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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 18:07

 

Et 2 pages de plus !

 

- Gardes ! » hurla-t-il « Que ce prince de pacotille, ce forban, ce criminel sans foi ni loi soit retrouvé et amené ici dans l’heure, pieds et poings liés ! Tu veux l’épouser ? Que nenni ma fille ! Il sera jugé comme il se doit pour avoir osé poser le pied dans MON royaume, bafouant les lois de notre pays et pour avoir osé mettre toutes ces absurdités dans ton esprit malheureusement limité. Ce minable vermisseau, ce pourceau, ce…»

Et il continua de plus belle, abreuvant le jeune homme absent de 1001 noms d’oiseau que je ne peux décemment relater ici.

 

Anéantie par la colère de son père, effrayée par le message de haine que son corps exprimait sans en comprendre l’origine, la princesse compris qu’elle avait mal agi sans savoir en quoi.

Alors, elle fit ce qu’elle faisait toujours, elle se jeta aux pieds de son père et le supplia de lui pardonner.

Pour toute réponse, le roi Lobe la regarda bien en face et articula exagérément :

- Jamais tu n’épouseras ce prince maudit ! »

Plus tendrement, il ajouta :

« Tu épouseras le fils du Duc Iropèn et tu oublieras bien vite ce malotru qui se croit prince et tente de te séduire pour accéder à mon trône. Car c’est là, la seule et véritable raison de son attirance pour toi, sois en sûre. »

Cette remarque, plus que tout autre, brisa le cœur de la princesse. Son cher Mime ne voit-il en elle que l’héritière du royaume de Bigirs ? Ne l’avait-il séduite que dans le but de satisfaire son ambition ?

Non ! Elle se refusait à croire pareille ignominie !

Elle s’était perdue dans son regard franc et n’y avait vu que tendresse et joie de vivre. Son âme avait vibré en suivant ses belles mains décrire la vie des Nohirs. Non ! Pour une fois, son père bien aimé se trompait. Elle en aurait mis sa jolie tête à couper. Un désespoir sans fond habitait son cœur et voilait ses grands yeux bleus.

 

Oh, ne croyez pas que le roi fut insensible à la peine de son enfant, loin de là !

Il était parfaitement conscient de la peine que ressentait son enfant mais avant d’être un père aimant, il était un roi responsable. Il se devait de protéger son héritière et son peuple des obscures machinations de cet ambitieux prince.

De plus, depuis sa plus tendre enfance on lui avait appris à détester la différence et par-dessus tout, la surdité.

Nul ne peut se débarrasser de son éducation aussi facilement, fut-il pour le bonheur des siens. Car c’est bien dans le but de faire le bonheur de sa fille qu’il lui assenait pareilles phrases. Il pensait agir pour le bien d’Aimée.

Oh, combien il se trompait !

Sur ces dures paroles, il quitta la chambre pour vaquer à ses royales occupations, Tentant de se persuader que sa fille se remettrait très vite de cet incident grâce aux préparatifs du mariage.

Les hommes sont parfois sourds et aveugles à tout ce qu’ils ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre. A Bigirs, comme partout ailleurs, il est bien connu que « Le pire sourd est celui qui ne veut pas entendre ».

 

De son côté, la reine Eustacha compris que la peine de sa fille chérie était immense mais sa peur de la voir exilée sur l’Île du Silence tant redoutée était plus forte encore.

C’est pourquoi, elle choisit, contre l’avis de son cœur, de prendre le parti de son époux et incita sa fille à oublier ses fous projets de mariage avec le prince Mime.

- Tu verras, Auri Iropèn n’est pas aussi terrible que tu te l’imagines. Avec le temps, tu apprendras à l’aimer et tu chériras la vie que nous t’avons choisie. »

En disant cela, elle se détesta de mentir ainsi et ni l’amour maternel, ni la peur de perdre son enfant ne l’excusa à ses yeux de lui faire pareille peine.

 

Incomprise et désespérée, Aimée se rua dans sa chambre et versa toutes les larmes de son corps, une fois encore.

Pourquoi ne pouvaient-ils comprendre que le prince Mime était celui qu’elle attendait ? Pourquoi ne pouvaient-ils oublier leur projet insensé d’unir sa vie avec ce monstre d’Iropèn ? Pourquoi sa surdité était à ce point importante, honteuse ?

Mime lui avait parlé de la vie sur son île et elle ne différait pas tant que ça de celle que les Bigirssiens avaient ici.

Elle réfléchit et chercha tous les arguments logiques qu’elle présenterait à ses parents s’ils continuaient à lui imposer un mariage qui la dégoutait. Ils se trompaient, elle en était certaine. Il fallait qu’elle trouve les mots pour le leur faire comprendre !

 

Pendant ce temps, l’infâme professeur avait eu vent de la rencontre nocturne des jeunes gens.

Il faut dire qu’il passait le plus clair de son temps à traîner dans les couloirs, à écouter aux portes et à surprendre les commérages des employés du château, bref à espionner tout un chacun.

« Je ne peux permettre à ce petit prince de rien du tout de me voler le trône ! » pensa t-il.

Car ce n’est pas par amour qu’il voulait épouser la princesse, l’amour lui était inconnu. Non, c’était par intérêt et par vengeance.

Il vouait aux Bigirssiens et à leur roi une haine féroce et ne vivait que pour se venger d’eux.

 

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