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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 01:18

Assez bizarrement, même si elle est plus proche, je n’ai que peu de souvenirs des circonstances, des mots, des moments forts de la naissance d’Alexane.

 

Par contre, je me souviens bien de ma grossesse.

 

Physiquement éprouvante à force de nausées, de douleurs lombaires, de crampes, de brûlures d’estomac et de douleurs sciatiques, elle a pourtant rimé avec joie, tendresse, sérénité et bonheur.

 

Moralement, j’étais au top.

Heureuse d’être enfin enceinte (cela faisait plus d’un an que nous faisions tout pour ça), attentive à mes besoins, mes envies et formidablement entourée, choyée, dorlotée par Alp, l’homme de ma vie.

 

Contrairement à la 1ère, (17 kg dont au moins 12 de gras pur !), je n’avais pris que 7 kg, après en avoir perdu une dizaine.

J’avais un gros bidon mais je me sentais bien.

J’avais 7 ans de plus que la 1ère fois, mais je me sentais bien.

J’avais peur de l’accouchement, mais je me sentais bien.

 

Je savais ce qui allait m’arriver et la peur de l’inconnu ne me torturait plus.

Je savais que j’allais en baver et je m’étais résignée à cette idée.

 

C’est peut-être grâce à cette résignation, à cette acceptation de la douleur et surtout au souvenir du bonheur de tenir mon bébé à peine né dans mes bras que les choses se sont si bien passées.

 

A cause d’un mauvais calcul de la date de procréation (c’est bien connu qu’on n’écoute que rarement l’avis des parents…), elle était prévue pour le 2 mai 2006.

En fait, Alexane a été conçue le 12 août 2005.

Sa naissance devait donc être prévue pour le 12 mai 2006…Logique !

 

J’avais eu beaucoup de contractions et ce dès le 3ème ou 4ème mois.

J’avais donc, très tôt, renoué avec le plaisir de cette affreuse crampe qui précède la délivrance.

 

La délivrance, le terme exact pour décrire le moment où l’enfant fait passer sa tête dans un trou qui paraît si peu adéquat à cette fonction.

 

Nous sommes allés plusieurs fois à l’hôpital en pensant que c’était le moment avec un grand M.

A chaque fois, nous sommes rentrés déçus que cela ne le soit pas encore.

On m’auscultait, me monitorait, me rassurait et me renvoyait chez moi avec un gentil « C’est pour bientôt mais pas encore pour aujourd’hui… »

 

Comme la date de conception semblait leur poser un souci (pas à nous mais qui nous écoutait ?…), il a été décidé que quoiqu’il arrive notre fille devait naître, au plus tard, le 15 mai.

Un rendez-vous à 10h, ce jour-là fut pris…Et respecté !

 

Le jour J, nous sommes allés au CMCO de Schiltigheim et le travail « forcé » a commencé.

Tout d’abord, on m’a demandé de marcher et de monter les escaliers pour faire descendre notre puce.

J’avais déjà fait ça la 1ère fois…je m’exécutais donc sans crainte.

 

Alp était sans cesse à mes côtés et il savait ce dont j’avais besoin sans même que j’ai à le lui dire.

Je le soupçonne d’être télépathe à ses heures perdues…

 

Je me souviens de séances vaines d’acuponcture dans les pieds, les mains et le ventre et d’un médicament sensé accélérer le processus d’expulsion…Quels termes barbares pour une si merveilleuse aventure !!

Je ne pense pas que l’acuponcture m’ait aidé mais je me suis laissé faire de bonne grâce, même les fois où ça a été douloureux…

 

La chambre où nous étions était claire, colorée et accueillante ; les infirmières douces et compréhensives.

Je me sentais bien malgré les douloureuses contractions.

 

On m’a fait la péridurale et nous avons sagement attendu la dilatation du col.

 

Alp était tranquille et reposant, comme à son habitude et veillait à mon bien-être.

Sa force tranquille me rassurait et nous nous sommes payés 2-3 bonnes parties de rigolade car le produit de la péridurale me faisait planer et raconter des conneries (enfin encore plus que d’habitude…).

Même traitement et même effet que la 1ère fois…

 

J’étais en train de jouer au sudoku sur la console que mon homme m’avait offerte quand les douleurs se sont rappelées à mon bon vouloir.

 

Aïe ! Ca fait mal ! J’avais oublié…

 

Alp est allé chercher la sage-femme pour qu’elle trouve le moyen de me soulager.

 

A peine arrivée, elle m’a auscultée et s’est exclamée :

« Déjà ? Mais il va falloir que je vous installe sur les étriers !

- Ok mais je peux juste finir ma partie ? »

J’ai bien vu l’incrédulité et la surprise dans ses yeux quand elle s’est tournée vers moi pour me dire « Oui » d’une petite voix étonnée.

 

J’ai fini calmement ma partie, me suis installée les pattes en l’air et j’ai poussé à son signal.

Alp me tenait la main.

Je savais ce que je devais faire, mon homme était à mes côtés, je sentais sa force, son amour et son admiration m’envelopper toute entière.

Je n’avais aucune raison d’avoir peur…et je n’avais pas peur.

 

1 fois…2 fois…3 fois. Repos

« C’est bien madame, on continue…Attention…Poussez ! »

 

1 fois…2 fois…3 fois. Repos

« On voit la tête. C’est bientôt fini. Attention…Poussez ! »

Elle ne saura jamais que j’ai failli éclater de rire quand je l’ai entendue me dire « On voit la tête. » On m'avait déjà fait ce coup-là une fois...pas question que je tombe dans le panneau !

 

1 fois…2 fois…3 fois. Repos

 

Non pas repos ! Ca y est ! Elle est là !

 

Incroyable mais vrai ! Alexane est née.

Nous sommes les 15 mai 2006. Il est 13h53.

 

Je ne me souviens que de son petit visage bleu-violet (encore une de ma famille qui est née avec le cordon enroulé autour du cou…heureusement que ce n’est pas héréditaire…) et de sa bouche qui tétait déjà.

 

Je me souviens aussi du visage extasié de mon chéri.

Ses yeux passaient de Chouchou à moi avec un émerveillement qui m’émeut, me donne des frissons et fait perler des larmes au coin de mes yeux encore aujourd’hui.

 

Comme pour sa sœur avant elle, j’ai ressenti un amour immense, trop grand pour être décrit avec justesse, plus grand que tout.

J’ai ressenti un bonheur, une joie, une fierté qui m’ont confirmée dans mon rôle de maman.

 

Je ne sais toujours pas, même aujourd’hui, comment j’ai pu donner naissance à de telles merveilles…

Un miracle ! C’est la seule explication que je vois.

 

Très vite, Alexane a trouvé mon téton et s’est mise à téter vigoureusement.

Une vraie petite morfale, digne héritière de la gourmandise parentale.

 

J’étais sereine, détendue, heureuse.

 

Je regardais Alp parler à sa princesse, les yeux tous mouillés, le visage collé à l’oreille de notre fille.

Il lui murmurait des mots que je n’entendais pas mais c’était pour eux le moment de faire connaissance, leur moment.

 

Je n’étais pas fatiguée, juste un peu lasse.

 

Je n’étais pas torturée par la peur qu’on me prenne mon enfant, peur qui m’a noué l’estomac dès la naissance d’Océane.

 

Mon homme se promenait dans la salle de travail, sa précieuse fille dans les bras et je ne ressentais ni peur, ni jalousie.

 

J’avais grandi, changé, mûri.

 

Il faut dire, à ma décharge, que je ne doutais pas de l’amour qu’Alp me portait.

Il se lisait dans ses yeux quand il les posait sur moi, sur ses mains quand il me touchait, dans son sourire ébahi quand il me regardait comme doutant que j’ais pu lui faire un cadeau pareil.

 

Je savais que mon chéri ne m’en aimerait que plus.

Je savais, au plus profond de mon cœur, que la naissance d’Alexane allait nous unir plus profondément encore.

L’amour fou qu’il portait à son enfant n’était que la confirmation de celui qu’il avait pour moi.

Je n’étais pas en danger, ma fille non plus.

 

J’avais envie de chanter, de danser, de voler.

 

Après être née grâce à Océane, j’avais la confirmation de ma valeur avec Alexane.

 

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

Je n’avais qu’une hâte : rentrer chez moi, chez nous, présenter Alexane à ma grande Océane et savourer ce merveilleux moment en famille, tous les 4.

 

Je ne pense pas avoir d’autres enfants.

 

Mes filles me donnent chaque jour plus d’amour, de tendresse, de joie, de bonheur et je dois bien l’avouer, plus de soucis et de stress qu’une maman est en droit d’attendre.

 

Jusqu’à mon dernier souffle, j’espère me souvenir de ces 2 merveilleux moments de joie pure et de bonheur immense que m’ont offert mes adorables chipies.

 

Même atteinte de sénilité avancée, j’espère garder un coin de lucidité pour savourer ces images jusqu’au bout du bout.

 

Et s’il ne tient qu’à moi, j’espère que le paradis existe pour que je puisse continuer à déguster le goût exquis de ces délicieux souvenirs.

 

Douce nuit…

 

 

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commentaires

Angélique..... Nj 29/06/2009 17:45

Tu es formidable... je me sens bien, les poils hérissés d'émotion, mais si bien! Il est difficile de mettre des mots sur ce qui nous arrive lors d'un accouchement, mais tu les as trouvés, et je dois dire que j'ai ressenti la même chose, surtout quand tu expliques que la 2ème fois c'est différent, on est plus sereine?. Ct idem pour moi, parce que gt sûre que Eric serait là pour nous et que son amour est sincère. Une anecdote : Alexane a été conçue le jour de l'anniversaire de Joey !! le 12 août!!Bises et merci pour ces mots.

Enriqueta 29/06/2009 13:09

Ma fille est née le 1er mai (1993). Une grossesse et un accouchement que je ne souhaite pas à ma pire ennemie.Merci de vouloir intégrer ma communauté. Pour l'intégrer il faut d'abord établir un contact régulier avec mon blog. Participer à mes jeux accélère le processus. A bientôt j'espère.

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