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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 18:31

Et voici un conte que j'ai écrit en pensant à ceux qui entendent peu ou pas...Bonne lecture !

 

 

La Princesse aux Grandes Oreilles

 

Il était une fois, un roi et une reine d’un magnifique pays appelé : Bigirs.

Ce nom étrange venait du fait que tous les habitants de ce bel endroit avaient de grandes oreilles.

De par chez nous, de telles oreilles auraient déclenché plus d’un éclat de rire méprisant et de méchantes critiques, mais dans ce pays-là, avoir de grandes oreilles était un signe de noblesse et une source de grande fierté.

Plus les oreilles étaient grandes et mieux c’était !

Les Bigirssiens vouaient un véritable culte à leurs immenses « feuilles de chou » et en prenait le plus grand soin : crème de jour et de nuit, crème hydratante et masque gommant, petits parasols pour les jours de grand soleil et bien sûr petits parapluie par temps orageux.

Hommes, femmes et enfants rehaussaient la beauté de leurs oreilles avec de magnifiques boucles d’oreilles et des anneaux d’or et d’argent.

Rien n’était trop beau pour leurs précieux appendices auriculaires !

Il s’organisait souvent de somptueux défilés de mode et les plus grands créateurs de bijoux auriculaires rivalisaient d’imagination pour l’honneur d’habiller les royales oreilles.

Car le roi Lobe et la reine Eustacha avaient les plus belles oreilles de tout Bigirs.

Tout aurait du être parfait pour ce couple royal aimé et admiré de tous…

Pourtant, ils n’étaient pas heureux.

La Grande Oreille Cosmique qui régissait leurs vies, leur refusait le plus précieux des présents : un enfant !

Ils avaient presque tout essayé : les régimes sans sel, les potions soi-disant magiques, les incantations murmurées à la pleine lune, les positions les plus incroyables mais rien n’y !

Point de bébé en vue !

Oh bien sûr, ils avaient une flopée de neveux et nièces à adopter car les frères et sœurs du royal couple étaient très…hum…actifs. Mais rien ne semblait vouloir naître de l’immense amour qu’ils se vouaient.

Le roi se désespérait et la reine n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Un jour que le désespoir était plus fort que tout, Eustacha décida d’aborder pour la énième fois le sujet qui était à l’origine de nombreuses disputes royales :

- Mon Seigneur, l’heure où je ne pourrais plus enfanter est proche. Nous avons presque tout essayé et le bonheur d’être parents ne nous a toujours pas été donné. Je vous supplie de me permettre d’essayer une toute dernière solution : la sorcière Dèf… »

A ces mots, le roi se mit dans une terrible colère. Il tempesta, hurla et promis que lui vivant, jamais une chose pareille n’arriverait.

La reine était une femme très douce et discrète. Elle détestait les conflits et tout ce qui perturbait sa vie tranquille mais l’envie d’avoir un enfant était si forte que pour une fois, elle tint tête à son époux.

Face aux cris et aux gesticulations outrées de son roi de mari, elle se redressa, le regarda droit dans les yeux et lui dit d’une voix douce mais ferme :

«  - Mon aimé, je connais tous vos arguments et sans le malheur qui nous frappe, je serai de votre avis sans hésitation. Mais cette sorcière est la seule chance qu’il nous reste. Je veux un enfant né de notre amour et je ne reculerais devant rien, ni personne pour lui donner la vie.

Je comprends parfaitement votre position : vous le roi, ne pouvez faire appel à cette femme mais moi, je le peux. Je me déguiserai en paysanne et nul ne me reconnaîtra. Je ferai en sorte que mes actions ne rejaillissent pas sur vous.

Je suis désolée de devoir vous imposer cela mais ma décision est prise : demain à l’aube, je prendrais un bateau et j’irai sur l’Île Maudite. Rien de ce que vous direz ne changera cela ! »

Et en effet, le roi Lobe eut beau menacer, tempêter, rouspéter, supplier, sa royale épouse refusa de changer d’avis.

De guerre lasse, le roi lui proposa les services d’un garde de confiance pour la mener sans risque jusqu’à l’île et la protéger.

 

Mais qui donc était cette mystérieuse femme que craignait tant le roi ?

Je vais tout vous raconter.

La sorcière Dèf, en plus d’être une grande magicienne, était aussi la reine de l’Île du Silence, l’île maudite redoutée par tous les Bigirssiens.

Il faut savoir, que du temps du grand-père du roi Lobe, Eustache 1er, cette île s’appelait « l’Île perdue » et n’était qu’un tas de cailloux sans valeur où la nature régnait en maître absolu. Il n’y avait ni ville, ni route, ni rien de ce que l’on peut y voir de nos jours.

A l’époque du roi Eustache 1er, lui et la princesse Dèf étaient follement amoureux et devaient se marier.

Leurs vies étaient toutes tracées et leur bonheur semblait éternel.

Jusqu’à ce que le malheur les frappe : suite à une regrettable chute de cheval, la princesse Dèfe perdit l’usage de ses magnifiques oreilles.

Du jour au lendemain, elle quitta le monde « normal » pour celui du silence. Un silence absolu ! Elle était devenue sourde et sa vie allait changer du tout au tout.

Oh bien sûr, il existait quelques sourds de naissance ou par accident à Bigirs. On les appelait les Nohirs (sans-oreilles) et ils vivaient en marge de la société bigirssienne.

Dans le royaume béni des Grandes Oreilles, ne pas entendre était une tare, un handicap sans nom. Dans ce pays, on éloignait les Nohirs de la vie publique, on les cachait pour mieux cacher sa honte. Etre un Nohirs était une épreuve, une difficile épreuve de chaque instant.

 

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