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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 00:49

 

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire plaisir...

 

 

D’un seul regard, il l’aimerait telle qu’elle était, la comprendrait et trouverait un moyen de lui parler autrement qu’avec tous ces sons bizarres qu’elle répétait inlassablement. Elle serait elle-même et elle serait heureuse.

 

Le jour de ses 18 ans, le roi Lobe décida qu’il était grand temps qu’elle se marie et se mit à la recherche du mari-gendre idéal.

Il devait être noble et riche mais par-dessus tout, il devait être tolérant pour accepter d’épouser une femme affublée d’une telle tare et de garder ce terrible secret.

Ce n’était guère facile car, s’il y avait bon nombre de jeunes gens bien nés et fortunés à la cour, peu d’entre eux auraient accepté d’épouser une Nohirs.

Quel déshonneur ! Quelle honte !

 

Le roi et la reine cherchèrent longtemps et durent écarter tous les prétendants.

Le problème trouva sa solution en la personne du percepteur d’Aimée, M. Iropèn.

Bien sûr, il n’était plus vraiment fringuant du haut de ses 37 ans bien tassés mais il était bien né et riche comme Crésus. Il était le fils cadet et unique du duc Iropèn mais surtout il avait prouvé qu’il était capable de garder un secret puisqu’il gardait le lourd secret royal depuis plus 15 ans.

Lorsqu’il demanda la main de la princesse Aimée, le roi Lobe sauta de joie et voulu sur le champ la lui donner mais une légère pression de son épouse sur le bras suffit à le calmer et il répondit :

« - C’est une très intéressante proposition que nous avons le devoir d’étudier avec soin, cher M. Iropèn. Nous vous donnerons notre réponse au plus tôt.»

Sur ce, Auri remercia sa majesté, s’inclina profondément et quitta la pièce.

 

Le roi se tourna vers sa femme et avant qu’il ait pu dire un mot, elle lui demanda :

« - Est-vous certain, mon bon ami, que nous ne puissions pas trouver un meilleur parti pour notre fille unique ? Ce gentilhomme est charmant, certes, mais un peu vieux pour elle et si…sinistrement sérieux !

- C’est exactement ce qu’il lui faut ! Un homme mûr sachant la guider et surtout capable de gérer les affaires du royaume à ma mort. N’oubliez pas que l’époux de notre chère Aimée est destiné à devenir le roi de notre beau pays. De plus, il garde notre honteux secret depuis le début ce qui tend à prouver qu’il est digne de confiance. Je vous gage, ma mie, qu’il n’y a pas meilleur parti dans tout le royaume de Bigirs ! »

Depuis 15 ans que cet homme enseignait son savoir à la princesse, la douce reine ne comptait plus les fois où la pauvre enfant était rentrée en pleurs de ses séances de classe.

Elle lui était certes reconnaissante des efforts qu’il avait fait mais elle savait en son cœur qu’il était froid, colérique et dominateur.

Elle pouvait sans mal imaginer combien la vie serait difficile pour sa petite fille chérie et désespérait de la voir heureuse un jour. Elle doutait que le professeur puisse comprendre et aimer la princesse comme elle le méritait.

Aussi, une fois de plus, la douce reine se dressa contre l’avis de son mari et proposa de parler de ces projets de mariage avec l’intéressée avant de prendre une trop hâtive décision.

A force de cajoleries et d’imparables arguments, elle obtint gain de cause et tous deux allèrent rejoindre leur fille.

Ignorant tout de cette houleuse discussion, Aimée savourait ses quelques minutes de liberté, allongée sur son lit, ses pensées dérivant vers le beau prince charmant de ses rêves.

Grâce à un habile jeu de miroirs, la jeune femme vit l’arrivée de ses parents et se leva prestement.

Le roi lui annonça alors :

«  - Ma chère fille, comme tu le sais, il grand temps de te marier. Nous avons eu une proposition qui mérite qu’on s’y arrête et ta mère a insisté pour que nous t’en parlions avant de donner notre réponse.

D’un délicat hochement de tête, la princesse les en remercia.

- Il s’agit d’un fils de notre Duc préféré. » reprit le roi «Et il a pour toi de tendres sentiments et souhaite t’épouser malgré ton…hum…ta particularité.

* J’en suis ravie, père. » répondit la jeune fille « Et qui est ce charmant gentilhomme ? »

Dans son esprit romantique de jeune fille, elle passait en revue tous les jeunes et beaux gens qu’elle apercevait de temps en temps à la Cour.

- Il s’agit de quelqu’un que tu connais très bien…

- Allons mon ami, ne la faites pas tant languir ! » plaisanta la reine.

- C’est vrai, vous avez raison. Il s’agit d’Auri Iropèn. » lança t’il fièrement.

A ces mots, toute couleur déserta le visage de la jeune fille.

«  Auri Iropèn ? » pensa la princesse « Cet affreux bonhomme qui me terrifie depuis toujours ? »

Voyant le désarroi décomposer le charmant visage de son enfant chérie, la reine ajouta :

- Oui Aimée. Ton professeur. Il est certes plus vieux que toi mais il connaît ta situation et promet de prendre soin de toi. Et un mari n’est pas un professeur. L’amour qu’il te porte nous semble sincère. Nous ne prendrons aucune décision sans connaître d’abord ton avis mais je crois que cette demande mérite que tu y réfléchisses. C’est certainement la meilleure solution. Qu’en penses-tu ma chérie ? »

Elle n’osa pas exprimer à haute voix les doutes qu’elle avait quant au bonheur possible du couple. Elle voyait les efforts que faisait Aimée pour cacher sa déception et retenir ses larmes.

 

 

 

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