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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 12:09

C'est en lisant l'aventure de la naissance de Lou (blog génial : http://lou1an.over-blog.com/) que j'ai eu l'envie de raconter la naissance de mes crevettes.

Commençons par la première : Océane.

Malgré ma carence cérébrale...je me souviens parfaitement de ce moment.
Ouf !! Heureusement que ma mémoire n'a pas occulté ce merveilleux et oh combien fatiguant moment !

1er avril 1999 : loin d'être un poisson d'avril, les douleurs de l'enfantement commencent vers 20h.

La 1ère fois, je suis scotchée par la violence de la contraction.

J'ai de grandes douleurs chaque mois au moment du débarquement et je suis plutôt résistante à la souffrance...mais là, je déguste !

 

Mon ventre qui ondule souvent sous les coups de pieds ou de poings de mon énergique petite chérie, tout à coup se crispe tout entier et envoie dans tout mon corps une douleur, brève mais des plus désagréables.

L'espace de quelques secondes, j'ai mal au bas du ventre, normal, mais aussi aux côtes et au bas du dos.
Cette 1ère vraie contraction me laisse palettante et apeurée...
Alors c'est ça, la douleur précédant la naissance ? Cool !!
Et il y en aura combien jusqu'à la délivrance ? Des tonnes ?? Parfait !!


Pour la 1ère fois, mon optimisme en prend un coup.
Je comprends que le "travail" est un terme qui convient parfaitement : je vais devoir "bosser" dur pour donner la vie.

Pas de panique !
Ma gynéco m'a prévenue : c'est mon 1er enfant, alors ça risque de durer longtemps...pas glop !!

Que faire ?
Prendre un bain, marcher et lever les bras pour faire descendre la puce, prendre mon mal en patience tout en priant que ça ira vite...
Si seulement je pouvais être l'exception qui confirme la règle !
Si seulement, je pouvais faire partie de ces femmes qui "accouchent comme des chattes" dès le 1er enfant !
Je suis costaud, j'ai les hanches larges, avec un peu de chance mon bébé
n'aura pas trop de mal à passer, même si ma gynéco m'a prédit un bon gros bébé bien de chez nous (L'Alsace)...

L'espoir fait vivre !

Le plus normalement du monde, les contractions se succèdent avec régularité, d'abord toutes les demi-heures, puis tous les quarts d'heure.
C'est long ! C'est pas marrant ! Et surtout c'est pas fini !!!!

Pendant ce temps, mon compagnon me suit partout, le visage déformé par l'angoisse de me voir souffrir comme ça.
Il a un regard de chien battu et je mesure toute la peine qu'il éprouve à être totalement impuissant à m'aider.
Lui aussi se souvient des conseils de ma gynéco et me tient la main quand je marche, me soutient quand mon ventre se tord mais je vois bien qu'il souffre.

Ca me touche ! Même si ça ne m'aide pas beaucoup.
Quand j'ai vu que ses paupières se fermaient presque toutes seules, je l'ai envoyé au lit.
Il a résisté un peu, puis s'est écroulé sur le clip-clac ouvert. L'émotion semble l'avoir terrassé.
C'est mieux comme ça.
Je suis comme les chiens, je souffre loin des yeux, je lèche mieux mes blessures dans la solitude.
Je peux, sans risque de le meurtrir, pleurnicher, râler et gémir.
Ca me défoule et donc ça me fait du bien.
Quand je vois la peine qu'il éprouve à me voir souffrir, ça met une 2ème couche à ma propre douleur et, franchement, je n'en ai ni le besoin, ni l'envie...

Au bout de 5 heures de marche intensive, la moquette du salon en est toute usée, je décide de me faire couler un bain.

L'eau, un peu plus chaude que d'habitude (je déteste l'eau bouillante. A 30° j'ai déjà l'impression d'être une langoustine qui prend son dernier bain...), me fait du bien...un peu.

J'y reste une bonne demi-heure et je dois bien avouer que si cela n'a pas beaucoup calmé mes douleurs, ça m'a suffisamment détendue pour que je ressente un certain bien-être...
Bien-être vite remplacé par une énième contraction et son lot de crampes, douleur et fatigue.
J'ai encore un pied dans la baignoire, la serviette roulée en boule entre mes mains, je halète et lâche quelques gros mots bien sentis qui me défoulent agréablement.

Je viens de comprendre et d'accepter que cela risque de durer plus longtemps que je ne le pensais...
Je prie tous les Dieux connus (et même ceux que je ne connais pas) pour ne pas vivre les 28h de travail que ma maman chérie a vécu pour me donner la vie...
Soit encore 13h comme ça...Noooooon ! Pitiééééééé !

Il est 3h du mat. Ca fait maintenant 7h que je me balade en gémissant et en pestant.
Toute ma liste de gros mots, dans toutes les langues que je connais (ça fait un bon paquet) y est passée.
Je les murmure, un par un quand la contraction arrive et je les crache au plus fort de la douleur.
Ca ne sert à rien mais ça me défoule un peu et détourne mon cerveau de la souffrance que je ressens...enfin, un peu !

A 4h30 du mat, mon compagnon s'est endormi depuis pas mal de temps et jouit du sommeil des justes...le veinard !
Moi, je tourne en rond, visite les différentes pièces de l'appart, range un truc par-ci, par-là, vérifie que ma valise est prête et que je n'ai rien oublié, fais de mon mieux pour penser à autre chose et résister à l'envie de filer à l'hosto.

Je n'aime pas l'hôpital et je compte bien y aller le plus tard possible...Même si je sens que ce moment ne va plus tarder…

 

Allez, encore un petit bain et si j’ai encore beaucoup mal après, je réveille mon mec et on y va.

 

5h du mat : là, je ne tiens plus ! C’est décidé on va à l’hosto !

Plus facile à dire qu’à faire…parce que mon cher et tendre de l’époque dort…et quand il dort comme ça…j’ai un mal fou à le réveiller…

Je l’appelle doucement, l’embrasse sur la joue (bonjour la galère de me pencher avec l’énorme bidon que je me paye…), le secoue, un peu…rien n’y fait !

Un frémissement des narines est la seule réponse à mes appels de plus en plus désespérés.

 

J’échafaude déjà un autre scénario…

Appeler maman ?

Réveiller ma voisine du dessus ?

Prendre la voiture et laisser un mot à mon homme ?

Rien ne me convient.
Je VEUX qu’il m’emmène à l’hosto, qu’il me soutienne, qu’il soit là, avec moi au moment de la naissance de notre fille.

Je jugule bien vite la panique qui monte et le secoue plus fermement.

 

Sentant probablement la tension dans ma voix, il finit par se réveiller en sursaut :

-        Quoi ? Tu accouches ?

-        Pas encore mais c’est pas loin.

-        Tu veux prendre un bain ?

-        C’est déjà fait…2 fois ! Là, j’ai vraiment très mal.

-        On va à l’hosto ?

-        Je crois que c’est mieux.

-        Ok, je vais prendre la valise…Elle est où ? (là c’est dans SA voix que je sens la panique…)

-        Cool ! Tout va bien. Je l'ai mise dans le couloir. Tout est prêt. T’as plus qu’à t’habiller et on peut y aller.

 

Je ne l’ai jamais vu s’habiller si vite…même les fois où il s’est réveillé en retard pour aller au travail.

 

Bizarrement, depuis que j’ai pris la décision d’aller à l’hôpital, je me sens détachée de tout ce stress.

On va aller là-bas et des professionnelles qui savent que qui m’arrive et comment faire, vont me prendre en main.

Un anesthésiste compréhensif va me faire la péridurale miracle qui mettra fin à mes douleurs. Que du bonheur !!

Moi la super indépendante, qui ne demande l’aide de personne (à part maman bien sûr !) je ne rêve que d’être prise en charge, chouchoutée, entourée.

C’est un sentiment nouveau qui me surprend agréablement…

 

Je gage que d’autres surprises m’attendent…et pas plus tard de très bientôt…

 

 

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