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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 00:45

 

Bon comme ça a l'air de vous plaire...on continue ?? Allez 2 pages de plus...

 

 

Le lendemain, la reine Eustacha annonça à tous que la princesse était souffrante et devait garder la chambre plusieurs jours.

Une semaine plus tard, un jeune professeur d’à peine 20 ans, qui répondait au nom d'Auri Iropèn, se présenta au château.

Accoutumé aux enfants difficiles, il arrivait à point nommé et ses excellentes références avaient fait sensation auprès du roi.

Avec lui, Aimée commença une nouvelle vie (encore une !).

M. Iropèn était certes un tout jeune professeur mais il ne possédait pas la gaité typique de la jeunesse, bien au contraire !

Il était horriblement sinistre, affreusement strict et extrêmement colérique.

Pour la pauvre petite princesse, habituée à la douceur de sa maman, il était tout simplement terrifiant.

Quand elle prononçait mal un son ou se trompait d’une syllabe, le visage de son percepteur se crispait de rage et cela lui donnait une peur bleue.

Jour après jour, il lui enseignait le Bigirssien, les mathématiques, l’histoire et la géographie du pays avec méthode, froideur et cynisme.

En plus de ces fastidieuses leçons, Aimée devait travailler sa diction avec sa mère et la discipline avec son père.

Afin de paraître la plus « normale » possible, elle devait apprendre tant de choses et faire toujours plus de sacrifices !

Pas de jeux comme les autres enfants à la fin des cours !

Plus de rêveries dans le parc du château !

Plus de moment de détente dans sa chambre, à l’abri des regards !

Sa vie était une ronde d’obligations. Tout ça pour son plus grand bien…aux dires de ses parents.

Il y avait encore les leçons indispensables à toute princesse qui se respecte : maintien, civisme, danse, musique, chant et on attendait d’elle qu’elle excelle en tout. Déjà pour une enfant normale, cela représentait beaucoup de travail et d’efforts mais Aimée devait fournir deux fois plus pour obtenir le même résultat.

En plus, elle devait, à chaque instant, se contrôler afin que personne ne puisse soupçonner son inavouable secret, sa terrible infirmité.

Son père ne jouait plus avec elle et dans son regard, autrefois si bienveillant et si fier, elle ne voyait plus, à présent, que de la tristesse et de la honte.

A sa place, vous moi et tout enfant normalement constitué, aurait tout envoyé balader, avec force cris et fracas.

Mais Aimée était exceptionnelle de bonté et de douceur et l’idée même de déplaire à ses parents chéris ne l’effleurait pas. Elle plaçait le bonheur des siens bien au-dessus du sien propre et ne se plaignait jamais.

Lorsque le professeur Iropène était trop dur ou qu’elle voyait de la déception dans le regard de ses parents, elle attendait courageusement la fin du cours et allait ensuite pleurer tout son saoul sous la douche, où personne ne pouvait la voir, ni l’entendre.

Même la froide méchanceté de son percepteur n’arrivait pas à entamer sa légendaire bonne humeur.

Oh bien sûr, elle souffrait de son attitude mais elle avait appris qu’il avait perdu sa maman tout jeune enfant et elle compatissait au malheur du petit garçon sans amour maternel qu’il devait avoir été.

La princesse Aimée était un cœur pur et tendre, qui donnait son énergie, sa tendresse et son temps avec générosité. Son prénom lui allait parfaitement car elle été aimée de tous.

Même si ses parents lui demandaient de faire beaucoup d’efforts, elle ne se plaignait pas, certaine de l’amour tendre qu’ils lui portaient.

Ils faisaient tout leur possible pour la rendre heureuse. Est-ce de leur faute s’ils ne comprenaient ni les envies, ni les besoins de leur fille chérie ?

Personne n’était à même de les aider ou de les renseigner. Pour cela, il aurait fallu aller sur l’Île du Silence et rencontrer la sorcière Dèf. Et ça, c’était tout simplement inimaginable pour le grand roi Lobe.

La solitude devint sa pire amie, sa meilleure ennemie.

 

Les mois devinrent des années et la princesse Aimée grandit pour devenir une ravissante jeune femme, instruite et délicieuse.

Adorable danseuse, merveilleuse chanteuse, elle faisait la fierté de ses parents et charmait tout un chacun avec une désarmante facilité.

Tous semblaient heureux autour d’elle.

Tous, sauf elle !

Malgré tous les compliments et les attentions, la douce princesse se sentait seule, chaque jour plus seule, plus unique.

Elle se savait unique mais ce n’était pas un sentiment de fierté qui l’habitait. Oh non ! Elle savait qu’elle n’était pas comme tout le monde et elle en souffrait.

A la solitude vinrent s’ajouter la honte et la culpabilité.

Ses magnifiques et grandes oreilles faisaient d’elle la plus jolies des Bigirssiennes mais elles ne servaient à rien.

Elle n’entendait pas le chant des oiseaux, ni même sa voix qui charmait tant la Cour. Au contraire, ses oreilles inutiles l’éloignaient, chaque jour, un peu plus des autres et de leur monde. Elle ne se sentait nulle part chez elle.

Alors pour résister à la dépression, elle s’échappait dans ses songes de jeune fille. Elle rêvait d’un monde magique où elle n’aurait plus à faire semblant, où elle comprendrait les autres, où son handicap n’avait rien de honteux.

Dans ses rêves, elle imaginait qu’elle rencontrait des gens comme elle et surtout un prince, beau et fringuant.

 

 

 

 

 

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