

Il était, comme beaucoup de monarques, dictateurs et autres chefs d’état, très attaché aux traditions de ses ancêtres et certain de son bon droit à régner. Les choses allaient ainsi depuis toujours et ma foi ne fonctionnaient pas trop mal, alors, pourquoi changer cela ?

Quand la reine Dèfe lui parla un soir de ses projets d’écoles pour enfants Nohirs ou du bilan de compétences qu’elle avait créé pour leurs parents, il entra dans une rage folle. Il hurla, tempêta, menaça sa royale épouse…

Et oui, les rois et reines se ressemblent souvent au fil des époques…

Coupant court à toute discussion, il alla se coucher, croyant naïvement l’affaire close.

Que nenni !

Jour après jour, la bonne reine de Bigirs plaida sa cause avec ténacité et ardeur. Elle argumenta, demanda, supplia mais rien n’y fit. Le roi ne céda pas.

 

 

La suite tout bientôt...

 

 

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