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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 00:44
Bonjour,
 
Je me présente, Sandy. 38 ans, mère au foyer (quel intitulé de job débile ! « mère au foyer » c’est ringard à mort et ça signifie tout sauf la montagne de boulot que c’est en réalité. Avis à ceux et celles qui auraient un autre titre à me proposer) depuis le 15 mai 2006, j’ai 2 filles : Océane la grande de 8 ans ½ et Alexane la petite de presque 20 mois.
Depuis le 1er jour de ma 2ème grossesse, je ne rêve que de rester à la maison pour élever mes filles. J’ai tout loupé avec ma grande puce parce qu’il fallait que je gagne ma vie, alors je compte bien me rattraper avec la naissance de ma 2ème fille. Du coup, mon chéri et moi décidons que ce sera un 2ème enfant à la maison ou pas du tout. Cool ! On est sur la même longueur d’onde. Le bébé est en route, il ne reste plus qu’à attendre et savourer le moment présent.
Pouponner, dorlotter mes princesses, être là pour 4 heures et le goûter, participer activement à la vie scolaire de ma Louloute (la grande), assister émue aux premiers pas, premiers mots de ma Chouchoute (la petite), bref, avoir la vie rêvée d’une « mère au foyer » (non décidément déteste ce titre !).
Oh bien sûr, je suis consciente qu’il me faudra aussi faire la cuisine et le ménage et les courses tout ça en gérant l’allaitement, les couches, les nuits etc…
Sans oublier de voir mes copines, me faire de nouvelles copines, prendre soin de mon corps, me cultiver l’esprit, créer mon blog, garder des contacts avec mes (ex) collègues.
Bref, c’est une vie des plus excitantes qui m’attend !
 
La grossesse s’est psychologiquement bien passée. J’étais heureuse, sur un petit nuage, pleine d’espoir et de joie anticipée…
Côté physique, c’était pas top : nausées et vomissements les 8 premiers mois, douleurs musculaires dès le 2ème mois, convulsions dès le 5ème, j’étais contente que ça s’arrête mais j’en garde un assez bon souvenir. Seul avantage à mes nausées, je n’ai pris que 7 kg
L’accouchement s’est bien passé, à peine 2-3 heures de contractions, 3 grosses doubles poussées et la voilà : Alexane, petit taureau de 3kg820 pour 51cm, née le 15.06.2006 à 13h53.
Joie, fierté, bonheur sans nom : banal quoi !
 
Les 1ères semaines se déroulent comme dans un rêve, à la vitesse du TGV, entre les couches, les petites nuits, les seins gonflés et douloureux (super douloureux mais je tiens bon et au bout de 10 semaines je gère comme un pro), les bisous, les câlins. Je me nourris surtout de la tendresse de mes 2 adorables filles, de mon chéri et de ma famille.
Pour le moment, pas l’ombre d’une jalousie entre les filles, pas l’ombre d’un souci avec le chéri, pas l’ombre d’un souci à part la grande fatigue, commune à toutes les mamans du monde.
 
Océane dort dans sa chambre, Alexane dans son lit qui est dans notre chambre. J’allaite alors c’est plus simple et moins fatiguant pour moi de l’avoir juste à côté.
Chouchou ne fait pas encore ses nuits mais elle ne se réveille que 2 fois par nuit pour téter. Je gère la fatigue et je me sens plutôt bien.
Tout se déroule plutôt bien : le sommeil, l’introduction des aliments solides, les relations entre le papa et son bébé, les 2 sœurs, la maman et sa grande fille, la maman et son bébé et la grande fille et son beau-papa.
Il y a bien de temps en temps des tensions à gérer et à évacuer, des jalousies aussi subites que violentes, des refus de dormir ou de manger, des régressions pour attirer l’attention de maman mais bon, mon chéri et moi, on gère avec plus ou moins d’efficacité.
Bref, c’est presque la maison du bonheur…jusqu’au 31 décembre 2006.
 
Alexane est malade depuis 2 jours. Elle a une forte fièvre (plus de 40°C), elle pleure, gémit, on lit de la souffrance dans ses yeux et tout à coup...elle se raidit, ses yeux se révulsent, elle respire à peine, devient dure comme du bois et là…grosse panique !
Ambulance, urgences pédiatriques, examens, piqûres, ballet d’infirmières et de médecins. Nous passons Nouvel An dans la salle d’attente…et pour attendre on a attendu…arrivés à 19h30, on nous trouve une minuscule petite chambre à…2h45 du matin. 6 jours d’hospitalisation, de stress, de pleurs, de conseils débiles donnés avec aucun tact, ni aucune douceur (ah le service public...que du bonheur…quand on rentre chez soi !), d’injection massive d’antibio, de prises de sang (avec l’aiguille qui ne trouve pas la veine ou la veine qui éclate suite à la trop grande fièvre) pour la conclusion suivante : malaise vagal.
Quézako ? Pfff j’en sais rien, j’ai pas bien compris, je sais juste que son cerveau s’est mis en carafe suite à une trop forte fièvre.
Origine de cette forte fièvre ? Pff, ils ne savent pas ! Même après 6 jours d’examens à n’en plus pouvoir…ils n’en ont pas la moindre idée.
Nota : elle a percé ses 2 premières dents au bout de 2 jours et assez bizarrement la fièvre est tombée (de 40.3 à 36.8 quand même) en un peu moins d’une demi journée après le perçage…Mais comme me l’ont répété les médecins si instruits « Ca n’a rien à voir ! »
De retour à la maison, Alexane (et moi aussi je l’avoue) a perdu ses repères et pose problème pour dormir, manger, marcher, parler…Elle se réveille la nuit en hurlant, dort mal, mange peu, ne bouge plus ou presque, ne gazouille plus.
Faut dire que le passage à l’hosto, ça à de quoi traumatiser même les plus grands.
Nous mettons presque un mois pour stabiliser tout ça et ça repart (même sans mars dingue !)
Début février : fièvre à + de 40°, malaise, ambulance, urgences pédiatriques etc…
Cette fois-ci, ce sont des convulsions thermiques (donc dues à la forte température).
Re-hospitalisation, donc re-examens, re-antibio, re-prises de sang et tout le toutim.
Conclusion : convulsions thermiques. Origine : inconnue.
On lui prescrit une ordonnance blindée, composée de médocs costo.
Nota : elle a percé sa 2ème paire de dents au bout de 2 jours et assez bizarrement la fièvre est tombée (de 40.3 à 36.8 quand même) en un peu moins d’une demi journée après le perçage…Mais comme me l’ont répété les médecins si instruits « Ca n’a rien à voir ! ». Non toujours rien !
Retour à la maison : rebelotte (voir ci-dessus) sauf qu’il ne nous faut que 3 semaines pour calmer la puce.
Tant mieux car cela nous laisse une semaine pour savourer le calme de la maison. Parce que…
Début mars : voir ci-dessus (début février…) c’est tout « chose pareille ».
Idem encore 3 fois. Ce qui fait 6 épisodes de convulsions thermiques…c’est ça ! Bravo ! Vous avez bien suivi !
Conséquences de tout ça ?
1)      SOS Médecins c’est le 03.88.75.75.75. Je le connais par cœur, Alexane adore tomber malade tard le soir ou le week-end.
2)    Alexane est une adorable petite fille qui déteste tout ce qui ressemble de près comme de loin à un DOCTEUR et HURLE dès qu’elle en renifle un.
3)    Nous la sortons peu, à tort ou à raison mais comme elle est fragile, elle chope tout ce qui passe, fait de la fièvre, généralement forte (sinon c’est pas drôle) et risque à tout moment de convulser, surtout quand il y a un bon film à la télé (heureusement qu’il n’y a pas souvent de bons à mater !).
4)    Elle a des médocs pas cool à avaler chaque jour. L’avantage est qu’elle est si bien habituée qu’elle ouvre la bouche et gobe sans râler (ouf !)
5)    Mon chéri et moi avons passé des mois dans l’angoisse du microbe, surtout qu’on ne savait pas ce qui déclenchait les fièvres (les dents ? Mais non, les médecins l’ont dit et répété « Ca n’a rien à voir ! » vous suivez ou quoi ?)
6)    Notre vie de couple est sage, tranquille, mais alors tranquille…c’en est presque mortel.
7)    Océane en a marre que je m’occupe tant de sa sœur, même si j’essaye de lui consacrer chaque jour du temps rien qu’à nous. C’est dur avec la mini merdeuse brailleuse ! D’où crise de jalousie aigue que j’ai plus ou moins de mal à gérer.
8)    Je sors une fois tous les tremblements et à chaque fois que je le fais, Chouchou tombe malade et l’angoisse revient à grands pas. Du coup, je vis chez moi, seule avec ma petite jusqu’à 16h, heure à laquelle ma grande rentre de l’école. Je ne vois plus personne à part mon homme et ma famille et…je me fane comme une fleur privée de soleil…snif ! C’est triste ! Quelle abnégation ! Quel amour pour son enfant ! Bla bla bla ! Je m’enterre vive et ça me pèse.
9)    Comme je ne fais plus rien, je grossis (sans manger en plus, c’est dingue !), je déprime, je fatigue (moi-même et les autres) et je perds pied. La dépression pointe le bout de son nez et je suis si fatiguée (entre 2 et 4h de sommeil par nuit ça crève) que je n’arrive pas à sortir de chez moi, sortir de mon mal être, sortir tout court. Il n’y a que de mes gongs que je sors régulièrement.
Les périodes où Alexane ne dort pas, hurle, pleure, je n’ose pas la laisser seule. Tout d’abord parce qu’elle dort maintenant dans la même chambre que sa grande sœur et que je ne peux pas laisser ma grande puce manquer de sommeil pour aller à l’école.
Ensuite parce que j’ai des voisins super cool qui ont besoin de dormir pour aller travailler. Et comme ils sont super cool, je n’ai pas envie de me fâcher avec eux.
Alors, Oh malheur ! je fais ce qu’il ne faut ABSOLUMENT PAS faire : je la prends avec moi.
Après 2, 3, 4 nuits sans sommeil ou presque, je craque et je prends Alexane dans mes bras, je la couche contre moi et…je dors ! 6h d’affilé de sommeil : un vrai miracle !
Ok, il ne faut pas le faire mais bon sang, que pouvais-je faire d’autre ?
Personne pour m’aider ou me conseiller. Impossible de la confier à mes parents, adorables, prêts à tout pour m’aider mais trop âgés pour avoir à subir une gamine comme la nôtre. Ils ont trimé toute leur vie, ils ont du m’élever moi (c’était pas du gâteau, la petite tient son caractère de moi), ils ont élevé Océane alors là je dis STOP !
Impossible de la confier à mes beaux-parents, tout aussi adorables, ils ont déjà 2 autres petits enfants en bas âge dont ils s’occupent beaucoup et ma belle-maman est malade.
Alors, on fait avec les moyens du bord et…on la couche avec nous.
C’est pas top comme solution mais avec la quasi-totalité de nos neurones décimés par le manque de sommeil et le stress d’être parents, pas moyen de réfléchir.
Oh attention ! elle ne dort pas toutes les nuits avec moi-nous, juste quand elle est malade et qu’elle tape à 40° de fièvre ; On a tellement peur qu’elle fasse des convulsions pendant notre sommeil (et si on se réveillait pas ? L’horreur !) qu’on la prend avec nous.
Quelle monumentale erreur ! me direz-vous ! Et vous avez raison mais nous on savait plus quoi faire.
Tout ça pour en arriver à aujourd’hui, 9 janvier 2008 (tiens c’est le 1er jour des soldes ! Je suis si crevée que j’ai même pas envie de claquer des sous. C’est mon homme qui va être content). Ca fait 15 jours qu’elle hurle tous les soirs et nous fait des crises pour dormir.
J’avoue qu’elle a quelques circonstances atténuantes : elle a été malade (avec forte fièvre bien sûr mais ça vous l’aviez deviné), sa sœur est allée en vacances chez son papa pendant 9 jours, sa maman est plus fatiguée que d’habitude (je ne pensais que cela puisse être possible et pourtant…) les fêtes de fin d’année ont décalé tous ses horaires et faussé tous ses repères.
Bref, elle est totalement déstabilisée.
Ok je la comprends, c’est « dur-dur  d’être un bébé !» (« Alison c’est ma copine à moi » désolée je me lâche. Preuve que je suis crevée, je chante du Jordy).
Mais trop c’est trop ! Je frise l’asile psy, je touche le fond du moral minimum, j’ai le bourdon, je ne supporte plus rien et surtout plus ses hurlements.
TROP c’est TROP !
Alp et moi avons décidé de suivre la méthode dite de « je te laisse hurler, tu te calmeras bien un jour ! »
De l’extérieur ça paraît super barbare…et ça l’est.
Le principe c’est de réapprendre à l’enfant qu’il doit dormir dans son lit, le laisser s’exprimer (comprendre : le laisser HURLER) et tout ça dans la joie et la négresse (et oui je connais mes classiques Les Inconnus pour ceux qui n’ont pas reconnu), sans perdre son sang froid, sans crier, en parlant avec tendresse et fermeté.
 
Waouh ! La théorie est tip top…mais la pratique ? Je ne sais pas encore je vais essayer ce soir.
Voulez-vous vivre cette formidable expérience avec moi ? Oui ?
Alors lisez moi.
Pour info, avant de commencer, petits records de ma chouchoute chérie : 6h à hurler non stop – 22h sans sommeil et toujours la pêche – 6 jours de cris et de hurlements tous les soirs.
Autant dire qu’on va s’attaquer à du lourd, à du très lourd !
Mais la pomme n’étant pas tombée loin du pommier, je suis aussi « chiante » que ma fille et son papa est aussi têtu.
C’est la misère si à nous 2 on arrive pas à régler le problème !
C’est une mission pour SLOGAK (ce sont toutes nos initiales : 4 prénoms et 3 noms de famille. Vive les familles recomposées !) !
 
Mercredi 9 janvier 2008
 
La journée s’est bien passée pour l’instant. Alexane a joué dans son coin, bizouté sa « môman » (c’est comme ça qu’elle m’appelle et j’adore ! Océane m’appelle « miman » et j’adore aussi !)
Le moment de la sieste arrive et c’est la galère ! Je sais que je ne devrais pas mais c’est plus fort que moi, je stresse à l’avance car…coucher Alexane est devenu une corvée, une galère, un moment plein de cris, de larmes et d’énervement.
 
13h03 : Alexane a bien mangé et se frotte les yeux. Miracle elle est crevée !! Je vais en profiter pour la coucher.
Je lui mets sa turbulette, je lui chante ses chansons (2 en français et 3 en alsacien, le tout en 5 minutes) et je la pose à moitié endormie dans son petit lit.
Là réaction on ne peut plus normale depuis 2 semaines : elle hurle avant même d’avoir touché le matelas.
Fidèle aux conseils de mes « sœurs de douleur » d’internet, je l’embrasse, lui souhaite bonne sieste et sors.
13h20 : J’y retourne comme on m’a dit de le faire.
Je la trouve debout dans son lit à barreaux, hurlante, les joues sèches.
Je me penche vers elle, elle s’accroche à mon cou comme une moule à son rocher. Je l’embrasse, lui demande pourquoi elle hurle comme ça.
A force de câlins, de bisous et de mots tantôt fermes (pour lui dire que je n’accepte pas qu’elle hurle comme ça), tantôt tendres (pour lui dire combien je l’aime) tantôt rassurants (pour lui dire que je ne la laisserai jamais seule et que je suis toujours à portée de voix) je réussi à la calmer ! Ouf ! Ca nous a pris…40 bonnes minutes.
Je sais c’est énorme ! Mais impossible de voir le temps passer quand les cris, les coups et les bisous pleuvent. Et oui, elle m’embrasse pour me coller des coups de poing et de pied la seconde d’après. Que voulez-vous, elle m’en veut à mort mais elle m’adore.
Je la comprends puisque je ressens pile poil la même chose, sauf que moi, je suis adulte et que je ne devrais pas me mettre dans le même état…je ne devrais pas…mais que la maman ou le papa qui n’a pas eu envie ne serait-ce qu’une fois, de « coller » son gamin hurlant contre le mur, me jette la 1ère pierre… !
Revenons à ma Chouchoute : elle ne dort pas mais reste « sagement » couchée dans son lit (ce qui ressemble à un exploit).
Une odeur de vomi et de caca me rentre dans les narines. Et oui, à force de hurler comme une « dingue » elle s’est vomi dessus et en « poussant la chansonnette » elle a poussé tout court dans sa couche –culotte.
Même si j’ai décidé de ne pas la sortir du lit, je ne vais tout de même pas la laisser « baigner » dans les conséquences odorantes de ses hurlements.
14h01 : Donc, je l’emmène dans la salle de bains et je la change. Entre le cucul à nettoyer et ses habits à changer (heureusement le matelas n’a rien pris !), je mets 15 minutes à la rendre présentable pour…le DODO !
Et oui, aussi têtue que ma « princesse taureau », je n’ai pas abandonné l’idée de la faire dormir sa sieste.
14h26 : J’y retourne. Elle hurle un « môman » désespéré en me voyant et se jette sur les barreaux de son lit pour s’accrocher à mon cou. Dans d’autres circonstances, j’aurais ri de voir le visage torturé qu’elle me présente mais là pas moyen de déconner. C’est du sérieux et il faut qu’elle le comprenne.
Je la calme (sans la prendre dans mes bras), je lui parle, lui explique la situation, la rassure sur mes sentiments pour elle, l’embrasse et…oh miracle ! elle s’endort.
Chouette j’opère une sortie…et elle se réveille en hurlant. Je continue mon mouvement et quitte la chambre.
14h41 : Me revoici me revoilà ! Rebelotte : explication, fermeté, tendresse, bisous. Je ressors en commençant sérieusement à douter de l’efficacité de cette méthode.
15h06 : Coucou, devinez qui sait ? Et c’est reparti pour un tour ! La seule chose qui m’épate (outre le fait qu’elle ait encore autant de voix, moi à sa place je serais aphone) c’est que j’arrive à garder mon calme malgré le volume sonore de ses cris et la fatigue monstrueuse qui est la mienne.
Je ressors.
J’en ai quand même gros sur la patate alors, je fume, je joue au sudoku, je surf sur le net pour lire des témoignages de maman qui ont fait la même chose que moi, avec succès.
Bref, je passe le temps comme je peux en me disant que dès l’arrivée de sa grande sœur, je sors la petite de son lit, je la fais goûter et je me prépare psychologiquement pour la séance d’endormissement de ce soir.
Parce que même si ça ne marche pas maintenant, je n’ai pas l’intention de lâcher prise.
Notre décision est prise ! Il suffit juste de confier Océane à mes parents le temps qu’Alexane comprenne le message et de prévenir notre voisin du dessous qu’il va en baver les prochains jours.
 
15h44 : la sonnette vient de retentir. Chouette Loulou arrive ! Bonne nouvelle car je ne l’ai pas vue depuis hier et qu’elle m’a manquée et que grâce à elle j’ai une excuse pour sortir Chouchou de son lit et laisser reposer mes pauvres oreilles.
Mes 2 filles sont en train de prendre leur goûter dans le calme, la tendresse et l’amour berce mon cœur. Je suis bien !
Que la vie est belle !
Je profite de ce moment de bonheur pour me ressourcer et reprendre des forces en vu de l’affrontement de ce soir.
Chut ! Je me tais pour vous laisser savourer ce merveilleux silence…l’entendez-vous ?
 
Coucou ! C’est remoi ! Je suis de retour.
 
Le silence a été de courte durée. Océane est partie toute tristounette chez Papy et Mamie (c’est vrai que c’est dur pour elle mais c’est pour son bien. Ici elle ne pourrait pas dormir ; Pauvre petite puce !), le voisin du dessous est prévenu.
A ce propos, je lui dis « Merci ». il a été super compréhensif et ça nous a super déculpabilisé de savoir qu’il nous comprenait et qu’on avait sa bénédiction.
Merci Seb !
Toutes les conditions sont réunies. Alors on y va ?
21h19 : Lumière tamisée, Alexane dans les bras, je lui fais son câlin du soir, je lui chante ses 5 petites chansons, je lui fais ses 2 gros bisous tous tendres et…au lit !
Waouh !! Je m’y attendais mais quel hurlement ! Je constate que sa voix n’a pas perdu de sa force, au contraire ! Une centaine comme elle lors d’une manif et on obtient tout ce qu’on veut par K.O. sonore.
Nous avons pris notre décision, nous avons notre ligne de conduite donc…je sors de la pièce.
Alp et moi mettons nos boules quiès (et oui fatiguée mais pas conne !) et oh miracle ! on n’entend presque plus rien…C’est magique ces petites boules de gomme-plastique-je sais pas quoi ! Ca marche !
Ses hurlements ne sont plus qu’un vague murmure. Allez j’en enlève un pour voir, euh pour entendre…
Waouh !! C’est super efficace ces p’tits machins là ! Elle hurle vraiment fort !
21h30 : C’est papa qui s’y colle. Elle se calme en le voyant et HURLE un « papa » aussi désespéré que le « môman » de cette après-midi. Gros sanglots, reniflements, toux, gémissements à fendre le cœur, tout y passe.
Mais mon homme est un dur à cuire ! Un vrai mec ! La main de velours dans le gant de fer ! Non, c’est le contraire ; une main de fer dans un gant de velours. Stoïque, tendre et ferme, il la recouche et sort me rejoindre.
A peine la porte passée, il enfonce ses boules quiès profondément dans ses oreilles et me rejoint tout tristounet.
Parce que mon mec à moi, c’est un vrai mec : dur dehors et prêt à tout pour protéger ceux qu’il aime et tendre comme un chamallow à l’intérieur. Un mec sur qui on peut compter, l’homme de ma vie quoi ! J’adore !
Il m’apprend que la puce s’est vomie dessus. Ma 1ère impulsion ? Aller la chercher pour la changer. C’est pas cool de dormir dans le vomi.
Heureusement qu’Alp est là ! Il me dit :
« Ben elle dormira avec son vomi. »
« Beurk ! C’est dégoûtant ! On ne peut pas la laisser comme ça ! »
« Attends on en meurt pas ! Si tu vas la changer maintenant, elle aura compris et elle va se faire vomir à chaque fois. »
Zut ! Il n’a pas tort. Il a beau avoir raison, mon cœur de mère-femme de ménage se rebelle à cette idée. Que celle qui n’a jamais eu genre de pensée débile me jette la 1ère pierre !
Bon, je résiste à mon envie de propreté et on remet nos boules .
C’est dur de l’entendre pleurer parce qu’elle a recommencé à hurler aussi sec et même encore plus fort (si si je vous promets c’est possible !).
Bon, faut qu’on s’occupe. On va sur le net (avec les boules quiès pas moyen de regarder la télé, à moins de savoir lire sur les lèvres. Je comprends mieux ce qu’éprouvent les malentendants, c’est super galère de ne pas bien entendre. J’ai une pensée compatissante et pleine de respect pour ceux qui sont dans cette situation et plus particulièrement pour un couple d’amis qui se reconnaîtront et que j’embrasse) on surf, on déconne, on rit (jaune) et on essaye de penser à autre chose.
Surtout pas à Alexane qui ne doit plus rien comprendre et qui en bave, ni à Seb, le voisin du dessous, qui doit regretter d’avoir été si compréhensif !
21h54 : C’est à mon tour d’y aller. Je prends une grande inspiration et…attendez…je rêve où elle ne pleure plus ?
Mais oui, je confirme, elle ne pleure plus. Il n’y a plus un bruit. Bizarre ?!
S’est-elle enfin endormie ou a-t-elle un problème ? A-t-elle abandonné le combat ou s’est-elle étouffée dans son vomi ?
Le silence est si soudain, si incongru, si inhabituel qu’il en devient suspect.
« Non mais dis-donc, tu sais ce que tu veux toi ? » seriez-vous en droit de dire.
Ben oui, c’est inquiétant, voir angoissant ce silence. Et si…
L’envie d’aller voir me, pardon nous, tente. Je me glisse dans le couloir et…elle se remet à pleurer faiblement (tu m’étonnes elle doit être fatiguée de crier comme ça et puis elle doit avoir la gorge en feu).
Je retourne à ma place, derrière le pc.
21h59 : Derniers cris de protestation molle. Puis…plus rien !
Ca y est ! La leçon a porté ses fruits. C’était dur ! C’était long mais ça se finit plus vite et bien mieux qu’on l’avait imaginé.
Elle n’a pas la tête si dure que ça après tout !
Brave petite ! Elle a eu pitié de ses parents.
La conclusion de cette formidable expérience ?
Parents esclaves de vos enfants…TENEZ LE COUP et SOYEZ FERMES !
Si ça a marché c’est uniquement parce que nous sommes restés unis, fermes et décidés.
Super Nanny avait raison !
Face à notre détermination, elle s’est inclinée et nous avons gagné tous les 4 : Alexane, Océane, Alp et moi.
Allez un bisou chaste (malgré la joie, on a dépensé trop d’énergie pour se lancer dans la bagatelle !), un « bonne nuit mon amour et bravo ! » et au DODO !
Quel délice de se glisser dans les draps tout froids, presque grisée par ce silence si pur, gagné par une haute lutte qui restera dans les annales.
Bonne nuit !

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